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CQFD N°005


Il faut se faire beau pour trouver du boulot

Stage de relooking pour les chômeurs

Mis à jour le :15 octobre 2003. Auteur : Le bouledogue rouge.


On a beau dire, les chômeurs ne reçoivent pas que des mauvaises nouvelles. Parmi tous les courriers dont on les bombarde ces temps-ci, tous les avis de radiations définitives, d’allocations écourtées, de subsides raccourcies, d’injonctions au travail, d’offres non négociables de CDD de plongeur à mi-temps à la cafèt’ du Casino, les pouvoirs publics prennent encore le temps, ici ou là, de glisser une petite confiserie sociale : la proposition de stage. Pour regonfler à bloc le chômeur encalaminé dans sa faignasserie, il n’y a pas mieux. D’abord, parce qu’une proposition de stage, ça ne se refuse pas : si tu la jettes, tu peux dire adieu à tes allocs, et ça, c’est motivant. Ensuite, parce que ça donne l’occasion de devenir quelqu’un de meilleur. Début octobre, un informateur de CQFD s’est ainsi vu proposer le stage « action modulaire d’insertion à visée professionnelle ». Après dix ans de RMI, le sang de Djamel n’a fait qu’un tour. A cinquante ans, il tient enfin sa chance d’intégrer le premier monde. Dispensée à Colombes (92) par le centre Maupassant du GRETA, un machin de formation qui mange dans la gamelle du CLI (contrat local d’insertion), cette promesse d’un avenir radieux s’articule en cinq « modules », dont l’un retient l’attention de Djamel : « relooking, l’image de soi ». Aussitôt il pige le truc : le chômage ayant indiscutablement pour cause un problème de « look », il va lui falloir apprendre à se faire une beauté pour conquérir un fauteuil parmi les classes dynamiques. Djamel est un sacré veinard. La brochure lui apprend que son « relooking » sera pris en charge par Katia, « créatrice d’une ligne de prêt à porter » qui ne se déplace jamais sans ses « portants de vêtements divers et choisis qu’elle a elle-même créés ». Assistée par une « professionnelle de l’esthétique », Katia va initier notre RMiste aux « notions de savoir-paraître à l’entretien d’embauche ». Faire bonne impression, voilà qui peut te mener loin.

Première étape : « essai de différentes tenues en fonction de la personnalité, de la morphologie et du projet professionnel ». L’enjeu est de faire comprendre au chômeur que s’il est grand, il ne doit pas s’habiller petit, et qu’une tenue de livreur de pizza n’est pas appropriée pour un poste de directeur marketing. Second point, la « coordination des couleurs », afin d’apprendre à « les choisir et à les assembler entre elles ». Pour séduire le DRH, veiller à ce que le blouson Emmaüs (celui avec la fermeture éclaire qui ferme pas) soit convenablement assorti avec les écrase-merdes du Secours catholique. Leçon suivante : « la coiffure, essai de changement ou d’amélioration, coupe, couleur… » Cheveux gras ou pellicules, tignasse hirsute ou calvitie à plaques, Katia maîtrise tous les brushings. On enchaîne avec « le maquillage » et l’art d’apporter « un plus par le sourire sans outrance ». L’outrance ! À éviter, surtout si on est outrancièrement chômedu. Mais ce n’est pas le tout de se ripoliner la façade : après, il faut aussi « démaquiller, tonifier, adoucir, nourrir la peau » et surtout, « remédier aux petits problèmes apparents ». Et les gros problèmes pas apparents ? Ah, là, Katia ne sait plus… Et ça continue comme ça pendant des pages. « Comment placer ses jambes. » « Comment et quand s’asseoir, où poser son sac, son attaché-case. » Djamel a un peu mal à la tête. Pour se changer les idées, il prend l’autre brochure, celle de l’Université communale de Levallois-Perret, qui lui propose de « retrouver un meilleur équilibre » pour « se réadapter aux nécessités de la vie active ». Réfrénant son envie de sortir la Kalach, il survole les feuillets pédagogiques et tombe en arrêt sur le module « équilibre alimentaire » : « comment se nourrir de façon plus équilibrée et à moindre coût ». Ça lui rappelle que ça fait déjà un bon moment qu’il a avalé son dernier merguez-frites. Et là, il éclate d’un rire que Katia trouverait sûrement trop outrancier.

Publié dans CQFD n°5, octobre 2003.






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Stage de relooking pour les chômeurs
lolo | 1er juillet 2007 |
FEIGNASSERIE,,,,, ??? ET TOI DERRIERE TON ECRAN ,,, ,, moi je bosse en maconnerie en temps normal ton boulot n es pa comparable avec le mien je suis pas une feignasse ok ???fais mon boulot et on verra apres . Stage de relooking pour les chômeurs
Loulou | 9 février 2007 |

Salut, Etant de belgique est avoir été au chômage 10 ans, je trouve ce truc de relooking assez fou.

Pourqoui fou ? Au chômage élevant une famille de 4 personnes, je ne pouvais me payé des vétements de marrque.

Voici ma façon de faire : Cherchant comme mecanicien, je me presentais avec un sac avec une salopette dedans. Si l’employeur me demandais si j’etais libre de suite, je lui sortais ma salopette en lui demandant ou est la voiture.

Je peux vous dire que pas mal d’employeur on été surpris par ma facon de faire et qu’ un employeur ma embauché suite à ma facon de postulé pour un emploi.

Je n’ais jamais regardé comment j’etais habillé pour un entrtient d’ambauche. Pourquoi faire une belle image de soi, alors qu’aprés tu viendras travaillé en salopette.

C’est pas le relookink qui ferras que vous gardez ou perdez vous chômage.

Amitié.

> Stage de relooking pour les chômeurs
une chomeuse | 8 avril 2005 | stage de relooking pour les chômeurs
ce genre de stages que vous trouvez inutile peut redonner confiance en soi à certaines personnes. Je suis pourtant d’accord que l’anpe aurait autre chose à faire mais les initiatives originales doivent être soulignées positivement. Effectivement, quand on est au RMI, on a sûrement besoin d’autre chose mais tout n’est pas noir dans le fait de vouloir amélioré son bien être même si ça parait futile quand on a faim… > Stage de relooking pour les chômeurs
cedric | 30 septembre 2004 |
ce genre de truc a en tout cas le merite de donner du travail a 3 inutiles incurables qui seraient bien infoutus de survivre sans cela : la petite katia, la conseillere en image (ou esthetique, je sais plus), et le fonctionnaire décérébré qui a conçu, ou soutenu, ou accepté, etc… le projet de formation….
 

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