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CQFD N°011


Après la vague rose aux régionales

REVENDEZ VOS ACTIONS, LES SOCIALISTES REVIENNENT !

Mis à jour le :15 avril 2004. .


Supposé incarner l’espoir du peuple de gauche aux prochaines présidentielles, Laurent Fabius a troqué la pince à sucre contre une faucille de communard : « La différence entre la gauche et la droite reste liée à un choix simple, celui de défendre ou non l’égalité », haranguait-il les masses à la veille des régionales (Le Monde, 12/03/04). Il y a quatre ans, Fabius l’égalitaire tenait un langage sensiblement différent : « Le FMI et la banque mondiale jouent un rôle très utile dans la lutte contre la pauvreté. Moi, ma position est très claire. La mondialisation est un fait. On ne peut pas être contre » (Libération, 17/04/00). Aujourd’hui, on peut. Et même on doit, comme nous l’enseigne le sans-culotte Dominique Strauss-Kahn, concurrent de Fabius à la pôle-position de 2007. Dans son manifeste de novembre 2003, intitulé « Combattre les inégalités, un chemin pour la France », DSK convoque l’héritage de Blum et Jaurès pour brandir la défense des services publics, théoriser un « socialisme de production » et, surtout, surtout, prôner la « redistribution ». Le grand capital va en chier dans son froc. A moins que l’idée ne lui vienne de feuilleter La Flamme et la Cendre, autre manifeste du même DSK, publié en 2002, où ce militant du partage des richesses écrivait : « Il me semble que la société considère aujourd’hui qu’elle est proche de la limite en matière de redistribution. » Sauf, bien sûr, au bénéfice des riches, DSK s’employant alors à baisser l’impôt sur les tranches les plus hautes… Mais c’était il y a si longtemps ! Une époque barbare et reculée, où un Pierre Moscovici, gardien du temple jospinien, bavait de joie devant la réélection de Tony Blair : « Une excellente nouvelle pour la gauche et pour l’Europe, un exemple formidable pour les autres sociaux-démocrates ! » Aujourd’hui, le même Moscovici qualifie hardiment d’« erronée » la politique ultra-libérale du même Blair (Libé, 05/04/04) sans même passer pour un con.

Eh oui, les temps ont changé. La « vague rose » est passée par là. Non contente de balayer la droite des baronnies régionales et de mettre Raffarin à genoux - il faut avouer que son allure de bœuf ensablé n’était pas déplaisante à voir -, elle a aussi purifié à grandes eaux les trahisons passées. On dira : le rapport de forces n’est plus le même, ce coup-ci la gauche ne pourra plus faire n’importe quoi, elle se sait dans le collimateur de son électorat. Un peu comme en 1995, quand Jospin promettait d’« arrêter le programme de privatisations » de la droite… avant de le relancer de plus belle. Et vous savez quoi ? Ceux qui disent ça ont peut-être raison ! Peut-être bien en effet que désormais un socialiste préférera se casser une dent plutôt que d’avouer en public qu’il « faut encourager la dynamique de refondation sociale engagée par le Medef et les syndicats » (Zaki Laïdi, Libération, 19/04/00). Peut-être bien que Julien Dray tournera deux fois sa langue dans la chantilly avant de réitérer son hommage aux lois Sarkozy (« Votre texte présente une certaine continuité avec le plan stratégique préparé par le précédent gouvernement », avait-il complimenté le ministre de l’Intérieur le 16 juillet 2002). Et sans doute n’est-ce pas demain la veille que Fabius accrochera une légion d’honneur au veston de Jean-Marie Messier, comme il l’a fait en 2001. Allez, du balais les rabat-joie, place à la vie réenchantée ! Le 5 avril, un Julien Dray en pleine transe insurrectionnelle annonçait que les départements gérés par le PS bloqueraient la mise en œuvre du revenu minimum d’activité (RMA). Alors là, chiche ! Si la gauche sabote le régime de sous-travail obligatoire imposé par le Medef, on fait le serment d’effacer de nos disques durs le nom du malfrat à qui revient la paternité de ce dispositif : le socialiste Christian Bourquin. Président du conseil général des Pyrénées orientales, Bourquin avait été le premier, en 1998, à vouloir de force jeter les RMIstes sur le chemin merdeux du salariat précaire. « Ce n’est pas parce qu’on vous accorde 2 400 francs que vous êtes solde de tout compte ! », les avait-il menacés. Une bonne rééducation chez les commissaires du peuple Fabius et DSK l’aura sûrement fait changer d’avis.

Publié dans CQFD n°11, avril 2004.






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| 16 avril 2004 |
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