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CQFD N°050


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

ADIEU, MA JOLIE !

Mis à jour le :15 novembre 2007. Auteur : Arthur.


NOUS NOUS SOMMES tant aimés ! Faut dire que tu étais la plus belle, la seule même dans les galaxies gelées, on t’appelait Gaïa, une vraie planète de beautés, un jardin d’Éden où l’oeil jamais rassasié mirait le bleuet et le coquelicot pendant que les enfants couraient après les hannetons et tremblaient devant les mantes religieuses.
Hélas, vint l’homo sapiens ! Attila en personne. Et en un siècle à peine, te voilà carbonisée, lessivée, au bord de mers mortes et de ciels sans oiseaux. Cet homo décérébré, au quotient intellectuel du niveau de celui de Claude Allègre, cet homo consommateur à qui la possession de marchandises tient lieu de viatique, cet homo occidentalis dont le « confort » repose sur la mort de milliards de pauvres négros et basanés safranés (races inférieures selon le découvreur blanc de l’ADN), cet homo non sapiens qui se croit seul au monde et va l’être bientôt après avoir liquidé les dauphins, les baleines, les abeilles et les trois quarts de la biodiversité, cet homo idéologique qui feint d’avoir un cerveau développé mais ne songe qu’à chier et pisser dans sa niche, ce que l’animal le plus stupide se refuse à envisager, cet homo qui se pense rationnel mais se réfugie comme un bébé dans les religions aliénantes et les chapelles politiques, cet homo artiste qui rêve devant les courbes du CAC 40 et finit dans un cercueil en bois rare tropical avec un compte en banque bien garni, cet homo, point final de l’évolution, va disparaître et aucun insecte ne le pleurera, aucun végétal, aucun de ces locataires de Gaïa qui ont dû s’accommoder de sa présence, volens nolens. La banquise fond, le trou d’ozone s’élargit, le pétrole disparaît, les cyclones cyclonisent, les métaux rares fondent dans le taux de croissance vertigineux de la Chine, les denrées agricoles comme le blé sont sacrifiées à la production de biocarburants, les sécheresses torréfient le sud de la planète, les millions de « réfugiés climatiques » affûtent leur coupe-coupe pour guillotiner les nordistes ramollis par leur obésité diabétique, les prochaines années vont être aussi réjouissantes qu’une représentation du théâtre de la cruauté cher à Antonin Artaud.

Interlude : comment le genre humain en est-il arrivé là, à ce point de bêtise universelle ? À cause du « Croissez et multipliez », slogan biblique ? À cause du « Si j’avais su, j’aurais fait plombier » du père de la bombe atomique Einstein ? Va savoir !
En réalité, tout est venu du décalage entre les besoins fondamentaux du cerveau reptilien (boire, bouffer, baiser) et la puissance incontrôlable mise à son service par les découvertes du néo-cortex. Ça revient un peu à mettre une Ferrari dans les mains d’un enfant de dix ans dans une rue piétonne ! À peine sorti de la maternelle, l’enfant de l’homo non sapiens ne songe qu’à accumuler, les Carambar, puis le Coca, puis les bagnoles, puis les maisons, puis les actions boursières, dans la peur de manquer. Alors qu’il ne manque que d’amour, de beauté et de rêveries. Et le voilà aujourd’hui, cet héritier d’Hiroshima, en train de donner le coup de grâce à sa mère nourricière avec un seul souci en tête : comment faire le plein avec un baril à cent dollars ? Le profit aura notre peau.

On voit désormais des patrons quasi grabataires qui partent aux enfers avec des parachutes dorés alors qu’ils n’ont même pas assez de quenottes pour entamer une biscotte ! On voit des chefs d’État autoproclamés écolos qui sont les VRP des centrales nucléaires dites « civiles » et donnent ainsi la bombe atomique induite à tous les dictateurs de la terre. On voit des économistes se gausser de l’écologie en ramenant tout à une question : « L’avenir de nos enfants, c’est bien beau, mais combien ça va nous coûter en points de croissance ? » Sous-entendu : pourrai-je m’offrir le nouveau 4X4 Diesel dont rêve ma femme pour aller faire les soldes rue de la Paix ? On voit des paysans refusant de limiter l’arrosage de leurs champs aux pesticides et acceptant ainsi d’empoisonner leurs propres enfants. Il ne reste plus au genre humain, avatar ultime de l’évolution, qu’à entonner le péan des gladiateurs romains : « Morituri te salutant ! »

Article publié dans CQFD n° 50, novembre 2007.






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