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CQFD N°052


PERPIGNAN BLINDE SA FAC

ÇA SENT LA CASERNE !

Mis à jour le :15 janvier 2008. Auteur : Sébastien Navarro.

Bannis du campus, y compris du restau U. Interdiction de sortir du département. Interdiction d’entrer en contact avec les membres supposés de la contestation anti-LRU. Voilà les termes du contrôle judiciaire auquel sont astreints Pierre et Yann dans l’attente de leur procès.

DIABLE ! Mais de quoi se sont rendus coupables ces dangereux terroristes ? Quelles vilenies ont bien pu commettre ces deux horribles étudiants pour mériter pareil châtiment ? Sortis d’une garde à vue de quarante-huit heures, cuisinés par la criminelle (excusez du peu),leur logement a été perquisitionné,leur matos informatique confisqué… Une piste, allez, juste une, pour vous mettre sur la voie : « Fabrication d’explosif. » C’est L’Indépendant (sic) qui le dit dans son édition du 20 décembre. Un siècle après, assisterait-on à un revival de la propagande par le fait en terre catalane ? Même pas.Du sensationnalisme à la petite semaine pour vendre du (mauvais) papier, diront les mauvais esprits : flics et journalistes auront confondu la confection artisanale de fumigènes avec celle de bâtons de dynamite… Même le plus zélé des juges n’aurait pas pu les suivre dans leur délire sans porter tort à la crédibilité de l’institution judiciaire.

Alors,quoi d’autre ? « Vol, dégradation. » C’est moins pêchu,mais bon, quand on voit la gueule de l’amphiIV après cinq semaines d’occupation par les étudiants bloqueurs, on se dit que ça tombe sous le sens.Il faut des coupables. Tous ces tags d’inspiration rimbaldienne à quelques mois du quarantième anniversaire de Mai 68, ça fait mauvais genre. La chienlit, c’est comme le chiendent : vous oubliez une racine, et hop !, sournoisement, ça repousse en douce. Sauf que là non plus la juge d’instruction n’a pas retenu les charges. Même dans un contexte de personnalisation et de criminalisation du mouvement social, il n’est pas aisé d’imputer à deux individus les « dégâts » causés par un collectif de plusieurs centaines d’étudiants.

Et si on tentait la « menace de mort » ? C’est pas mal, ça aussi. C’est que le mouvement anti-LRU a été énergique, à Perpignan. On a même failli voir une bataille rangée avec des fachos sous encadrement policier. Alors des menaces,y compris le souhait –exprimé à haute voix dans le feu de l’action– de voir l’adversaire brouter les pissenlits par la racine, ça a pu pleuvoir. Et ne pas plaire à tout le monde. Notamment à certains membres les plus conservateurs du corps enseignant. La suite est simple à imaginer : tandis que le président de la fac portait plainte pour les dégradations subies dans l’université, trois professeurs pécressophiles ont déposé une plainte contre Yann et Pierre, porte-parole du comité de grève étudiant. À cet instant précis, il convient de préciser que Yann et Pierre sont aussi syndicalistes et militants libertaires. Et d’ajouter qu’ils comptaient, bien malgré eux,parmi les figures connues de la contestation anti-LRU. Il apparaît clairement qu’en les poursuivant en justice,certains profs de la fac espéraient décapiter un mouvement qui avait fait montre d’une organisation autogestionnaire et d’une détermination sans faille. Sauf qu’on ne décapite pas un mouvement qui n’a pas de tête. Tout au plus peut-on espérer procéder à une insidieuse opération d’intimidation.

Car devant la maigreur du dossier, la juge d’instruction n’a pu retenir comme charge contre Yann et Pierre que… « outrage » ! Et si la mise en examen a été possible, gageons que le refus des deux lascars de cracher leur ADN durant leur garde à vue n’y a pas été pour rien. Au final, déclarés tricards à la fac de Perpignan, Yann et Pierre peuvent faire une croix sur leurs études, leur assignation départementale leur interdisant même de s’inscrire dans une autre université. Pire : ce contrôle judiciaire inique et disproportionné fait planer sur eux une présomption de culpabilité, alors que les deux étudiants ont toujours nié les faits qui leur sont reprochés. Les avocats ont fait appel. Quant au mouvement étudiant, confronté à des campus désanctuarisés et à des présidents aux ordres, il sait à quoi s’en tenir : l’inventivité et la ruse devront s’allier à la pugnacité pour faire plier la ministre.

Une pétition de soutien est à télécharger sur le site de la CGA :

http://www.c-g-a.org/download/tracts/CGA-2007/Petition_-_Justice_Pour_Pierre_et_Yann.pdf.

Par ailleurs, une souscription pour couvrir les frais de justice est ouverte à l’ordre du CES (mention au dos du chèque « solidarité avec Yann et Pierre ») : C.E.S. – BP 233 – 66002 Perpignan Cedex.

Publié dans CQFD n°52, janvier 2008






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