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CQFD N°052


DOUCE AVEC LES PATRONS

LA CFDT ÉREINTE LES CHÔMEURS

Mis à jour le :15 janvier 2008. Auteur : François Maliet.


« ÇA NOUS BOUFFE du temps, ils ont déjà gagné ça ! », s’énerve Sophie [1] ,membre du réseau AC !, Agir contre le chômage. « Ils », c’est la CFDT, le syndicat qui, s’il a un jour renaclé face aux patrons, mange aujourd’hui dans la main du Medef tout en décochant de vigoureuses ruades au cul de la plèbe. Finie l’autogestion,camarade ! Place à la cogestion, notamment celle de l’organisme chargé de l’administration financière de l’assurance-chômage. Pendant l’hiver 2005-2006, le Medef et les confédérations représentatives [sic], dont fait partie la CFDT,négocient la convention Unedic, sabrant sans vergogne dans les indémnisations de ces profiteurs de chômeurs et autres parasites intermittents. Directement concernés par les conséquences de ces manigances, des galériens de tous poils manifestent une fois par semaine devant les locaux de la CFDT. Sans grands résultats,si ce n’est que, deux ans plus tard,plusieurs plaintes émanant de ce syndicat aboutissent à la mise en examen de quatre précaires du réseau AC ! pour « injures publiques » et « violences sans ITT avec préméditation et menaces ». « Ils ont fait un vrai travail de flic et constitué un dossier épais comme ça, avec photos prises par leur service d’ordre et témoignages de salariés », explique Sophie. « Il y a bien eu des jets d’oeufs sur la façade,et on les a sûrement traité de “vendus”et de “traîtres” », poursuit-elle, mais pas de quoi effrayer des syndicalistes rompus à l’action politique. C’est oublier que la CFDT a depuis belle lurette abandonné ce terrain pour celui, plus confortable, de la table des négociations…

Même mauvaise limonade pour Michel Roger, de la compagnie Jolie Môme, et Ludovic Prieur, animateur du site hns-info.net, convoqués pour « violation de domicile » suite à l’occupation, le 19 avril 2005, du siège de la centrale syndicale d’où ils étaient pourtant sortis librement. « Au début, ils m’accusaient aussi du vol d’une affiche de pub pour un bouquin de François Chérèque ! », rigole Michel Roger. « Le problème, avec l’accusation de violation de domicile, c’est que cela peut créer un précédent pour les futures occupations », commente l’artiste, qui risque, comme ses camarades, un an de prison et 15000 euros d’amende. La CFDT criminalise ainsi une action politique comme un vulgaire gérant de Mac Do, et tente, de surcroît, de ruiner la coordination des intermittents et précaires qui regroupe tous ces gueux. Et même si l’attaque des bouffons de sa majesté Parisot « bouffe du temps », les chômeurs d’AC ! persistent à violer des domiciles : « Début décembre, pour protester contre la fusion Assedic-ANPE, nous avons occupé une agence ANPE de Gennevilliers avec des agents syndiqués à la CGT », se vante Sophie. Ouf ! Il reste quelques syndicalistes de combat à Sarkoland. Quant à la CFDT : « Ma collègue, Isabelle Perrin, vous rappelle à 15 heures. »

Publié dans CQFD n°52, janvier 2008


[1] « On ne donne pas son vrai prénom à la presse. À CQFD, je sais pas… » Tttt, pas de favoritisme.





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