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CQFD N°052



DRAPS, DISQUEUSE ET MAL AU BIDE

Mis à jour le :15 janvier 2008. Auteur : Marius Frehel.


POUR LA PLUPART des enchristés, la liberté arrive après avoir purgé plein pot. Les plus chanceux bénéficient d’une semi-liberté ou d’aménagement de peine. D’autres, moins patients, décident d’abréger eux-mêmes leur confinement carcéral, histoire d’être encore « maîtres du temps ». Exemple : ce détenu qui,la veille de Noël, s’est fait la belle de la prison de Salon-de-Provence. Il s’est arraché à l’ancienne, à l’aide de draps noués et, à ce jour, il n’a pas été repris. L’administration, qu’on a connue plus prolixe, ne l’a pas trop ramenée sur ce coup-là. Seul le syndicat CGT-pénitentiaire s’est plaint : cet établissement est « matériellement sinistré », selon la Générale des Travailleurs. Ça dépend de quel matos on parle : quelques jours auparavant, dans la même zonzon, un taulard en permission réintégrait de nuit sa cellule, au nez et à la barbe de l’engeance matonne. Le gars était en possession d’une pince coupante et d’une disqueuse. À quoi aurait pu servir cet outillage ? Un membre du personnel, plus perspicace que les autres, a déclaré, songeur : « On n’a jamais vu un détenu regagner sa cellule avec un tel attirail »… Il y a peu, au palais de justice d’Amiens, un prisonnier qui devait être jugé pour évasion s’est de nouveau fait la paire. Son plan d’action était bien ficelé : suite à un problème de baveux, l’audience est renvoyée et les bleus le raccompagnent vers le fourgon cellulaire. Il simule alors une violente douleur au ventre, puis bouscule un des pandores et traîne l’autre sur plusieurs mètres. Le gars dévale ensuite les escaliers et saute dans la caisse d’un complice. Il court toujours. Aux princes de la cavale, on souhaite que cette liberté en sursis n’aille pas s’échouer trop vite dans les oubliettes du mitard ou des quartiers d’isolement. Bonne envolée, joyeuse année.

Publié dans CQFD n°52, janvier 2008.






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