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CQFD N°011


Faux-amis

Jean-Christophe Rufin

Mis à jour le :15 avril 2004. Auteur : Le bouledogue rouge.


C’est comme ça : dix ans après le génocide rwandais, il y a peu de chances que les Français mouillés dans le massacre en répondent un jour devant les juridictions compétentes. Ni les témoignages nombreux et accablants des rescapés, ni les accusations portées par l’ancien responsable des casques bleus Roméo Dallaire, ni les pièces à charge fournies par l’actuel pouvoir rwandais, ni les dossiers explosifs accumulés par des journalistes fouillant le sujet depuis de longues années (Patrick de Saint-Exupéry, Jean-Paul Gouteux, Mehdi Ba, Colette Braeckmann…) n’y changeront rien : toutes les mises en cause de l’État français pour son soutien avéré aux génocidaires sont « tout à fait infondées et même totalement scandaleuses », comme dit la culotte de peau liftée Michèle Alliot-Marie (07/04/04). Lorsqu’un voleur de scooter chopé en flagrant délit s’obstine à nier, il est d’usage de le condamner plus sévèrement. Mais quand l’État français bafouille « c’est pas moi » après avoir été pris la main dans un pot de confiture rempli d’un million de morts, on hoche la tête et on passe l’éponge. Les livres d’histoire s’en démerderont dans cinquante ans. Puisque même les plus impliqués peuvent dormir à l’aise, on ne saurait s’étonner du silence absolu qui entoure les seconds couteaux. Dans les médias, où il promène régulièrement sa bienveillance blasée, personne n’a posé la moindre question à Jean-Christophe Rufin sur son rôle ambigu dans l’affaire rwandaise. Il faut dire que cet homme-là est au-dessus de tout soupçon. Figure de proue de la bonté humanitaire (MSF, Croix-Rouge, ACF…), écrivain platiné (prix Goncourt en 2001), agent diplomatique (attaché culturel au Brésil), globe-trotter omnitrottant et expert indiscutable en tout et n’importe quoi (il émarge aussi à l’Institut des relations internationales et stratégiques), Rufin est une incarnation dynamique du bien. Moins exaspérant que Kouchner, plus sexy que l’abbé Pierre et à peu près aussi entouré que le bottin mondain. Son CV comporte néanmoins une ligne qui fait sursauter : de 1993 à 1995, période durant laquelle le génocide a été préparé et mis en œuvre, l’auteur de Rouge Brésil a travaillé pour le ministre de la Défense de l’époque, François Léotard, en tant que conseiller « spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations nord-sud ». Comme il n’est pas contestable que le Rwanda est au sud de la France, les relations entre les deux pays entraient de plain-pied dans son champ de compétences. En 1994, Rufin sera d’ailleurs le premier officiel français à rencontrer le nouveau président Paul Kagame. C’était lors du déploiement de la force d’interposition tricolore (opération Turquoise), dont il est établi aujourd’hui qu’elle a permis à de nombreux génocidaires de se faire la belle sans être inquiétés. Sans doute Rufin a-t-il joué de son étiquette d’humanitaire pour amadouer le nouveau pouvoir tutsi, légitimement méfiant à l’égard des mitterrando-balladuriens. C’est pourtant en vain que l’on cherche, dans l’abondante documentation disponible sur le Rwanda, la moindre mention de sa « réflexion stratégique » sur le génocide. Rufin n’a jamais prononcé le moindre mot déloyal pour les complices du massacre, dont les employeurs, il est vrai, étaient aussi les siens. Ni le moindre regret à propos de ses ménages militaro-humanitaires. Et lorsqu’il se paie le luxe de mordre la main qui l’a nourri, c’est toujours dans la posture tranquille de l’observateur lucide et généreux. « L’avenir, pour la France, c’est de laisser vivre l’Afrique, non de lui donner le coup de grâce en y fomentant des guerres », déclarait-il un an après son départ de la Défense (L’Événement du Jeudi, 14/11/96). Pour son propre avenir, Rufin n’a rien à craindre.

Publié dans CQFD n°11, avril 2004.






>Réagir<

Jean-Christophe Rufin
| 9 mars 2007 |
Une petite précision : Paul Kagamé n’était pas Président du Rwanda en 1994… il ne l’a été qu’en 2000. En 1994, il était Chef d’Etat Major du FPR. Jean-Christophe Rufin
| 23 janvier 2007 | J.C. RUFIN
Je ne m’étais jamais intéressée à J.C RUFIN. Mais voilà depuis quelques jours il est partout : dans les journaux, radios et tv. Il vient de pondre un « thriller » pour nous avertir - de façon distrayante - des grands dangers qui nous menacent ! et sans rire il nous « informe » que les écologistes sont le deuxième courant terroriste de la planète. Sans rien connaître de cet homme : je pourrais moi aussi me demander quelles sont les motivations réelles d’un tel livre aujourd’hui, pourquoi un tel battage médiatique ? Je suis pour l’écologie depuis une petite éternité (merci Dumont), et oui je suis malthusienne, car il semble évident que si nous continuons à nous multiplier nous ne pourrons sauver ni la planète ni nous mêmes, ce n’est pas pour autant que je souhaite éliminer la race humaine… Mais au fond pourquoi nous pousser à faire plus … plus d’enfant plus de progrès… pour faire plus de profits ??? Interrogeons nous, interrogeons ce JC RUFIN, interrogeons tous ces journalistes, POURQUOI DENONCER LES ECOLOGISTES AUJOURD’HUI ? ET A QUI PROFITE LE CRIME ? > Le rapport Rufin
| 23 octobre 2004 |
Voilà Jean-Christophe Rufin qui ressort du bois pour enfoncer un clou de plus à son cercueil d’ex-humanitaire.
Dans son rapport sur le racisme et l’antisémitisme, sujet dont rien ne laissait présager qu’il fut un expert, il se livre à des raccourcis douteux et des amalgames dangereux.
Pour en finir avec Rufin : Rufin, ou l’instrumentalisation de l’antisémistisme !
> Jean-Christophe Rufin
Massol | 20 mai 2004 |
Lisez Marianne de cette semaine. Si ce qui est écrit est vrai, on peut s’inquiéter de ce que M Kagamé qui« a fourni des informations » pense de tout cela. Comme toujours chez les gauchistes, il est bon de cracher sur son pays > Jean-Christophe Rufin
| 18 mai 2004 |
Bonjour à tous, Rufin prétend avoir réécrit « 1984 » en commettant « Globalia ». Mon conseil : (re)lisez « 1984 » toutes affaires cessantes. C’est beaucoup mieux et, parce que ce n’est pas le livre anti-socialiste qu’on à dit, très actuel. Dans la foulée, vous pourrez lire « sous le soleil de Big Brother » de François Brune qui décode remarquablement bien le livre d’Orwell, en indique toute l’actualité et montre comment c’est aussi un très grand roman (ce que n’est pas Globalia). > Jean-Christophe Rufin
BenBBen | 13 mai 2004 | BenBBen
Comment serait-il possible que la France reconnaisse une quelconque rsponsabilité dans le génocide du rwanda, alors qu’elle ne reconnait aucune des autres erreurs de son passé, du genre la torture en algérie, le métro charonne, die bien phu (nous en fétons meme la comémoration, alors…) Il parait que c’est pour ne pas offusquer les anciens conbattants, les survivants, industriels, et autres partie en présence dans tous les conflits du monde… Le secret d’état est plus long que n’importe quel mandat … Vous ne voudriez pas savoir pour qui vous votez quand meme !!!
 

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