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CQFD N°051


SAFARIS EN FRANCE D’EN BAS

CAMÉRAS INDÉSIRABLES

Mis à jour le :13 mars 2008. Auteur : Iffik Le Guen.

Grèves quasi sauvages, émeutes quasi sanglantes… Autant de situations extrêmes qui obligent le journaliste à prendre son job à bras le corps, sans craindre ni le bakchich qui pacifie l’indigène, ni la littérature qui émerveille le consommateur d’infos. Scoops !

PUISQUE LA BANLIEUE c’est Bagdad, puisque la « zone » a été rectifiée en « zone de non-droit », puis en « zone de guerre », un nouveau petit métier est apparu:fixeur/garde du corps pour reporters en mal de sensationnel mais pas de sensations fortes. Pourtant, ce safari médiatique en petite ou grande couronne ne date pas d’hier. Dans les années 90, un certain Omar Guendouz louait déjà ses services à quelques hebdos (VSD, Paris-Match) et télés (France2, France3) pour les guider à l’intérieur des cités qui font peur. Enhardi par ses contacts avec le gratin de la presse,le gazier se lança lui-même dans le journalisme et commit un livre d’investigation sur les réseaux français de Ben Laden,unanimement salué. Mais, en 2004, devenu pigiste pour France-Soir, c’est la tuile : pris en flagrant délire de plagiat d’un article du Monde sur les mosquées intégristes, il semble s’être fait définitivement oublier. On se rappelle également les pratiques de bidonnage qui voyaient de cupides grouillots de l’infospectacle lâcher quelques biftons à des djeun’s pour qu’ils leur organisent une mini-émeute en direct, très ressemblante en gros plan. Ou pour aménager une cave sordide en succursale d’usine Beretta, plus vraie que nature dans la pénombre. En 1995, le magazine de France2, La Preuve par l’image (sic), dirigé par Stéphane Courbit, futur patron d’Endemol-France et donc gros producteur de télé-réalité,diffusait un reportage où trois gremlins de Créteil jouaient, moyennant finance, les Tony Montana avec des flingues en plastique. En 1999, c’est le très sérieux Entrevue qui titrait « Banlieues, la chasse aux flics est ouverte ». À l’intérieur, un Navarro du journalisme de terrain avait mis en scène un jeter de frigo en polystyrène expansé (« chez Casto, y a tout ce qui faut ») sur une patrouille de faux flics mais vrais figurants en costume.
Qu’est-ce qui a donc changé avec les émeutes à Villiers-le-Bel ? Sans doute une grosse frayeur après le dérouillage/dépouillage en règle de plusieurs journalistes du Monde ou de France-Télévision (ceux de TF1 ayant sagement choisi leur camp depuis belle lurette). Plus sûrement, une grosse crise de jalousie devant les grands moyens déballés par des équipes d’Associated Press et d’Al-Jazira, capables de recruter des vigiles à tout-va pour désinformer tranquille. Les médias anglosaxons, rompus au embedded journalism, ont davantage tiré les leçons du discours stigmatisant la banlieue française que ses propres prosélytes gaulois.
Pour finir, une offre de services de la part d’une petite entreprise qui monte : Respect Sécurité. Spécialisée jusque-là dans la protection de fêtes municipales ou de tournages, la boîte, qui compte parmi son personnel Samir Mihi (porte-parole d’AC-le-feu) et le grand frère de Bouna Traoré, dont la mort avait déclenché les émeutes de 2005, a rencontré un succès immédiat grâce à un slogan imparable : « Vos caméras sont-elles devenues indésirables ? »

Publié dans CQFD n°51, décembre 2007.






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CAMÉRAS INDÉSIRABLES
| 7 septembre 2009 |
bein c’est moi Omar Guendouz ! Je susi ravis de lire des « infos crédible » me concernant de la part d e vrais journalistes…. Quand a savoir si je me suis fais oublié bein il faut lire la presse et pas que française… Bref ravi de me savoir un cas pour les futurs « vrai journaliste »… ya qua voir l’etat de la presse mesdames messieurs les « journalistes desk » distributeur de bons et mauvais points ! À bon entendeurs…
 

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