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CQFD N°051



AU PAYS DE LA GUILLOTINE SÈCHE

Mis à jour le :15 décembre 2007. .

Août 1923. Albert Londres se rend en Guyane où il visite les bagnes coloniaux. Aux îles du Salut, il rencontre Eugène Dieudonné, un forçat anarchiste, proche de la bande à Bonnot et accusé à tort dans l’affaire du braquage de la rue Ordener, à Paris. Celui-ci l’aide à prendre conscience de la réalité du système carcéral. Quelques semaines plus tard, le grand reporter livre au Petit Journal l’un des plus vibrants réquisitoires de toute l’histoire de la presse.
En juillet 1927, au terme d’une troisième tentative d’évasion, Dieudonné est gracié. Il rentre en France, reprend son métier d’ébéniste et rédige, à la demande de son ami journaliste, ses souvenirs de quinze ans de bagne. Pour la première fois depuis 1935, ce témoignage sans fard sur le bagne, cette « guillotine sèche », fait l’objet d’une précieuse réédition.



« Le bagne, c’est l’envers de la vie. Les pas-de-chance,les gosses abandonnés, les maldoués par la nature, les victimes de leur psychologie morbide, les détraqués y coudoient les crapules finies. Tous ces gens vivent pêle-mêle, enfermés des nuits entières et durant des années dans les mêmes cases. À ce régime, un saint homme deviendrait enragé. Qu’on ne s’étonne pas alors des assassinats, des viols,des priapées, des délations ou des révoltes des forçats. Qu’on s’étonne plutôt que de telles institutions subsistent encore à notre époque. »

Jugé à Paris, incarcéré à Fresnes pendant quelques semaines fin 1913, Dieudonné est ensuite transféré, en train, à Saint-Martin-de-Ré. Le trajet est court, mais le « voyage » va finalement durer quatre jours, dans des conditions atroces.











Au bagne, Dieudonné croise des déportés politiques, des transportés, des relégués. Assimilés aux « classes dangereuses », tous ces « pas-de-chances » éloignés par l’État, n’en finissent plus de moisir dans l’enfer tropical.
















« La Vie des Forçats d’Eugène Dieudonné », illustré par Thierry Guitard. Préfaces de Jann-Marc Rouillan et Albert Londres. Éditions Libertalia, 224 pages, 10 euros.









Extraits du CQFD n°51, décembre 2007.





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