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CQFD N°051


LA BASE VA CHANGER DE MONDE

LA MILICE ET LES VOLEURS DE FEU

Mis à jour le :15 décembre 2007. Auteur : Gilles Lucas.


« LES LYCÉES NE SONT PAS DES COMMISSARIATS. » Éric C., prof au lycée Victor-Hugo, à Marseille, ne décolère pas. Au matin du 6 décembre, des lycéens dressent une barricade de poubelles devant les grilles. Cinq cars de CRS déboulent aussi sec.Scandalisés par cette disproportion,les enseignants s’interposent et suspendent les cours en solidarité avec leurs élèves. Un peu plus loin, depuis début novembre, un proviseur stressé soumet le lycée Diderot à un lock-out bégayant : on ouvre, on ferme, on ouvre… « Pour préparer les gosses à leur future vie d’ouvriers », ironise une prof. L’ambiance est tendue. C’est dans ce quartier qu’à été gravement brûlée Mama Galledou en 2006.À chaque tentative de blocage, plutôt que les CRS dont la présence « risque de mettre de l’huile sur le feu », ce sont BAC et RG qui rappliquent, à la demande du recteur, paraît-il. C’est en tout cas avec son aval que les mastards de la BAC s’affichent à l’intérieur du bahut…
1446 : la Sorbonne est investie par la prévôté.François Villon – le poète « voleur de feu » qui provoque aujourd’hui encore des restes d’érection littéraire à l’homme d’État Dominique de Villepin– fait le coup de poing contre cette intrusion de la loi dans le temple du savoir.
1968 : le 3 mai, le recteur de l’académie de Paris demande à la police de « rétablir l’ordre à l’intérieur de la Sorbonne en expulsant les perturbateurs ». Ce viol des franchises universitaires provoque un tollé général. Les pavés parisiens en sont tout retournés.
2007 : en novembre, les flics sont intervenus des dizaines de fois sur les campus et devant les lycées. Sans oublier leur occupation massive des lieux publics, à Toulouse, au Quartier latin… Dans le silence des habituels bavards et pointilleux défenseurs des libertés démocratiques. Ce qui n’aura pas empêché les assemblées et les blocages de s’étendrent.
Un groupe d’amis propose une assemblée générale et déjà elle se met en place. À peine réunis, ils décident du blocage. Attirent-ils l’attention des journalistes qu’ils expriment leur défiance vis-à-vis des médias, complices du pouvoir. S’organisent-ils que déjà les syndicats sont perçus comme des poids morts, sinon des ennemis (comme cette UNEF qui a approuvé la loi Pécresse lors de sa promulgation en plein été et a ensuite collé au train de la grève pour mieux la faire dérailler…). Est-ce la mémoire du printemps anti-CPE ? Ou des intuitions plus anciennes ? En tout cas, belle désinvolture des voleurs de feu !

Publié dans CQFD n°51, décembre 2007.






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