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Sommaire du N°054
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CQFD N°054



LES BRÈVES DU N°54

Mis à jour le :15 mars 2008. .


Jurisprudence ?
Brest 2002. Un commandant de bord roule vers l’aéroport. Une patrouille de police arrête sa voiture. Motif : elle aurait grillé un feu rouge. Le pilote conteste, mais, pressé, empoche l’amende. Le lendemain, il envoie une lettre de protestation au commissariat. Habitant Paris, c’est dans celui de son quartier qu’il est convoqué. Questions des pandores : « Comment expliquez-vous que le collègue ait vu un feu rouge ? » Réponse : « Ou bien il a une mauvaise vue, ou bien il était bourré. » Boum ! Outrage à agent. Procès, re-procès, l’affaire dure six ans, pour finalement aboutir à un non-lieu. Motif : l’insulte n’a pas été faite en présence de celui auquel elle s’adressait. « Dont acte », conclut mon voisin, qui est militaire : « Le sous-brigadier Martin est le roi des fumiers ! »

Scienti-flic 1
« Les jeunes des cités crachent beaucoup », d’après un Sherlock Holmes de banlieue. Il est donc facile de retrouver les émeutiers en traquant des traces ADN autour des carcasses calcinées. Et ce n’est pas un gag. « La police agit désormais pour les violences urbaines comme pour les crimes les plus graves. Recherche d’empreintes, d’ADN, vérification de la téléphonie à grande échelle, enquêtes de voisinage, activation des “indics”, recours aux “témoins anonymes”, garde à vue pouvant aller jusqu’à quatre-vingt-seize heures –comme pour le terrorisme », rapporte Le Monde du 27 février. David Skuli, directeur de la sécurité publique de la Seine-Saint-Denis, relativise ce triomphe de la science poulaga : « La difficulté, c’est qu’il s’agit généralement d’infractions collectives alors que nous devons établir des responsabilités individuelles. » L’ADN de la rage du peuple n’a pas encore été répertoriée.

Scienti-flic 2
« Les experts de la police scientifique vont bientôt pouvoir disposer d’un nouvel outil d’investigation », s’enthousiasme Le Figaro du 25 février. « Un géologue et un biologiste de l’université d’Utah à Salt Lake City (États- Unis) proposent aujourd’hui dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) une méthode qui permet de déterminer,à partir de l’analyse des cheveux, la ou les régions géographiques dans lesquelles ont vécu les victimes ou les auteurs présumés d’un crime. » Il paraît qu’on va aussi pouvoir déterminer par l’analyse de l’isotope d’oxygène contenu dans leurs dents ou dans un poil de cul la différence fondamentale entre un chercheur et un flic.

Pax americana
Les bons élèves de l’axe du Bien prennent de sales habitudes. Imitant Israël et son mentor états-unien, l’armée colombienne est allé trucider le n°2 des FARC sur le sol équatorien sans même s’essuyer les pieds avant d’entrer. L’agression, qui a bloqué le processus de libération des otages, est unanimement dénoncée par les pays de la région. Récemment publiée, une note des services de renseignements US datant de 1991 décrit l’actuel président colombien, Álvaro Uribe, comme un ami de Pablo Escobar, l’historique parrain de la coke. Le père d’Uribe aurait été assassiné à cause de ses liens financiers avec le cartel de Medellín. Mais la Colombie n’est pas un « État voyou ». Dans l’éblouissante lumière de la Vérité américaine, elle est l’ange exterminateur d’un sous-continent décidément trop turbulent.

American way of life
Tous les ans, les résidents de Brattleboro et Marlboro, deux villes de l’État du Vermont, nord-est des États- Unis, sont appelés aux urnes pour déterminer le budget des pompiers et plus généralement la politique de la ville. Le mardi 4 mars, ils ont approuvé une décision municipale demandant l’arrestation de G.W. Bush et D. Cheney pour « crimes contre la Constitution ». La mairie a donné ordre aux forces de police de « les extrader afin de les remettre aux autorités » en mesure de les juger. Mais, magnanime, le parlement de l’État a adopté, pour l’instant, des résolutions non contraignantes réclamant l’arrêt de l’intervention américaine en Irak et la destitution de Bush et Cheney. « Keep on rockin’ in the free world ! »

Jésus était queer !
« Ah, si Marie avait connu l’avortement, on aurait aujourd’hui moins d’emmerdements ! » Mais les voies du Seigneur étant impénétrables, ce 8 mars, on vit un militant des Brigades Roses crier « le curé à quatre pattes ! » aux fervents catholiques rassemblés devant l’hôpital de la Timone, à Marseille, pour une « prière publique de réparation ». Copieusement conspués, les membres de SOS Tout Petits et de l’Association des mères chrétiennes enchaînaient les Je vous salue Marie avec vaillance. Subir ainsi un Credo ordurier (« Jésus-Christ, Marie jouit ! ») ou des professions de foi outrancières (« Notre corps nous appartient, avortons le patriarcat »)… Quelle abnégation ! Et le martyre n’aurait pas été complet si Dieu n’avait armé le bras d’un CRS lors d’une bousculade : Pan sur le nez… d’un intégriste ! Amen.

Quand la taule est pleine…
« C’est l’Amérique, le pays de la libertééé !!… », braillait Tom Sawyer dans un dessin animé des années 80. Un rapport sur l’évolution des populations carcérales dans le monde, publié le 28 février, nous chante un tout autre refrain. Avec 2,3 millions de taulards et un habitant sur cent derrière les barreaux, les USA atomisent la concurrence, telles les démocraties multiséculaires de Chine (1,5 million) ou de Russie (900 000). Et la patrie du melting-pot accorde aux minorités une place de choix : un hispanique sur 36 et un Afro-Américain sur 15, pour « seulement » un Blanc sur 106, croupissent en zonzon ! Égalité des sexes oblige, la population carcérale féminine progresse aussi. Ces succès étant dus à une durée accrue de l’incarcération des récidivistes, on peut s’attendre à ce que la France remonte très vite au classement.

…reste l’usine
Retombée du plan anti-glandouille de Fadela Amara ? Une créature du président au ministère de l’Intérieur, nommée préfet de la région Rhône- Alpes, a décidé d’appliquer la consigne à la lettre avec des méthodes d’ancien superflic. Après avoir fait recenser tous les jeunes diplômés sans emploi vivant dans les zones urbaines sensibles, il les a fait convoquer un par un dans les agences ANPE et leur a collé un conseiller référent à chacun. Le résultat ne s’est pas fait attendre : sur les 840 glandeurs identifiés, 750 ont été casés dans le tertiaire, le bâtiment ou l’hôtellerie. Seuls quelques petits veinards, issus de formations universitaires ou du secteur de la culture et du spectacle, ont échappé à la rafle préfectorale. Quand on vous dit que ça peut servir de faire des études !

Publié dans CQFD n°54, mars 2008.






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