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CQFD N°053


MÉDIAS

ESPAGNE : L’ETA EST PARTOUT

Mis à jour le :15 février 2008. Auteur : Christophe Goby.


LE 11 NOVEMBRE 2007, à Madrid, Carlos Palomino est poignardé par un militaire d’extrême droite dans une rame de métro. Carlos, seize ans, était venu s’opposer à une manif de Democracia Nacional, groupusculaire clone ibérique du parti de Le Pen. Pour la presse, ce « fait divers » est l’occasion de criminaliser… les antifascistes. Le quotidien El Mundo renvoie dos à dos les « ultras ». ABC brouille les pistes : « Une bataille rangée entre des centaines de jeunes radicaux s’achève avec la mort d’un mineur. » Son édition électronique du 24 novembre note, à propos d’un acte commémoratif : « Des antifascistes chargent la police lors d’une manifestation interdite. » Le titre accrocheur « Bandas de la muerte en pleno Madrid » évoque des gangs rivaux. El País, quotidien de gauche, met tout le monde d’accord : « La loi doit s’appliquer de manière égale autant pour ceux qui se proclament néonazis qu’antifascistes. » Et le quotidien de référence d’en remettre une couche en pointant de fantasmagoriques connexions des antifascistes avec Batasuna et ETA.

L’ETA sert à tout, en Espagne. On se souvient que le 11mars 2005, le gouvernement Aznar, suivi par tous les médias, avait mis sur le dos de l’organisation séparatiste l’attentat de la gare d’Atocha, à tort. La « loi de mémoire historique » de Zapatero, censée mettre à plat les crimes de la guerre civile,a été l’occasion pour des membres du Parti Populaire d’Aznar de réhabiliter le franquisme. « Sarkozy et Aznar sont des amis proches, et ce que fait Sarkozy, c’est exactement ce qu’a fait Aznar il y a quelques années… On peut donc parler d’une “espagnolisation” de la société française », explique l’essayiste Mari Otxandi. « Il y a un mois, un texte était reconnu comme émanant d’ETA parce qu’il recommandait de… regarder moins la télé. » Il suffit qu’ETA évoque la désobéissance civile pour que tout mouvement s’en revendiquant soit taxé de terrorisme. Ainsi, en Euskadi, la lutte anti-TAV (Train à grande vitesse) se voit affublée des habits d’ETA. El Correo parle de racket « contre les entreprises basques qui s’engagent dans la construction de la ligne ». Dans El País : « Les menaces de Batasuna n’altèrent pas le tracé du TAV. » Mais Anita del Blanco, “terroriste” notoire du mouvement écolo local, renversait les rôles lors d’une marche de 20000 “guérilleros” : « Le TAV est un projet brutalement imposé à la libre et légitime expression de la volonté populaire. »
Avec l’État ou avec l’ETA : voilà l’unique alternative proposée au mouvement social par le complotiste professionnel Báltazar Garzón, le juge Bruguière transpyrénéen. Et la recette n’est plus seulement applicable au Pays basque : même des squatters andalous se sont vus accusés d’être des Etarras…

Article publié dans CQFD n° 53, février 2008.






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