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CQFD N°053


ABONNÉ ABSENT

THEMROC !

Mis à jour le :15 février 2008. Auteur : Anatole Istria.

Triste nouvelle : Claude Faraldo n’a plus mal aux dents. Fils de prolo immigré italien qui bossait à Billancourt, lui fuit l’usine, commence comme portefaix de pinard, puis s’affranchit du boulot pour devenir cinéaste par hasard et par révolte.

EN 1965, APRÈS AVOIR TOUT CRITIQUÉ – « J’étais un mec mauvais à l’époque » – , Claude Faraldo s’essaye au cinéma, poussé par Évelyne Vidal, cofondatrice d’Artmédia avec Gérard Lebovici. Son premier long métrage, Bof, Anatomie d’un livreur (1971), décrit la désertion du travail en douceur d’un livreur et de ses proches. Le film est tendre, poétique, avec en fond une bonne louche d’humour noir, comme dans cette réplique sublime d’un père à son fils : « Je vis à tes crochets, j’ai tué ta mère, j’ai couché avec ta femme… Ne m’appelle plus papa, appelle moi Paulo ! » Jacques Prévert ne s’y trompe pas en encourageant Faraldo à persévérer.

Plus viscéral, Themroc (1973) est le film référence de sa carrière, aussi rare que précieuse, en tout cas sans concession vis-à-vis de l’industrie du cinéma. Il a puisé la matière du sujet dans sa colère brute. Filmé sans autorisation dans le métro et sur les chantiers du Paris pompidolien, Themroc raconte l’histoire d’un ouvrier, interprété par Michel Piccoli qui se fait la belle du turbin (un leitmotiv !) et décide de vivre sans temps morts pour jouir sans entraves en se transformant en homme des cavernes urbain volontiers cannibale. Piccoli et toute la bande encore fraîche du Café de la Gare menée par Romain Bouteille, Miou-Miou, Patrick Dewære, Coluche, Henri Guybet avaient accepté de participer bénévolement à l’expérience.

Claude se remémorait le climat qui régnait sur le tournage : « Après une séquence, on allait boire des calvas au bistrot en face, rue Labrouste, dans le XVe arrondissement. La plupart des acteurs gardaient leur déguisement de flics et la camionnette bloquait la circulation. Ça créait un embouteillage monstre. Dès que ça klaxonnait, Coluche, qui n’était pas encore connu, sortait avec un sifflet et admonestait l’automobiliste en vociférant par borborygmes, comme dans le film… On faisait ça exprès pour que les gens aient la haine du flic ! » Loin d’une nostalgie d’ancien soixante-huitard, il affirmait l’invariance de sa soif de liberté. Pour lui, Themroc était intemporel : « Si ce n’était tous les “fantômes” qui hantent le film, c’est comme si on l’avait fait avant-hier », nous disait-il, il y a environ un an autour de quelques bouteilles de rasteau (CQFD n°42). Quand on rencontrait Faraldo, on était touché par la douceur de sa voix qui contrastait avec son regard d’acier et son visage marqué. Son dernier rôle en tant qu’acteur fut d’interpréter un parrain corse.
Pace e salute, Claude !

Article publié dans CQFD n° 53, février 2008.






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THEMROC !
Nabeshima | 25 avril 2008 | Surréaliste la métaphore !
Métaphore surréaliste du monde moderne, THEMROC ! est une véritable merveille, le côté artisanal le sépare d’une oeuvre comme LA GRANDE BOUFFE. On devrait montrer ce film dans toutes les écoles primaires, celà nous préserverait d’’une génération de robots.
 

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