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CQFD N°011


Hétéros fachos ?

Godez utile

Mis à jour le :15 avril 2004. Auteur : Claude et Dominique.


« Parce qu’ils ont croisé la violence homophobe, Sébastien Nouchet, brûlé vif au troisième degré, hospitalisé depuis le 30 janvier 2004, Jean-Pierre Humblot, battu, jeté dans un canal, décédé le 1er août 2003, n’iront pas VOTER les 21 et 28 mars… ET TOI ? Merci de diffuser ce message au plus grand nombre. » Ce message d’une intelligence et d’une finesse rares a été diffusé par des associations gays quelques jours avant le premier tour des élections régionales. L’argument est stupide et le procédé dégueulasse, mais cela n’a pas dérangé les charognards de se payer une bonne conscience citoyenne sur le dos des morts et des blessés. Quel dommage, nous n’avons pas reçu le mail suivant : « Sébastien Nouchet et Pierre Humblot votaient. L’un est brûlé, l’autre est mort. Alors, à quoi ça sert de voter ? » Tout aussi cynique et con… On peut d’ailleurs s’interroger sur le sens qu’il y a à voter pour des candidats hypocrites qui nous serinent que l’on doit respecter leur vie privée, alors qu’on les voit à longueur d’année étaler dans les magazines les plus débiles leur vie familiale, réelle ou inventée, avec leur femme fidèle et leurs chérubins aimants. 577 députés, 322 sénateurs, 36559 maires - et pas un seul qui aime se faire fister. Étonnant, non ? On se demande à quoi sert de voter pour des hommes et des femmes qui perpétuent depuis toujours une société sexiste, où des gamins se font tabasser ou se suicident pour avoir louché sur une braguette, et où des gamines se font traiter de salopes au moindre déhanchement ou de sales gouines parce qu’elles lorgnent avec gourmandise les seins de la prof de français.

Ils ne votent pas pour nous. Nous ne voterons pas pour eux. C’est un juste et logique retour des choses. En quoi est-il indécent de préférer passer son dimanche après-midi à se mettre un gode dans le cul plutôt qu’un bulletin dans l’urne, pour élire des gens qui n’ont pour tout programme que frilosité et reniement ? Et que l’on ne vienne pas nous dire que les choses avancent lentement, mais qu’elles avancent quand même. C’est idiot et très énervant. Quand la mention du sexe aura disparu de l’état civil, quand le droit à la filiation sera égalitaire, quand une réelle politique d’éducation aux sexualités sera mise en œuvre, quand une réelle politique de prévention des violences sexistes et homophobes sera sur pied, quand aimer se faire pisser dessus sera considéré comme aussi banal que de porter un costard-cravatte, quand deux femmes pourront se rouler une pelle dans la rue sans commentaires graveleux des machos qui nous pourrissent la vie, nous commencerons peut-être à nous calmer. Le seul argument au final pour aller voter est de « combattre » le FN. Bref, pour éviter les fachos, allez voter pour les escrocs. Exaltant programme… À l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats des élections sont tombés : la vague du socialisme mou du cul s’est déversée sur la France. Ségolène Royal, héroïne des temps modernes, nouvelle présidente du marais poitevin, ayant quelque peu abusé du cognac régional, s’est exclamée le soir même de son plébiscite triomphal qu’elle défendrait bec et ongles les valeurs familiales. Ça promet…

Publié dans CQFD n°11, avril 2004.






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> Godez utile
patb | 3 mai 2004 |
cet article se situe dans la rubrique « hétéros fachos ? », sous forme affirmative à l’origine puis interrogative, cette expression est intolérable car tout hétéro est assimilé à un xénophobe potentiel (bonjour la tolérance et la généralisation). sur le fond cet article avance des revendications très justes sur la nécessité de mettre en place une politique de prévention des violences sexistes et homophobes par exemple mais au milieu de ces revendications fortes est placée la banalisation « d’aimer se faire pisser dessus », glissement vers lequel je ne puis vous suivre ( sous-entendu tout homosexuel aime se faire pisser dessus) sur le plan politique et symbolique, de nombreuses personnes au quotidien se font pisser dessus (précaires, chomeurs, ..) ; point de vue très éloigné du contenu du journal. enfin, pourquoi poser le problème en « eux » et « nous », surtout que l’on voit pas d’issue, de perspective égalitaire dans ce type de problématisation.
 

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