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CQFD N°054


CHRONIQUE DE GUERRE

VILLIERS-LE-BEL : À 30 CONTRE 1

Mis à jour le :15 mars 2008. Auteur : Gilles Lucas.


« Opération médiatisée, avant les municipales  », « grave dysfonctionnement de la République », « Politique spectacle sécuritaire  », « Confusion entre justice et mise en scène », « Gigantesque cirque médiatique », auront été les commentaires incendiaires qui se seront répandus dans la presse à la suite de l’invasion policière du 18 février, à l’aube, dans les quartiers de Villiers-le-Bel, Arnouville-les-Gonesses et Sarcelles. C’est vrai que les centaines de journalistes convoqués pour filmer et photographier les 1 100 flics, antigangs, Bacs, CRS et Raid, étaient de fait indisponibles ce matin-là pour suivre les Royal, Bayrou et autres Buffet. On comprend leur colère. Mais le scandale ne s’arrête pas là. Dans sa livraison du 21 février, Paris-Match a osé publier des images d’un flic en train de retourner un appartement et d’un jeune à moitié nu et menotté. Indignation générale ! Au point que Gérard Gachet, porteparole d’Alliot-Marie, a dû monter au créneau : « [Cette] photo peut être considérée comme une atteinte à sa dignité… Le fait que son visage soit flouté ne suffit pas à lui retirer un côté litigieux qui peut permettre à son avocat de contester les circonstances de cette interpellation. » Il ne manquerait plus que ces images ne justifient, encore une fois, la mise en liberté d’un « délinquant bien connu des services de police ». Car, fort heureusement, le problème n’est pas que des armées de robocops et hommes en armes envahissent des quartiers, défoncent les portes, retournent les appartements et frappent parents et enfants ainsi que le raconte [1] la sœur de Larami, un des deux jeunes décédés en novembre 2007 : « Quand on leur a dit : “vous avez déjà pris notre fils, et maintenant vous voulez prendre notre frère”, ils nous ont poussés, ils ont tout cassé et nous ont tapés. Mon père est tombé sur le fauteuil. Ils ont poussé ma mère qui avait mon fils de 6 mois sur le dos. Il s’est cogné la tête. Ils ont tapé mes tantes. Ils étaient au moins une trentaine avec des boucliers, des masques, des cagoules comme si on était des terroristes… ».

« Trop d’engraination »

Il serait de la plus grande mauvaise foi de voir dans cette opération de police – ressemblant en tout point à celles qui se sont passées en novembre 2006 aux Tarterêts et aux Mureaux – une action de vengeance destinée à terroriser la population. Imaginer que le ministère de l’Intérieur ait pu lui-même convoquer les journalistes afin de diffuser le plus largement possible ce qui attend les quartiers en représailles d’actes commis par quelques jeunes, ressortirait du plus primaire conspirationnisme. Quant aux propos de ce jeune du quartier [2] : « Il y a trop de provocations, que de la provocation… Ça amène trop d’engraination… Plus ils sont là, plus ça va empirer. Ce qu’ils ont fait là, c’est pas ce qu’il fallait faire… », ce ne sont que forfanteries, sans lien avec l’esprit de l’attaque qu’auraient subie, avec fusils à pompe et cocktails Molotov, paraît-il, le 2mars à Grigny, les forces de police…

Publié dans CQFD n°54, mars 2008.


[1] Cf. son témoignage diffusé sur dailymotion.

[2] Sur Fréquence Paris Pluriel, le 21 février.





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