Enfin ! Cinq ans que l’armée américaine s’échine en Irak pour offrir aux
autochtones la démocratie sur un plateau, et voilà ! Ça a été un peu
plus long que prévu, mais nous y sommes presque. Un peu plus cher
aussi. Selon Joseph Stiglitz, cette guerre aurait coûté 3000 milliards de
dollars aux États-Unis. Pour les gagne-petits qui n’ont pas l’habitude
de brasser des zéros, ce prix Nobel d’économie précise que la coquette
somme représente 8 millions de logements. Ce n’est pas donné, mais
c’est gagné. Bon, ça a été aussi quelque peu sanglant, avec près de
4000 GI’s restés là-bas le nez dans la poussière. Nous saurons nous
souvenir de leur sacrifice chaque fois que nous commémorerons la victoire,
comme nous aurons une pensée émue pour les quelque 600000
civils irakiens qui ont malheureusement passé l’arme à gauche depuis
2003 [1].
Grâce à tous ces sacrifices, la démocratie a fleuri dans cette
lointaine contrée et la troisième réserve mondiale d’or noir s’offre
enfin à nous ! Le ministre irakien du Pétrole a annoncé fin février
que Royal Dut Shell, BP, Exxon Mobile, Chevron et Total étaient
« candidats à des accords techniques afin d’améliorer l’exploitation
des champs les plus importants ». Bagdad est sur le point de boucler
les négociations avec ces entreprises, qui espèrent bien coller leur
bouche au cul de nouveaux puits. Il restera alors à privatiser l’industrie
pétrolière irakienne et à pacifier le pays. Ces deux broutilles
ventilées, à nous le retour sur investissement !
Publié dans CQFD n°54, mars 2008.