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CQFD N°055


LOBBYING OGM

LES PAYSANS BIO CONTAMINÉS ?

Mis à jour le :15 avril 2008. Auteur : Auguste Maitenaz.

S’opposer aux OGM, c’est garantir une agriculture exempte de pollution génétique. Mais la Fédération nationale pour l’agriculture biologique ne s’implique que du bout des doigts dans cette lutte.

APRÈS AVOIR INFESTÉ les couloirs du ministère de l’Agriculture, les lobbyistes pro-OGM s’attellent à un projet de loi qui servira leurs intérêts financiers à courte vue. Ce texte est censé garantir « la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM »… Eh oui, les fanatiques du modernisme doivent pouvoir vivre en bonne intelligence, et sur les mêmes territoires, que les tenants de l’agriculture conventionnelle ! Liberté de pacotille, puisque la nature ne se soumet pas plus aux lois du Parlement français qu’aux directives européennes. Un coup de vent et le pollen contaminé vole, vole, vole jusqu’à cent kilomètres de son lieu d’origine, polluant au passage tout ce qu’il y a à polluer. L’agriculture transgénique est une dictature invisible qui, peu à peu, envahit tout. Même ce qui n’est pas à elle. Aux États-Unis comme en Argentine, l’agriculture biologique a pratiquement été rayée de la carte à cause des contaminations. En Espagne, la situation est tout aussi préoccupante : l’omniprésence transgénique est si avérée que les producteurs bio renoncent à leur certification. Ils capitulent en rase campagne, sans résistance, sans arracher le moindre pied de maïs OGM.

En France, la mobilisation des agriculteurs bio n’est guère plus reluisante. Ce vendredi 28 mars, le site Internet de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (FNAB) est révélateur de l’ambiance combative : à la veille des manifestations des collectifs anti-OGM, aucun appel à la mobilisation n’est visible sur leur page d’accueil. La fédération –en tant que telle– est toujours restée discrète sur la question des OGM : pas plus d’implication aux côtés des faucheurs volontaires que d’engagement dans des actions non violentes de sabotage. Pour faire bonne mesure, elle lâche de temps à autre un communiqué de presse prudent, un rapport silencieux, une étude invisible. Au mois de mai 2007, la FNAB a pourtant bénéficié d’un soutien inattendu de la part de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Pour la première fois, une étude officielle reconnaît que l’agriculture biologique est en mesure de produire suffisamment pour couvrir les besoins alimentaires de l’ensemble des habitants de notre petite planète. En quelques lignes, la FAO réfute l’argument simpliste des tenants des biotechnologies qui s’efforcent de nous convaincre que leurs OGM vont régler la question de la faim dans le monde.
Mais par quel mystère une profession blindée d’arguments et qui jouit d’une évidente sympathie dans l’opinion publique peut-elle accepter de disparaître sans broncher ? En refusant de s’investir dans cette lutte politique, la FNAB laisse les autres prendre les risques à sa place. Mais il faut la comprendre : l’agriculture biologique est devenue rentable et la FNAB respectable et réaliste. Certains de ses adhérents, qui vendent de mieux en mieux leur fromage, leur lait, leurs légumes et leurs céréales, espèrent continuer à grossir. Mais la manne n’aura qu’un temps si la pollution transgénique généralisée liquide définitivement les possibilités de changer de modèle agricole.

L’Europe, et la plupart de nos députés, souhaitent nous faire accepter un taux de contamination des produits bio par les OGM de 0,89%. On s’adaptera, ainsi va la mort… À moins que les pécores bio, qui ne sont pas tous aussi craintifs et bornés que leur fédération, montrent vaillamment les crocs !

Article publié dans CQFD n° 55, avril 2008.






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