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CQFD N°056


LOI OGM

LE BAL DES FAUX-CULS

Mis à jour le :15 mai 2008. Auteur : Iffik Le Guen.

Diffusé sur Arte peu avant la session parlementaire consacrée au vote de la loi OGM, le documentaire de Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto, est en train de casser la baraque. Il révèle les méthodes du leader mondial de l’OGM pour imprimer sa marque sur la face du monde.

LE 15 AVRIL DERNIER, un public très large et très concerné, CQFD en prime, est venu assister à la projection du Monde selon Monsanto organisée par Greenpeace Marseille. La réalisatrice poursuit un tour de France de diffusion/ présentation digne des forçats de la route tant les sollicitations lui arrivent de toute part. Il faut avouer que le débat autour des OGM, dans les champs comme dans les assiettes de la ménagère de moins de cinquante ans,est particulièrement sanglant en France. Et cette petite entreprise de démontage des crapuleries et menteries de la firme américaine prend une ampleur internationale par le biais d’Internet.Et Marie-Monique Robin nous cite pour preuve les attaques qu’elle subit de la part de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS). L’AFIS est « une structure scientiste dont le président se présente comme un “bright” – illuminé ?–, dont un membre est sous contrat avec des fabricants d’OGM, et un autre a démissionné pour dénoncer les pressions de Monsanto ». Mais voilà,ces gens-là possèdent quelque influence auprès des parlementaires pour lesquels ils organisent moult colloques et réunions.D’autres critiques du travail de Robin apparaissent sournoisement dans des forums de discussion sur la toile, « derrière des pseudonymes comme “Gattaca”, et qui émanent en fait d’agences de communication comptant Monsanto parmi leurs clients ». Le DVD du documentaire a été envoyé par Greenpeace à tous les députés avant la discussion de la loi OGM, mais le bourrage de crânes l’avait largement précédé. Christian Jacob, ancien président du Centre national des jeunes agriculteurs et fidèle défenseur de l’industrie agro-alimentaire, affirme que le maïs mexicain cohabite depuis longtemps avec des espèces transgéniques. « C’est un pur mensonge, puisque que le gouvernement de ce pays a refusé jusqu’à présent la culture d’OGM sur son territoire », renchérit la réalisatrice.
On peut aussi se pencher sur le cas de Bernard Debré qui déclare, sans sourciller, que les vignes françaises sont déjà transgéniques puisqu’on a importé massivement des plants américains pour lutter contre l’épidémie de phylloxéra au début du XXe siècle.

Le sénateur UMP Jean-François Legrand, la sénatrice des Verts Marie-Christine Blandin et le député communiste André Chassaigne, auteur du fameux amendement 252 qui a failli causer quelques morts (politiques) au sein du gouvernement, ont explicitement dénoncé l’étrange phénomène d’intoxication aux OGM sur les bancs des deux assemblées. Certes, ce n’est pas aussi massif qu’aux États-Unis,où le système des revolving doors (portes tournantes) permet à des responsables de l’agence fédérale chargée de la sécurité sanitaire des aliments de se recaser chez Monsanto. En France, le lobby des semenciers (Monsanto, Limagrain…) fait plutôt dans la fourniture de superbes brochures aux parlementaires,dans lesquelles ils trouvent des amendements clés en main. Comme, par exemple, ceux relatifs à la suppression de la responsabilité des agriculteurs en cas de dissémination (laquelle est pourtant décrétée « scientifiquement  » impossible grâce à la distance légale de dix mètres entre cultures OGM et cultures conventionnelles) et de l’obligation d’informer les voisins de la présence d’un champ transgénique. On vous passe les grosses combines du lobbying, à base de restaurant étoilé sur les Champs-Élysées et autres voyages organisés. En fait, bien souvent, le talon d’Achille du parlementaire français débordé par le nombre de dossiers en cours, c’est son attaché(e). Séparant le bon grain de l’ivraie pour un salaire de misère, l’attaché( e) est contraint(e) de compléter son revenu en faisant des gâches auprès de cabinets de consultants, qui ne se font pas prier pour le/la recruter allégrement. Moins subtile, la tactique du rapporteur du texte de loi au Sénat, un certain Jean Bizet (UMP), représentant officiel de l’industrie agroalimentaire, qui déclarait à propos de son collègue Legrand : « On l’a exécuté mais il bouge encore. »

Devant tant de bassesses, cher lecteur, tu dois te dire que tout est foutu et qu’il ne te reste plus qu’à boire en attendant la mort. Marie- Monique Robin se veut plus optimiste et propose, entre autres, de taquiner massivement par voie épistolaire « les élus de proximité pour exiger des mesures de précaution et des tests fiables sur la nocivité éventuelle de produits comme le maïs pesticide ».

Article publié dans CQFD n°56, mai 2008






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