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CQFD N°056


VILLIERS-LE-BEL

DÉLATION ET BOUCHE COUSUE

Mis à jour le :15 mai 2008. Auteur : Gilles Lucas.


SELON le Monde du 25 avril, une procédure est en cours pour élucider les coups de feu tirés par un policier de la Bac dans le quartier de la Grande-Borne, à Grigny, le 8mai 2007. Ce jour-là, une patrouille venue encadrer le tournage d’un clip est prise à partie par une trentaine de jeunes. Un brigadier-chef ouvre le feu avec son 38 spécial. Un jeune reçoit une balle dans le bras. Il sera arrêté à l’hôpital. En garde à vue, il avoue avoir voulu lancer un cocktail Molotov. Il est écroué. Mais l’IGPN relève sur les lieux « entre 7 et 9 » impacts de balles. Interrogé, le tireur affirme, dans un premier temps, avoir ouvert le feu à six reprises, puis reconnaît avoir jeté trois autres douilles dans une bouche d’égout. Bien que la vidéosurveillance de la station-service et l’expertise balistique démentent les dires de l’officier, l’IGPN confirme la légitime défense et le parquet classe l’affaire. C’est par hasard qu’en février 2008 le magistrat instructeur découvre le rapport et prononce la libération du jeune, qui est revenu sur ses aveux.

La question est donc posée. Va-til y avoir appel à témoins, avec plusieurs milliers d’euros de récompense, afin de confondre ceux qui ont menti dans le but de protéger le responsable de cette tentative d’homicide ? Pour mémoire, la délation rétribuée a déjà été expérimentée à Villiers-le-Bel pour alpaguer les auteurs de tirs contre la police lors des émeutes du 25 novembre 2007. Mais « il n’y a eu que quatre ou cinq dénonciations véritablement exploitables », avoue un enquêteur au Journal du Dimanche (24 février 2008). Parmi les personnes dénoncées, un habitué de la mosquée et le directeur d’une entreprise de sécurité, qui s’était fait remarquer pour avoir serré la main de Christine Boutin. Une façon comme une autre de se débarrasser de personnages jugés nuisibles… ? On aurait à coup sûr bien plus de succès dans l’affaire de la Grande-Borne : le terreau de la délation doit être fertile dans la police…

Article publié dans CQFD n°56, mai 2008






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