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CQFD N°056


DIX ANS APRÈS LES ACCORDS DE PAIX DU VENDREDI SAINT

BELFAST : TOUS LES MURS NE SONT PAS TOMBÉS

Mis à jour le :15 mai 2008. Auteur : Julie Lillith.

Dans les années 70, Belfast avait un peu la même résonance médiatique que la bande de Gaza aujourd’hui.Depuis Reuters et l’AFP y ont fermé leurs agences. Officiellement, les accords d’avril 1998 ont scellé la paix. L’IRA a déposé les armes en 2005 et reconnu l’autorité de la police britannique dans les quartiers républicains en février 2007. Sa branche politique, le Sinn Féin, gouverne cordialement avec son ennemi héréditaire, le Democratic Unionist Party, parti d’extrême droite probritannique. Quant à la malvie, elle suit son cours.

L‘IRLANDE ÉVOQUE aujourd’hui boom économique et tourisme low-cost. L’Ulster, sous administration britannique, n’échappe pas à cette marchandisation. Le combat républicain non plus. En dix ans, Falls, quartier emblématique de West Belfast, s’est un peu transformé en Disneyland, avec son office du tourisme, ses échoppes à souvenirs, ses tours organisés par le provisional Sinn Féin en collaboration avec les black taxis (taxis communautaires), et les bus panoramiques de la ville… Ces derniers ne plaisent d’ailleurs pas à tout le monde et sont souvent incendiés.

Les habitants de cet ex-quartier prolo n’apprécient pas forcément d’être transformés en animaux de zoo et ont, pour certains, une dent contre les dirigeants actuels, trop oublieux de leurs belles promesses sociales des années 70. Liam, jeune activiste et ancien habitant du quartier, raconte devant une Guiness : « Les provos [le provisional Sinn Féin], c’est la Stasi ! Ils tiennent tout : les rares petits boulots disponibles dans les trucs pour touristes, tout l’emploi communautaire. Si tu n’es pas avec eux, tu es au chômage… » Tout passe par le parti et les quartiers catholiques historiques sont en voie d’embourgeoisement. L’un des principaux attraits des anciennes zones de troubles, ce sont les Murals, véritables journaux d’information et de revendication peints à même les murs ou fixés sur des panneaux de bois. Ils jalonnent les abords de Falls Road et d’Andersonstown Road, zones républicaines. Ils n’ont désormais plus qu’une fonction « mémorielle », servant à rappeler certains grands événements… Et à orner l’album-photos du touriste… Certains murs sont particulièrement marquants, comme celui de Beechmount Street, composés des portraits de victimes des paramilitaires loyalistes. Dans le quartier protestant de West Belfast, Shankill, on retrouve aussi cet art mural, mais les thèmes sont nettement plus belliqueux, centré sur le droit divin et la soumission à la reine, célébrant pèle-mêle la figure de Cromwell, les « héros » des milices loyalistes, les commandos de la main rouge (responsables de meurtres de militants républicains et de civils catholiques), ainsi que les soldats d’Ulster ayant participé à la bataille de la Somme durant la Première Guerre mondiale !

Les deux quartiers sont séparés par une série de murs, nommée Peace line. Loin d’avoir été détruits après les accords de paix,ces murs,érigés à la fin des années 60, ont même été rehaussés par endroits,en réaction à des assassinats sectaires (perpétrés par les milices loyalistes contre des catholiques ou des immigrés).En moyenne, une agression se produit chaque semaine. Dans les têtes aussi, les murs sont plus hauts que jamais. L’universitaire Peter Shirlow a mené une étude sur la ségrégation entre les deux communautés et la peur de l’autre [1]. Ce sont les jeunes de 16 à 24 ans, n’ayant donc pas vécu l’essentiel des troubles, qui redoutent le plus la communauté d’en face (75,8% d’entre eux déclare ne pas fréquenter les commerces et services de l’autre communauté, contre 45,6 % des plus de 65 ans). La moitié des habitants des quartiers populaires ne fréquentent jamais les zones de la communauté opposée.

L’organisation des transports en commun renforce cette ségrégation : une ligne par quartier,aucune correspondance entre les lignes. Pour aller de Lisburn Road à Falls road (quartiers limitrophes), il faut revenir en centre-ville pour changer de bus… L’école aussi est communautaire : publique et protestante ou privée et catholique. Les rares tentatives d’école mixte, comme Hazelwood College, accueillent moins de 5% des enfants scolarisés et sont régulièrement la cible de jets de pierres et de dégradations diverses.
Tout incite la jeunesse nord-irlandaise à reproduire les clivages du passé. Et ce malgré des conditions sociales communes : boulots précaires, bas salaires… La paix, cette « normalisation », selon le jargon des technocrates européens, a surtout apporté des callcenters, des centres commerciaux géants, des fastfoods… L’accès à la surconsommation conduit à un endettement faramineux des familles. L’implantation de ces entreprises donne un prétexte de plus au gouvernement britannique pour faire la chasse aux chômeurs. « On est obligés d’aller bosser là-bas, sinon on perd nos allocs… », nous confirme Jenny, une jeune femme rencontrée à l’Utopia Café, qui travaille comme vendeuse au Castel Court Shopping Center, payée au salaire minimum. En avance sur la France, la chasse aux chômeurs est relativement au point.Au bout du troisième refus d’emploi dans un secteur donné, un chômeur a le choix : soit accepter la place qu’on lui impose au même tarif que ses allocations chômage (qui suffisent à peine à se nourrir), soit perdre tout revenu.

L’une des plus grosses difficultés à Belfast reste le logement. Dans certaines zones, notamment West Belfast, les loyers ont décuplé en dix ans d’intense spéculation. De plus en plus de maisons sont louées « à la découpe », une famille s’entassant parfois dans une seule pièce. Socialement, l’Ulster est une des zones les plus sinistrées du Royaume-Uni, avec un taux de chômage record (malgré les tricheries officielles sur les chiffres), des droits sociaux quasi inexistants, l’illettrisme toujours élevé et encore plus de suicides que dans les années 70-80… De 1968 à 2003, le conflit a causé la mort de 3500 personnes, 53 % étaient des civils. Aujourd’hui encore la vérité n’est pas faite sur les collusions entre les services secrets britanniques et ces milices loyalistes qui sont dénoncées sur les Murals du West Belfast. En dix ans, la lutte républicaine s’est fait un peu oublier, tout comme les luttes sociales. L’Ulster semble normalisé, Belfast est redevenue une petite ville de province aux confins de l’Europe capitaliste. Les gens y sont simplement encore plus séparés les uns des autres qu’ailleurs.

LA RÉPUBLIQUE DES ARMES
DÈS 1998, certains républicains ont refusé les accords de paix signés par le provisional Sinn Féin. Ce sont les organisations dites « dissidentes  » : principalement le 32-Sovereign County Movement, l’Irish Republican Socialist Party (IRSP) et le Republican Sinn Féin, pour les organisations politiques. Pour les groupes armés, la Real IRA et la Continuity IRA (branche armée du Republican S-F). L’Irish National Libération Army (INLA), groupe marxiste ayant déposé les armes en 1997, se serait aussi reformée. Ces partis armés ne reconnaissent ni le gouvernement du Sud, ni le gouvernement britannique. Ils se réclament du « conseil de l’armée pour la continuité », gouvernement militaire provisoire clandestin, basé sur le refus de la partition nord-sud, et qui selon eux reste le seul gouvernement légitime de l’Irlande. Le provisional Sinn Féin ne le reconnaît plus depuis qu’ils ont fait le choix de la négociation au milieu des années 80. La dissidence républicaine est très composite,mais reste marquée à gauche, voire à l’extrême gauche. Les trois groupes politiques sont très investis dans les mobilisations « anti-impérialistes » (Palestine, Tchétchénie, Cuba…), comme dans les luttes contre la privatisation de l’eau potable, l’installation de compagnies pétrolières ou contre le racisme…

Les branches armées ont abandonné les spectaculaires attentats à la bombe qui avaient contribué au discrédit de l’IRA. Ils pratiquent désormais l’embuscade, visant essentiellement des militaires et policiers britanniques. Des attaques sporadiques ont lieu :le 12 novembre 2007,à Derry,un officier de police est blessé par des tirs revendiqués par la Real IRA alors qu’il emmenait son fils à l’école. Toujours en novembre, deux officiers sont tués à Derry et à Dungannon. En quelques mois, la Continuity IRA a revendiqué la mort de quatre officiers du PSNI (Police locale d’Irlande du Nord).

La répression non plus n’a pas faibli. En Irlande du Nord,la durée de garde à vue à été étendue à… 54 jours.Plus d’une cinquantaine de prisonniers politiques croupissent actuellement dans les prisons d’Irlande (Nord et Sud).Si,en Irlande du Sud,les prisonniers républicains ont toujours un statut de prisonniers politiques, ce n’est plus le cas du Nord où,depuis les accords de paix de 1998, ils sont considérés comme des droits communs.Leurs conditions de détention sont pourtant plus dures (mouvements contrôlés, isolement 23 heures par jour,peu d’accès à l’éducation,droit aux visites restreint et parfois supprimé, censure et surveillance du courrier, interdiction de certains livres…). Martine nous raconte qu’elle et ses enfants sont parfois restés plusieurs mois sans pouvoir rendre visite à son compagnon, Terry, incarcéré depuis sept ans à la prison de haute sécurité de Maghaberry.

Les organisations dissidentes ne représentent aujourd’hui qu’un nombre assez réduit d’activistes. Même si pas mal d’anciens membres de l’IRA provisoire se sentent trahis par les accords de paix de 1998, peu d’entre eux imaginent reprendre les armes pour obtenir l’instauration d’une république irlandaise réunifiée, comme la proclamation de 1916 l’annonçait. Au Kelly Cellar’s, un pub républicain du centre-ville, Sean explique pourquoi  : « Je sais qu’on a perdu, qu’on s’est fait avoir, mais maintenant j’ai des enfants et je ne veux pas qu’ils vivent ce que j’ai vécu. » Autour de nous, les clients applaudissent un groupe mêlant rock et musique folklorique. Sous les tables, s’amoncellent des sacs de courses portant le logo du nouveau centre commercial de Victoria Street.

CHRONOLOGIE DES « TROUBLES » IRLANDAIS

1649 Suite à la révolution anglaise, les troupes de Cromwell envahissent l’Irlande, restée fidèle à la dynastie des Stuart. La moitié de la population est massacrée ou déportée dans les Antilles. 170 000 colons protestants confisquent une grande partie des terres.
1791 Dans l’enthousiasme des révolutions américaine et française est fondée la Société des Irlandais unis, qui dépasse les clivages religieux et projette l’instauration d’une république irlandaise. Différentes insurrections échoueront de 1798 à 1803.
1848 Nouvelle insurrection après une longue série de famines qui provoquent la mort d’un million d’Irlandais et l’émigration de deux autres millions. L’aspect strictement catholique et nationaliste prend le dessus dans le mouvement de la Jeune Irlande.
1870 Le mouvement en faveur de l’autonomie (Home Rule) prend de l’ampleur. Le projet d’autonomie est finalement voté par la Chambre des communes en 1912 mais rejeté par la Chambre des lords.
1916-1919 Insurrection républicaine contre le pouvoir anglais. Création de l’armée républicaine irlandaise (IRA), bras militaire du parti républicain Sinn Féin. Le syndicaliste James Connolly, qui prône l’unité de la classe ouvrière du Nord et du Sud, est exécuté au début de l’insurrection.La tendance militaro-nationaliste prévaut sur la tendance socialiste dans le mouvement républicain (voir le film de Ken Loach, Le jour se lève, 2006).
1921 Partition : les vingt-six comtés du Sud obtiennent l’autonomie,les six du Nord,à majorité protestante, restent britanniques.
1949 La République irlandaise du Sud devient véritablement indépendante et quitte le Commonwealth.
1968 Un mouvement pacifique en faveur de l’égalité et des droits civiques pour les catholiques voit le jour au sein de jeunes issus de la classe moyenne d’Irlande du Nord. Le mouvement des droits civiques ne fait pas référence à la « question nationale » mais revendique l’égalité sociale dans le logement et le suffrage universel. En août 1968, un de leurs rassemblements pacifiques à Derry est violemment réprimé par la police nord-irlandaise composée à 90 % de protestants. Durant tout l’automne 1968, les manifestants catholiques sont victimes de violences de la part de la police et de groupes paramilitaires loyalistes, comme l’Ulster Volunteer Force, formée en 1966. La population catholique se révolte. L’armée anglaise intervient pour aider la police à rétablir le calme.
En décembre, l’IRA se scinde en deux entre « Official », favorable au désarmement, et « Provisional », qui veut mener la lutte armée jusqu’à la réunification.La répression va renforcer le monopole de la provisional IRA dans tous les champs d’action sociaux et politiques et accentuer la militarisation du conflit.
30 janvier 1972 Bloody Sunday à Derry. L’armée britannique tue 14 manifestants.
mars 1972 Londres prend le contrôle direct de la province.
1981 Grève de la faim des détenus républicains qui exigent le statut de prisonniers politiques. Thatcher joue l’intransigeance.Dix d’entre eux succombent dont Bobby Sands, élu député de West Belfast alors qu’il était déjà incarcéré.
1993 Le 20 mars, l’IRA subit un gros discrédit après un attentat dans la ville anglaise de Warrington, où deux enfants sont tués.
1994 Premier cessez-le-feu proclamé sous la pression du gouvernement Clinton.
10 avril 1998 Amorce de négociations stables avec les accords du Vendredi Saint à Belfast :ils prévoient des institutions autonomes et un partage du pouvoir. Les accords de paix sont largement approuvés par référendum dans les deux Irlandes.
15 août 1998 31 morts à Omagh dans un attentat du groupe dissident Real IRA. Lors du procès, le 15 janvier 2007, l’implication des services secrets britanniques et américains dans l’attentat sera révélée à travers le rôle de David Rupert,un agent du FBI infiltré.
1999 Régime de semi-autonomie, fin de 27 années d’administration directe de Londres sur la province.
2005 Juillet, le provisional IRA,qui observe un cessezle- feu réel depuis 1997, annonce la fin de la lutte armée. Décembre, Denis Donaldson, membre influent du Sinn Féin, reconnaît être un agent des services secrets anglais. Il sera retrouvé mort d’une balle dans la tête et la main droite tranchée en avril 2006.
octobre 2006 Démantèlement des bataillons nord-irlandais de l’armée britannique.
26 mars 2007 Rencontre historique entre Ian Paisley (DUP) et Gerry Adams (Sinn Féin) qui s’accordent pour gouverner ensemble.
1972 : KOUCHNER EN ULSTER
EN 1972, UN GROUPE de « touristes révolutionnaires  » se rend à Belfast afin de constituer un dossier sur la guerre civile irlandaise pour Les Temps modernes, la revue de Jean-Paul Sartre. Le point de vue général du numéro est dans une veine de critique sociale plutôt hostile au léninisme nationaliste de l’IRA. Un texte de Jean-Yves Beriou très anti-IRA est même censuré par le directeur de publication. Une lettre d’insultes est alors envoyé à Sartre par les rédacteurs scandalisés de ce caviardage. Parmi ces marxistes radicaux,un certain Bernard Kouchner. Il a écrit un bel article intitulé « Les jours de cette guerre ». À l’époque, le toubib n’a pas encore la lubie de l’ingérence humanitaire. Il se contente de « fournir quelques éléments historiques et politiques d’analyse. Et non de réponse ». Ça repose. Extraits :
« Les touristes révolutionnaires sont une nouvelle espèce de missionnaires qui transportent leurs schémas politiques avec leur sac de couchage. Sur la route de leurs migrations, l’Irlande a récemment cessé d’être le bout du monde,l’île noyée de brume et de bière brune, pour devenir la terre glorieuse, haut lieu de poétique violence et de vertes prairies où les soldats de l’IRA mènent le juste combat. » L’auteur ne se contente pas d’ironiser sur sa propre démarche de « missionnaire  » : « Dans les ghettos ternes des villes du Nord, cernés d’hostilité, quadrillés de commandos anglais, la vie quotidienne n’est exaltante que pour celui qui passe. […] Ici, le soldat est anglais et s’occupe au nom de Sa Gracieuse Majesté des besognes de basse répression, le doigt directement posé sur la détente d’un fusil automatique […]. L’enfant qui s’avance seul dans cet espace découvert pour lui flanquer son pavé sur le crâne est un fils du Bogside, le seul quartier “libéré” de l’Ulster. » « Persécutés par nature, opprimés par système, les catholiques irlandais sont devenus des hommes de ghetto. […] C’est la guerre et ce n’est pas la guerre. Les troupes tirent souvent et c’est le seul pays où l’on ait inventé les balles en caoutchouc, symbole lamentable d’une répression qui cherche à être douce sans y parvenir et laisse pourrir au milieu des ordures un quartier “autogéré” que les parachutistes de l’armée britannique n’ont jamais vraiment cherché à investir. »
Après ce remarquable état des lieux, le témoin conclut par une critique très lucide du soutien aveugle à la lutte armée de l’IRA : « Sous prétexte qu’il voit s’opposer deux fractions du prolétariat, on feint d’ignorer le contenu évidemment religieux et profondément rétrograde du conflit. Parce qu’il nous rappelle notre mauvaise conscience algérienne, on voudrait que l’Irlande ressemble à Bab El Oued. […] Parce que la violence fascine, on la préfère chez son voisin. Parce que les maoïstes croient à la lutte armée, on veut que le fusil brandi devienne le seul garant de la justesse des luttes. […] L’exotisme fait le reste, aidé par une presse qui trouve là du sensationnel quotidien. Et nos amis du People’s Democracy [mouvement trostkyste], au milieu des dangers et de la tension grandissante, s’interrogent sur l’opportunité de soutenir les forces les plus sinistrement nationalistes que l’on puisse imaginer, le tout au nom de la révolution socialiste. »
« La question irlandaise »,
Les Temps modernes, n°311, juin 1972

Articles publiés dans CQFD n°56, mai 2008.


[1] Peter Shirlow and Brendan Murtagh, Belfast, Segregation, violence and the city, ed. Pluto Ireland, 2006.





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