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CQFD N°057


DU CÔTÉ DES COLONIES DE PAPA

KANAKY, C’EST PAS FINI

Mis à jour le :15 juin 2008. Auteur : Iffik Le Guen.
Propos recueillis par Iffik Le Guen.
MEHDI LALLAOUI, avec plus de trente documentaires à son actif, marque le système colonial français à la culotte et lui adresse un carton rouge pour l’ensemble de son « œuvre » en France,en Afrique mais aussi dans le Pacifique. Son dernier opus, Retour sur Ouvéa, donne la parole aux Kanaks indépendantistes qui ont subi la répression des années 80. Trompés par les politiciens locaux et métropolitains, torturés dans leur village et, pour dix-neuf d’entre eux, massacrés à l’issue de la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa, les survivants s’expriment sans haine mais sans rien oublier non plus. Pendant ce temps, tous ceux qui profitent du système colonial et qui continuent d’appeler les exactions de l’armée françaises « le drame d’Ouvéa » aimeraient bien qu’on enterre définitivement cette page sanglante de l’histoire du « caillou ». CQFD ne s’en laisse point conter et passe la balle à Mehdi Lallaoui…

As-tu été étonné des réactions très virulentes, « film militant, d’une violence inouïe, qui ravive les blessures », exprimées dans les principaux médias de Nouvelle-Calédonie suite à la diffusion, le 8 mai dernier, sur RFO, de Retour sur Ouvéa ?
RFO, dont les reportages à l’époque n’ont pas brillé par leur courage, reste inféodée au pouvoir colonial, même si les choses commencent à bouger grâce à l’influence grandissante des indépendantistes au sein de la station. Sur les ondes, surtout avec Radio Rythme Bleu, c’est la voix de son maître, feu le Rassemblement Pour la Calédonie dans la République, de Jacques Lafleur. Le principal quotidien est lui aussi aux ordres et le projet de monter un contre-journal a échoué au bout d’un an.Alors, les puissants, ceux qui possèdent la terre, les mines et les grosses entreprises n’ont pas supporté que mon film passe en première partie de soirée sur tous les écrans calédoniens. Ils ne supportent aucune critique de leur action passée ou présente, ils veulent des réalisateurs de films animaliers et surtout pas des réalisateurs qui questionnent l’histoire et poussent les gens à se réveiller. Je suis un citoyen qui soutient la lutte du peuple kanak pour son émancipation, que ce soit aux côtés de Tjibaou, désigné par ces mêmes puissants comme « terroriste » au moment du massacre d’Ouvéa, ou des syndicalistes de l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des Exploités, qualifiés de « voyous » et de « dictateurs en puissance » par les autorités de Nouméa. Le député sarkozyste Frogier m’accuse de mensonges parce que je ne répercute pas la version des gendarmes pris en otage, parce que je donne, pour la première fois, la parole aux villageois kanaks. Mais à la télévision, on consacre cinq ou six programmes par an aux gendarmes et les indépendantistes kanaks sont toujours présentés comme des terroristes et pas comme des résistants. Qui ment ? Qui laisse les plaies ouvertes ? L’objectivité, comme dit Woody Allen, cela revient-il à consacrer cinq minutes aux Juifs et cinq minutes à Hitler ? Dans mes films, je m’engage en faveur de l’histoire d’un peuple en marche vers sa liberté, je livre ma vision du monde et j’essaye de susciter la compréhension du monde chez les spectateurs.

Dans la soirée consacrée au vingtième anniversaire du massacre d’Ouvéa, France2 a présenté un reportage, Grotte d’Ouvéa : autopsie d’un massacre, très critique sur les agissements des autorités françaises qui, lui, n’a pas été attaqué…
Ma consœur, Élisabeth Drevillon, dissèque un moment précis, les quatorze jours de la prise d’otage, sous l’angle du fait divers, en ne cachant rien des mensonges des politiciens et des généraux, en répertoriant toutes les atrocités commises par l’armée. Mais cela reste limité au temps du fait divers, aussi violent,aussi révoltant soit-il sur le moment. Mon film tente de resituer l’évènement dans un contexte historique et politique, celui d’une lutte de libération nationale qui culmine avec le discours de Roch Pidjo,premier député de Nouvelle-Calédonie à dénoncer explicitement les crimes de la colonisation française devant l’Assemblée nationale en 1983. Ce film permet aux jeunes Calédoniens d’entendre les mots de ceux qui ont marqué la lutte pour l’indépendance alors que le référendum d’autodétermination pointe à l’horizon. C’est surtout cela qui les dérange.

À propos de l’insurrection de 1988,on parle des « Évènements » de Nouvelle-Calédonie comme on parlait des « Évènements d’Algérie ». Pourquoi ce rapprochement ?
Les derniers affrontements entre l’armée française et un mouvement qui revendique la liberté d’un peuple, c’est la guerre d’Algérie. Et, que je sache, on n’a jamais employé les forces spéciales de l’armée équipées de lance-flammes contre les Corses ou les Basques. Les Kanaks connaissent l’histoire de la guerre d’Algérie et quand ils utilisent dans le film le terme de « corvée de bois » pour décrire les exécutions sommaires après la fin des combats,ils savent très bien à quoi ils font référence.

Comment vois-tu l’évolution de la revendication indépendantiste vingt ans après Ouvéa ?
Les choses ne peuvent plus revenir en arrière avec des Kanaks sagement dans leurs tribus et les tenants du pouvoir économique continuant d’amasser d’immenses fortunes sur leur dos, loin des yeux de la métropole et de la communauté internationale. Il y a une prise de conscience dans toute la société calédonienne que les Kanaks existent comme interlocuteurs, qu’ils peuvent être ministres, diriger deux provinces sur trois et la majorité des mairies. Aujourd’hui, on trouve de nombreux Caldoches pour exprimer leur soutien aux Kanaks. Même chez les Wallisiens, utilisés comme gros bras dans les années 80 pour casser les mouvements indépendantistes contre une vague promesse d’emploi et de salaire, les mentalités commencent à bouger. On s’achemine peut-être vers une décolonisation douce et réussie. Mais les provocations fomentées par la droite extrême sont toujours possibles et, actuellement, la répression massive organisée contre le mouvement syndicaliste laisse peu de place au dialogue.

Article publié dans CQFD n°57, juin 2008.






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KANAKY, C’EST PAS FINI
http://damien-thespittoon.blogspot.com/ tavar (ravat nicolas) | 8 janvier 2010 |
Kanaky xxcra,oui il y a eu des abus ,des jeunes filles molestées , des attouchements par des militaires ,des vieux kanaks tabassés a coup de crosse,ha la france joli pays ! La gégene a refonctionné ,bon on vas dire que c’est le passé,mais au les debut des annees 90,c’etait le meme discours,oui bon il y a toujours des abus de partout dans les deux camps quant il y a des guerre civile,mais la france veut pas lacher le morceau,je me rapelle surtout d’un des loyalistes metisses(ceux qui avait fait barrage et abattus le frere a Djibaou et sa famille a tiendanite)assis comme des pachas a l’entree de la boite de nuit le paris (il etait videur)ou il y etait inscrit :interdit aux chiens,interdit au parka,interdit aux dread loques,interdit aux claquettes,autrement dit interdit aux kanaks !
 

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