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CQFD N°059


CHRONIQUE DE GUERRE

PUNIR LES PAUVRES

Mis à jour le :15 septembre 2008. Auteur : Marie Nennès.


« Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et mal foutu » affirmait Max Pécas en 1980 dans un des nanards dont il avait le secret. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a choisi le 30 juin un titre nettement plus euphémique pour une de ces circulaires (sobrement intitulée circulaire 33- 2008) mais le fond du propos reste le même. Signée de son directeur, Frédéric Van Roekeghem, cette circulaire autorise désormais les médecins à porter plainte contre leurs patients bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle), au prétexte de comportements « inappropriés » et afin de « favoriser la compréhension réciproque des droits et devoirs de chacune des parties ». Officiellement, il s’agit pour la CNAM de combattre la discrimination des pauvres et « d’éradiquer les facteurs potentiellement générateurs de refus de soin ». Rappelons que ces refus,selon une enquête réalisée en juin 2006 par le fonds de financement de la CMU, sont le fait d’environ 5% des médecins généralistes et 40% des dentistes et spécialistes. Et qu’à âge et sexe identiques, les bénéficiaires de la CMU, soit 4,5 millions de personnes, sont deux fois plus nombreux que les autres assurés sociaux à souffrir d’une longue maladie. Les pauvres, c’est bien connu, sont des irresponsables. Ils se soignent moins bien et plus tard, quand ils ne peuvent plus assumer en serrant les dents la survie quotidienne. Parmi les griefs admissibles qu’énumère la circulaire, on trouve ainsi « traitements interrompus ou non suivis, retards injustifiés aux rendez-vous, rendezvous manqués et non annulés » ou encore un mystérieux « exigences exorbitantes » (sic). Déjà, rien ne prouve que ces attitudes soient plus le fait des bénéficiaires de la CMU que des autres patients. Ensuite, pour quiconque a poireauté plusieurs heures dans une salle d’attente, le prétexte du retard, par exemple, fleure bon le foutage de gueule. Toutes ces raisons ont conduit une association de médecins, le Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins) à saisir à nouveau la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

Pour Philippe Foucras, un de ses représentants, « c’est révélateur de l’air du temps. Aujourd’hui comme autrefois, au temps des dames patronnesses, le pauvre doit être méritant et savoir rester à sa place. Mais il est consternant que l’assurance maladie solidaire en vienne à autoriser des soignants à porter plainte contre ses assurés, pour tenter de régler des difficultés relationnelles dues à des a priori envers les plus fragiles de notre société. Ces difficultés existent mais ce n’est pas comme cela qu’on les résoudra. » Interrogée sur RMC le 14 août, la ministre de la Santé s’est contentée de déclarer que la circulaire avait été mal comprise. « Nous l’avons très bien comprise, au contraire, rétorque Philippe Foucras. Mais ce n’est pas en stigmatisant les pauvres qu’on les aidera à mieux se soigner. Le problème tient à la sociologie du milieu médical : c’est une profession de riches en contact direct avec les pauvres. Il y a rencontre de classes, donc conflit potentiel. À cela s’ajoute l’impréparation profonde des médecins. C’est très violent pour un soignant formé à sauver des vies de se retrouver en situation d’échec thérapeutique. Et au vu des pathologies rencontrées chez les pauvres et de leur relation au soin, ce n’est pas rare. Au lieu de dépenser du fric en formation pour inciter les médecins à prescrire moins, la Sécu ferait mieux de les former à la prise en charge des populations précaires. » Hélas, cela ne fait pas partie des thèmes prioritaires. Et c’est en silence, parce que bien élevés, que les pauvres sont priés de tomber dans le trou de la Sécu.

Article publié dans CQFD n°59, septembre 2008.






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Confrérie Nouvelle du Tiroir A Claques
| 10 octobre 2008 |

"Vous êtes biens venus au sein de la Confrérie Nouvelle du Tiroir A Claques (CNT-AC). Reprenant à son compte de vieilles pratiques jubilatoires et anarcho-syndicalistes d’action directe et de lutte de classes mais loin de toute action mortifère (« la mort n’éblouit pas les yeux des partisans ») la Confrérie donne à chaque pauvre l’occasion de frapper de la main gauche à chaque fois que son patron le frappe de la main droite. Il n’est, bien sur, question pour nous que d’infliger de salutaires camouflets, des gifles thérapeutiques à tous ceux : possédants, riches, capitalistes, nantis, managers, décideurs et autres gouvernants contre la classe ouvrière qui ont perdu totalement connaissance et, de la réalité économique et de l’assujettissement quotidien dans lesquels ils ont plongé ces salopards de pauvres. La Confrérie pose donc son action comme étant d’intérêt public, d’usage prophylactique, sanitaire et social. Elle ne s’interdit pas de créer, sous sa houlette, des comités de soutien psychologiques voire une Fondation pour les riches victimes de la guerre sociale et ceci en aide aux patrons, riches propriétaires, actionnaires du CAC 40 et autres bénéficiaires de chars à putes dorés fragilisés par les effets collatéraux induits par leurs nuisances contre la classe ouvrière. L’adhésion à la Confrérie est libre et clandestine. Elle se vérifie simplement par la délivrance volontaire d’une cotisation en Actions Claques distribuées à nos bons maîtres. La tenue d’un carnet à souches n’étant pas obligatoire, la délivrance d’une carte d’adhérent se révélant hautement improbable, la Confrérie ne revendique donc aucune représentativité. L’Action Claque se déclinera aussi bien en mouvements alternatifs et énergiques de la main dans la gueule de nos possédants qu’en coups de pied au cul (le bas ventre gardant aussi toute sa valeur boursière), qu’en administration de vexations diverses, atteintes aux biens mobiliers et immobiliers et autres tracasseries précarisant les riches. En tout état de cause, ces Actions seront à l’image et la réplique de ce qui constitue l’ordinaire et le quotidien infligés à nous, connards de pauvres, licenciés, réprimés ou exclus. La Confrérie laisse à chacun de ses adhérents le loisir d’évaluer le montant et la nature de sa cotisation syndicale, au royaume des spéculateurs la fausse monnaie est reine. Pour autant, nous excluons de notre champ d’action toute action morbide ou mortifère, bien sur et surtout du point de vue de la morale ouvrière mais aussi parce qu’il s’avère, de tout temps, que le ridicule et la peur tuent plus sûrement que de funestes pelotons d’exécution dans la pratique desquels nous n’acquerrions jamais l’expertise et l’excellence dont nos ennemis patronaux et étatiques ont toujours su faire preuve à notre égard.

pour la CNT-AC, le sous commandant provisoire ( les mandats syndicaux au sein de la Confrérie restant statutairement rotatifs y compris pour les tâches ménagères),

John Moulinex

à Lyon le 4 octobre 2008".

PUNIR LES PAUVRES
| 26 septembre 2008 |

Sur le principe, faire une circulaire liberticide de la sorte, sur une population sensible, fragile, est un acte franchement douteux.

Cela dit, quand on voit sur le terrain des bénéficiaires de la CMU qui se croient tout permis, et qui abusent d’un système…, oui ça existe mais pas tous, ne généralisons pas, c’est un sujet trop sensible, les « vrais pauvres » sont, il me semble, plus respectueux du système.

Aussi à voir les hôpitaux, où le personnel (soignant médical, etc.) vit sous pression de sa hiérarchie, et de la politique du chiffre, il faut que ce soit rentable.

Or le problème dans un cas comme celui-ci (même si le système n’est pas parfait), permettrait de sanctionner les plus démunis (même si dans le lot il y a des profiteurs) et de faire des économies.

Le grand soucis, et nous revenons à la source, est encore le système libérale tel qu’on le vit actuellement, ou si on pousse le raisonnement c’est la dictature de l’argent (et donc du pouvoir) sur nos vie.

C’est toute la société qui bascule dans ce système économique complètement faussé ou chacun garde sa position, pour son emploi, ses droits, etc., mais où on tue a petit feu le lien social qui tisse et engendre notre société.

On va à l’envers.

PUNIR LES PAUVRES
| 25 septembre 2008 |
De quoi vous vous plaignez ? Ils ont eu le bon gout de ne pas autoriser une injection létale !
 

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