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CQFD N°058



DES SANS-PAP’ DE VINCENNES TÉMOIGNENT

Mis à jour le :15 juillet 2008. Auteur : Marco Pilori.


DIMANCHE 22 JUIN, le Centre de rétention administrative 1 et 2 de Vincennes a brûlé. Joints par téléphone, des « retenus » racontent la mutinerie. « Quand l’ami tunisien est décédé, samedi, ceux du CRA 2 […] se sont énervés,ils ont pensé que c’était par négligence. […] Il disaitÇa va pas, ça va pas”. Et les policiers disaient :“C’est bon, il a déjà vu un docteur.Le problème, c’est que quand vous voyez un docteur, il ne vous donne que des calmants.  » Un autre ajoute : « On criait aux policiers à l’aide. […] Les pompiers sont arrivés après trente minutes. S’ils étaient arrivés vingt minutes avant, il ne serait pas mort. Mais c’est ça la loi d’ici. La loi des portes, la loi des cartes, la loi d’entrée. […] Il a perdu connaissance. Son corps s’est arrêté. C’était fini. » La nouvelle se répand. Le soir venu, après que quelques matelas aient été brûlés, un ultimatum est lancé : « Si vous ne nous libérez pas à midi, on va faire pire que ça ! » Vers 14 h 30, dans le CRA 2, une manif a lieu dans le couloir, en l’honneur du Tunisien décédé. « Les flics nous disaient :Rentrez dans vos chambres”. Mais nous on n’est pas des prisonniers. C’est à ce moment-là qu’ils nous ont gazés.Ça en a énervé certains et ils ont commencé à mettre le feu. » Un flic s’acharne à coup de lacrymo dans une chambre : « On a crié. On lui disait d’arrêter, sinon on allait mourir. Il ne s’arrêtait pas. Il a lancé deux grenades lacrymogènes avant de partir. […] De nos yeux, de notre nez, de notre bouche, sortait le sang. » Évacués dans un gymnase, on les gaze à nouveau. Une vingtaine s’évanouissent. « Ils voulaient nous tuer », nous dira l’un d’eux. Ils sont ensuite traînés dans la cour : « Ils ont commencé à nous frapper. Un ami a été frappé à la tête. Quand on l’a transféré, il y avait beaucoup de sang. » Ensuite, c’est l’attente avant le transfert en bus. En gare de Lyon, « il y avait un TGV,spécialement affrété pour nous. Ils ne voulaient pas nous dire où on allait. Il y avait des gendarmes. Ils ne disaient rien du tout : “On est seulement là pour vous sécuriser.On a parcouru de Paris jusqu’à Nîmes, on ne savait pas où on allait. » Officiellement, ce jour-là, on a compté dix-huit « intoxiqués par les fumées », aucun blessé et cinquante-six évadés. Le lendemain, tous étaient retrouvés : problème de comptage… Et la cinquantaine d’ambulances sorties du CRA réduit en cendres ? Une répétition du défilé du 14 juillet ?

Pour plus d’info : http://www.mediafire.com/ ?qyz2xntj8sz.

Article publié dans CQFD n°58, juilet 2008.






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