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CQFD N°058


À L’ARRACH’

FAUSSES TOMATES ET VRAIS SANS PAP’

Mis à jour le :15 juillet 2008. Auteur : François Maliet.


APRÈS SIX MOIS d’enquête épuisante, les vaillants pandores des Bouches-du-Rhône ont coincé un présumé voyou qu’il était grand temps de passer à la sulfateuse. François Otta, 70 ans, un des plus gros agriculteur-empoisonneur de la zone de Berre l’Étang, produit des tomates soit disant « de Provence ». Soit-disant car, selon la maréchaussée, ce pécore revendait sur le Marché d’intérêt national de Marseille ainsi que dans les centrales d’achat des grandes surfaces des tomates garanties « garrigue et cigales » mais acheté deux fois moins cher en… Espagne ! Le plus drôle, c’est que ce matois est une ancienne figure du syndicalisme agricole local qui tonitruait contre l’importation de tomates produites audelà des Pyrénées. Selon La Provence, ce petit trafic durait depuis une dizaine d’année et porterait sur des centaines de tonnes de légumes. Le 16 juin dernier,notre fière gendarmerie a donc cueilli François Otta sur son exploitation agricole avant de le mettre à l’ombre et en examen pour « tromperie » et « abus de biens sociaux », ainsi que pour « travail dissimulé » et « aide au séjour irrégulier ». Car il va de soit que ce paysan au grand cœur faisait trimer des travailleurs au noir ainsi que des saisonniers sans-papiers. N’écoutant que leur courage, ainsi que les directives du ministre de l’immigration et de l’identité nationale, nos 150 zélés gendarmes ont aussi arrêté 25 ouvriers non déclarés que cette fripouille de François Otta exploitait et logeait à la dure sur ses terres. Dans le lot, on compte des marocains en situation irrégulière. Pour une fois que des militaires se fendent d’une bonne action, l’opération « Calabacin » (« Courgette » en espagnol) commence à sentir le vinaigre… Neuf des étrangers sans papiers qui « dormaient dans les serres » gagnent au passage une procédure de reconduite à la frontière ! Quant aux gendarmes, il ne leur reste plus qu’à plaider l’irresponsabilité. Comme d’habitude.

Article publié dans CQFD n°58, juillet 2008.






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