Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°011
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°011


Tout doit disparaître

Les marées noires en deuil

Mis à jour le :15 avril 2004. Auteur : Arthur.


La nouvelle, tombée le 1er avril, aura réjoui les poissons : la disparition de Roselyne Bachelot, la sirène en tailleur rose qui affolait les fonctionnaires du ministère de l’Ecologie et annonçait la marée socialiste qui a submergé la France. Il s’agit là d’une perte irrémédiable pour les humoristes. En un an à peine, la Bachelot avait rempli l’agenda décennal des chansonniers du théâtre des Deux-Ânes. Les esprits caustiques, inspirés sans doute par leur vulgate gaucho-marxiste, se gaussaient de sa voix grave et chaude de cantatrice en rut. Mais, à n’en point douter, la maritorne valait beaucoup mieux que sa caricature. Un simple rappel de ses exploits suffira à nous en convaincre. A peine installée dans le fauteuil de Dominique Voynet, Roselyne Bachelot s’attaque à l’industrie nucléaire, qu’elle décrit comme la « moins polluante au monde ». Certes, reconnaît-elle sportivement, les atomes crochus peuvent démailler les bas des femmes de petite vertu, mais ça leur apprendra à draguer le pékin sous les murs des centrales nucléaires ! Non, en réalité, on peut sans danger faire jouer les enfants dans les silos de déchets nucléaires, à condition de veiller à ce qu’ils portent bien leurs tabliers de protection en granit. Une fois à l’aise dans son maroquin, Roselyne s’attaque résolument aux ennemis prioritaires de l’écologie, à savoir les écologistes. Ces derniers, comme le savent les lecteurs du Figaro, sont des chevelus mystiques ennemis du progrès et du Medef. Ils geignent sans vergogne devant la moindre marée noire et ne savent que défiler sous des banderoles incompréhensibles, du genre : « Spectateur, ce que tu attends, tu l’as déjà perdu » (traduction crypto-situ du slogan de Jerry Rubin : « Do it ! »). Ce style d’allégation ne saurait démoraliser Roselyne qui s’achète aussitôt un dictionnaire anglais-français à la Manufacture des armes et cycles de Saint-Étienne. Elle tombe illico en arrêt sur une pub de fusil à deux coups et, à l’image de Bernadette Soubirous, trouve sa vocation : défendre les chasseurs calomniés par les défenseurs passéistes des lapins, un animal inutile sauf à la moutarde en gibelotte : salez, poivrez, sans oublier l’estragon, mais je m’égare, revenons à notre mission ministérielle.

« Quand la chasse recule, le Coca-cola avance »

Roselyne, donc, supprime le mercredi sans chasse en pensant qu’il est grand temps d’apprendre aux chasseurs à distinguer un marcassin d’un écolier en classe d’éveil dans la nature. À cette occasion, elle formule une pensée digne de l’almanach Vermot : « Chaque fois que la chasse recule, le Coca Cola avance. » En effet : comment ajuster sereinement son tir quand on a l’estomac rempli de bulles qui font roter ? Alors qu’avec quatre litrons de pinard dans la musette, tu verrais le carton ! Une fois son électorat ragaillardi, Roselyne fait feu sur les écolos : budget des économies d’énergie en chute libre, effet de serre mon cul, plan climat à la poubelle. Titulaire du brevet d’études supérieures du Medef, Roselyne sait faire le distinguo entre le populo ignare et acrimonieux et les patrons savants et obligeants : elle autorise les seconds à péter dans les réunions et à pisser dans les rivières car les vents et les liquides sont des éléments constitutifs de la nature et participent donc aux grands équilibres écologiques. Le grand défi du siècle étant le réchauffement de la planète, Roselyne met en place ce qui restera sa grande œuvre : l’installation de réfrigérateurs avec souffleries incorporées aux huit coins de notre bel Hexagone. Comme ça, pas de jaloux : en Alsace comme en Bretagne, en Catalogne comme au Poitou, tout le monde aura ses 20 degrés l’été, même en cas de canicule. Avouez qu’il fallait y penser ! Dire que les écolos recommandent les économies d’énergie alors que c’est le contraire qu’il faut faire : climatiser la France. Quels crétins ! On n’a pas fini de la regretter. Son successeur, Serge Lepeltier, ex-ambassadeur de l’UMP à Porto Alegre, célèbre pour avoir fumé la pipe de Bové dans un congrès altermondialiste, aura de la biscotte sur la planche s’il veut faire oublier Roselyne. Surtout qu’avec sa moustache de sapeur, il aura du mal à porter le tailleur rose fuchsia de Bachelot, sauf à passer pour un pédé, mais ça, pas question, un chiraquien ne mange pas de ce pain-là !

Arthur

Publié dans CQFD n°11, avril 2004.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |