Fin 1999, Steven Barry, un ancien commando de l’armée
US, rêvait d’« organiser une infanterie skinhead » dans
un article de la revue du groupe néonazi National
Alliance. Sous le pseudo de Joachim Peiper (pas le sergent
de la chanson des Beatles), l’obersturmbannführer de la panzerdivision
Adolf-Hitler incitait ses camarades skins a s’engager
dans l’infanterie, ou mieux dans les Waffen SS, pardon, dans les
Forces Spéciales. Casser du bougnoule ou du pédé le samedi soir,
c’est sympa mais ça ne fait pas beaucoup avancer la cause aryenne.
Optez donc pour l’infanterie, vous pourrez joindre l’utile à
l’agréable. Vous pourrez tuer des sous-hommes à l’étranger et
gagner en plus quelques breloques, moins classes que les insignes
SS mais qui permettent quand même de frimer devant les bouseux
du Midwest. Surtout vous apprendrez tout ce qu’il faut pour
la guerre raciale à venir et le nettoyage ethnique qui suivra. Son
message a été entendu. Au cours de ces dernières années, des milliers
de skins, néonazis et autres suprématistes blancs ont revêtu
l’uniforme de fantassins. Leur infiltration a été facilitée par les problèmes
que rencontre le Pentagone pour recruter la chair à canon
dont il a besoin en Irak et en Afghanistan. Aujourd’hui, les murs
de Bagdad sont recouverts de graffiti d’Aryan Nations, sur des
forums Internet comme Blood and Honour des soldats se vantent
d’avoir tué des « nègres des sables », un des surnoms affectueux
donnés par les GI aux Irakiens. De retour au pays, ces fêlés
du IVe Reich forment leurs collègues à la guérilla urbaine ou à la
fabrication des bombes. Si Barack Obama devient le prochain président
des États-Unis, il devrait éviter d’aller à Dallas…
Article publié dans CQFD n°59, septembre 2008.