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CQFD N°060


CONSEIL DE DISCIPLINE À LA POSTE

PAS COMMODE, LE FACTEUR !

Mis à jour le :15 octobre 2008. Auteur : François Maliet.


ÇA DOIT COMMENCER à les leur briser menu menu,dans les beaux bureaux de la poste Colbert du premier arrondissement de Marseille. La direction espérait bien se débarrasser fissa de Serge Reynaud en lui collant un méchant conseil central de discipline pour faits de grève avec une révocation à la clé [1]. C’était sans compter sur l’opiniâtreté de notre ami facteur. La curée devait avoir lieu le 10 septembre mais les représentants du personnel SUD et CGT refusant de siéger,l’hallali est reporté de quinze jours. Taquin, Serge se pointe à son poste le 11 au matin pour le plus grand plaisir de son receveur ! Ce report au 26 septembre lui permet de peaufiner sa défense, et il se radine frais et pimpant accompagné de son avocat, de deux défenseurs, de deux témoins et d’une centaine de trublions rassemblés sous les fenêtres de la direction parisienne toute sono dehors. « Généralement, un conseil de discipline dure deux heures. Là, nous sommes restés huit plombes, plus une de délibération » raconte le Serge, fatigué mais goguenard. La petite troupe a démonté ligne par ligne le dossier à charge fomenté par sa hiérarchie avant que le jury ne se retire pour délibérer. De révocation, il ne sera pas question. Mais si les quatre représentants du personnel n’ont demandé que deux petites semaines de mise à pied (petit chenapan, va !), les quatre cols-blancs n’ont pas mégoté avec deux ans de suspension requis (une dernière cigarette ?). Le vote ne fit que confirmer la tendance : quatre partout, Serge au centre. Et alors ? Et alors la parité bat son plein : la direction décidera seule, en son âme et bidet, s’octroyant de surcroît quinze jours de rab pour annoncer la sentence définitive. « Bizarrement, il n’y a pas eu de compromis possible entre les deux propositions, ce qui laisse à penser que la décision des cadres était déjà prise », souligne le Serge. À l’heure où nous mettons sous presse, notre facteur ne sait toujours pas à quelle sauce il sera viré. En attendant, l’espiègle est de retour dans son bureau de poste, pour la plus grande jubilation de son receveur. « Ce n’est pas fini puisque une fois le résultat connu, je leur colle un référé, poursuit l’ami. De plus, j’ai déposé plusieurs plaintes au pénal : pour faux témoignage contre deux cadres, pour nondéclaration de la vidéosurveillance à la Cnil et constitution illégale d’un fichier contre la Poste. » C’est ça, mordre et tenir, non ?

Article publié dans CQFD n°60, octobre 2008.


[1] « Bouge de là avec la Poste », CQFD n°59, septembre 2008.





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