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CQFD N°060


EXPLOITATION CONTRARIÉE

DELHI DE SOLIDARITÉ

Mis à jour le :15 octobre 2008. Auteur : Gilles Lucas.

Délocaliser, c’est plus ce que c’était ! Les sous-prolétaires de la mondialisation se rebiffent. De quoi donner des idées de ce côté-ci de la ligne de partage des richesses ? Enquête exclusive de la cellule investigations de CQFD auprès d’organisations représentatives.

RAPPEL DES FAITS : le 23 septembre à Noida, dans la banlieue de Delhi (Inde), des ouvriers licenciés pour avoir réclamé de meilleurs salaires et des contrats à durée indéterminée lynchent le directeur de leur usine, propriété d’une filiale de l’entreprise italienne Graziano Trasmassioni. Très ému, le ministre indien du Travail déclare : « Les travailleurs doivent être traités avec compassion. Ils ne doivent pas être poussés à bout, au point qu’ils fassent ce qui s’est passé à Noida. » Puis, réconfort des investisseurs étrangers oblige, il est contraint à de plates excuses (Le Monde du 25/09/08).

« Allô, allô ! Ici la cellule de sondages scientifiques de CQFD »… « Le lynchage ! On n’est pas sur ces options-là. Ce n’est pas quelque chose qu’on revendique. Nous, c’est le dialogue social… Il est vrai que les salariés sont poussés à bout, qu’ils sont exaspérés. Mais en tant que syndicalistes nous ne sommes pas dans cette perspective. On n’arrive à rien avec des positions de ce style. Nous faisons justement tout pour éviter ce genre de situation », déclare un représentant alsacien de la CFDT. « Il faut reconnaître que les gens sont poussés à bout. C’est normal qu’ils soient en colère. Mais, ce n’est pas notre stratégie. C’est vrai que plus ça va, plus on se rapproche des jacqueries. Regardez ce qui se passe déjà dans les banlieues ! Nous, nous sommes dans l’action responsable. On ne peut ni encourager, ni initier des choses pareilles. Mais bon ! Cette histoire me rappelle mon pote François quand il me disait que je me plantais avec mon syndicat et que les patrons, il faut tous les tuer. Je rigole, mais c’est vrai qu’en Inde, il y en a qui n’ont pas molli… », s’épanche un représentant cégétiste de Haute-Bretagne. « Je ne peux vous passer personne. Surtout un vendredi ! C’est désert », se désole une employée auvergnate de l’Unsa. « Je ne suis pas très loin du point de vue du ministre indien. Évidemment, nous ne prônons pas ce genre d’activité. Mais c’est vrai que cela révèle le degré d’exploitation dans lequel les salariés sont tenus. On vit dans un monde de violence sourde, de violence au quotidien, et c’est logique qu’il y ait des actes de violence en retour. C’est comme les salariés de cette fonderie proche d’Angers qui, au mois de septembre, menaçaient de tout faire sauter. Les raisons de la colère, on peut les comprendre », répond Annick Coupé, porte-parole de Solidaires. «  Désolé, il n’y a personne. Tous les représentants sont au congrès ! », s’excuse la standardiste nantaise de Force ouvrière. « Ça me paraît excessif. Je comprends ce débordement, mais je ne le partage pas. Les individus ont des limites. Mais le rapport de force est nécessaire. La violence est un mal nécessaire. Faute de quoi, on est dans la soumission totale. Faire un communiqué à propos de cette affaire ? Pourquoi pas ! Je vais en parler avec mes collègues pour savoir si on peut rendre publique une position », explique posément un secrétaire occitan de la CFTC…

Craignant qu’un de ses interlocuteurs ne prône ouvertement, et en laissant ses coordonnées, pillages, meurtres et vengeance sociale, notre cellule de sondages a préféré suspendre là ses investigations…

Article publié dans CQFD n°60, octobre 2008.






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