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Sommaire du N°062
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CQFD N°062



LES BRÈVES DU N°62

Mis à jour le :15 décembre 2008. .

Relance
80 millions d’euros en bijoux chouravés, le 4 décembre, sur l’avenue Montaigne de Paris, ce nid de fesses fripées et de tronches liftées. Assis sur leurs alarmes high-tech, caméras infrarouges, détecteurs de chaleur et tout le saint-frusquin, les clones de sécurité n’y auront vu que du feu. En ces temps de dégradation boursière et de course à la valeur sûre,voilà quelques bouées en métal précieux qui viennent de couler à pic. Et ça ajoute aux soucis du moment une autre inquiétude sur la paix des coffiots et de la joncaille. Il y a, pourtant, au moins deux raisons de se réjouir : cet escamotage devrait contribuer à la relance de la consommation pour une poignée de membres des classes moyennes et populaires et puis ça fait revenir la confiance en la créativité humaine…

Foutage de gueule
PSA, Bridgestone, Renault, Toyota, Valeo, Faurecia, Michelin, Molex, ArcelorMittal, Arkema, Rhodia, Henkel, Bata, La Redoute… sont en train de mettre en chômage technique des dizaines de milliers de salariés. Si ceux-ci n’acceptent pas de récupérer leurs RTT ou de prendre leurs congés payés de force, ils ne toucheront que 50% de leur salaire. Ce qui fait du 4,43 euros de l’heure pour un smicard… Selon un accord interprofessionnel datant de 1968,si la période chômée dépasse 600 heures par an,on bascule aux Assedic. Mais le reptilien de l’Élysée va réformer ça ! Il veut augmenter les chômeurs techniques –super !–,à condition que l’arrêt forcé minimum soit porté « à 800,voire 1000 heures dans les secteurs les plus en dificulté. » Le rat !

Populaire
Antonio Ferrara et ses amis ont réussi, le 20 novembre, la prouesse, après celle de s’être évadés de la prison de Fresnes, d’imposer aux jurés de la cour d’assises une visite des geôles installées dans les sous-sols du palais de justice de Paris. D’habitude, le jury « populaire » n’a droit qu’aux seuls sons de cloche des juges et des policiers, tout empreints de probité. Mais pour le coup, il aura eu l’occasion de découvrir de quelle façon sont traités les détenus dans le même temps où, sous les ors de la République, leur dossier est ventilé avec le plus total mépris. Exiguïté, manque d’air et de lumière, excréments, rats, rambos surarmés : une véritable leçon de choses.

Ça cogne et ça bruisse
« Si on était au Chili, la tête de vos élèves serait sous nos bottes », lance un CRS à une prof du lycée Montgrand, à Marseille. La cour, en proie à une juvénile contestation, vient d’être dégagée à la matraque, à la demande du proviseur. Jeudi 4 décembre, malgré les menaces de sanction, une centaine d’établissements du département ont connu une « veillée des écoles ». Hors temps scolaire, parents, enseignants et enfants ont partagé repas froid et chaudes idées sur comment résister à Darcos. Hors syndicat, des dizaines d’instits envoient des lettres de désobéissance à leur hiérarchie, revendiquant une opposition pratique aux mesures de casse et de flicage. La « veilléedes écoles » a fini en manif nocturne, au flambeau, et ça promet un beau janvier.


Relance
80 millions d’euros en bijoux chouravés, le 4 décembre, sur l’avenue Montaigne de Paris, ce nid de fesses fripées et de tronches liftées. Assis sur leurs alarmes high-tech, caméras infrarouges, détecteurs de chaleur et tout le saint-frusquin, les clones de sécurité n’y auront vu que du feu. En ces temps de dégradation boursière et de course à la valeur sûre,voilà quelques bouées en métal précieux qui viennent de couler à pic. Et ça ajoute aux soucis du moment une autre inquiétude sur la paix des coffiots et de la joncaille. Il y a, pourtant, au moins deux raisons de se réjouir : cet escamotage devrait contribuer à la relance de la consommation pour une poignée de membres des classes moyennes et populaires et puis ça fait revenir la confiance en la créativité humaine…

Foutage de gueule
PSA, Bridgestone, Renault, Toyota, Valeo, Faurecia, Michelin, Molex, ArcelorMittal, Arkema, Rhodia, Henkel, Bata, La Redoute… sont en train de mettre en chômage technique des dizaines de milliers de salariés. Si ceux-ci n’acceptent pas de récupérer leurs RTT ou de prendre leurs congés payés de force, ils ne toucheront que 50% de leur salaire. Ce qui fait du 4,43 euros de l’heure pour un smicard… Selon un accord interprofessionnel datant de 1968, si la période chômée dépasse 600 heures par an,on bascule aux Assedic. Mais le reptilien de l’Élysée va réformer ça ! Il veut augmenter les chômeurs techniques –super !–,à condition que l’arrêt forcé minimum soit porté « à 800, voire 1000 heures dans les secteurs les plus en dificulté. » Le rat !

Populaire
Antonio Ferrara et ses amis ont réussi, le 20 novembre, la prouesse, après celle de s’être évadés de la prison de Fresnes, d’imposer aux jurés de la cour d’assises une visite des geôles installées dans les sous-sols du palais de justice de Paris. D’habitude, le jury « populaire » n’a droit qu’aux seuls sons de cloche des juges et des policiers, tout empreints de probité. Mais pour le coup, il aura eu l’occasion de découvrir de quelle façon sont traités les détenus dans le même temps où, sous les ors de la République, leur dossier est ventilé avec le plus total mépris. Exiguïté, manque d’air et de lumière, excréments, rats, rambos surarmés : une véritable leçon de choses.

Ça cogne et ça bruisse
« Si on était au Chili, la tête de vos élèves serait sous nos bottes », lance un CRS à une prof du lycée Montgrand, à Marseille. La cour, en proie à une juvénile contestation, vient d’être dégagée à la matraque, à la demande du proviseur. Jeudi 4 décembre, malgré les menaces de sanction, une centaine d’établissements du département ont connu une « veillée des écoles ». Hors temps scolaire, parents, enseignants et enfants ont partagé repas froid et chaudes idées sur comment résister à Darcos. Hors syndicat, des dizaines d’instits envoient des lettres de désobéissance à leur hiérarchie, revendiquant une opposition pratique aux mesures de casse et de flicage. La « veilléedes écoles » a fini en manif nocturne, au flambeau, et ça promet un beau janvier.

Flux mortifères
Le 10 novembre, le train qui convoyait cent vingt-trois tonnes de déchets nucléaires de La Hague (France) à Dannenberg (Allemagne), où les déchets sont entreposés, est « arrivé à bon port ». Et ce malgré les efforts des militants antinucléaire allemands pour bloquer ce 11e convoi d’enfer. Ils étaient 16000 à manifester à Gorleben, village proche du site de stockage. Le trajet aura duré 80heures. L’émission de neutrons mesurée autour des wagons s’est révélée cinq cents fois supérieure à la normale. En France, où les frontières et le cerveau des experts sont absolument imperméables, aucune alerte, ni le moindre accrochage, n’ont été à déplorer…

Ruines grecques
La Grèce brûle. « C’est la rage de tout un peuple », résume un vieil homme devant les caméras. Le 7 décembre, à Athènes,un flic a abattu un gamin de quinze ans. Contre le mépris et l’impunité, des milliers d’émeutiers ont envahi les rues d’une douzaine de villes du pays. Objectifs immédiats : la police, bien sûr, mais aussi les futurs vestiges du décor contemporain (MacDo, banques, boutiques de luxe). Ces troubles sont les plus importants qu’ait connu l’Europe depuis le soulèvement des banlieues françaises en novembre 2005. Le retour de l’Isegoria, cet antique droit sacré qui permet à chaque citoyen d’exprimer publiquement ce qu’il a sur le coeur, donne l’occasion de dire, même de loin, au moins un mot : chapeau !

Enseignement de l’ignorance
Début décembre,élèves et professeurs amorcent une série de blocages dans les lycées agricoles. Motif des protestations : restrictions budgétaires, fermetures de classes, précarité de certains agents et puis, c’est marrant… suppression d’options facultatives comme l’enseignement de l’écologie. Les techniciens de l’alimentaire devront à l’avenir s’en tenir aux seules instructions et autres desiderata des multinationales de l’agrochimie. L’écologie ? Il y a des ministères pour ça !

Le Rom invisible
Le courant passe entre le nouveau préfet de région,Jacques Gérault, (ancien dircab de Sarko quand il n’était que chef des flics) et le maire PS de Lyon, Gérard Collomb. L’un se réjouit des reconduites à la frontière qui ont permis de réduire le nombre de Roms de 1400 à 150, tandis que l’autre se refuse à organiser tout accueil décent pour ne pas « créer un appel d’air ». Pour les intéressés, 800 selon l’aveu même des services municipaux, la seule solution est de s’éparpiller entre parcs publics et squats, histoire de ne pas trop déranger le train-train des Lyonnais. Et de vérifier plusieurs fois par jour un proverbe de leur pays : « Si en France tu veux aller aux chiottes, va d’abord à la préfecture retirer un certificat d’envie de pisser. »

Abolition du salariat
Selon le Bureau international du travail, « les salaires devraient décliner dans un grand nombre de pays, y compris dans les principales économies. De manière générale, la croissance [sic] des salaires dans les pays industrialisés devrait [passer] de 0,8% en 2008 à 0,5% en 2009 ». Et ce après une sombre « décennie pendant laquelle les salaires n’ont pas progressé au même rythme que la croissance économique ». Crise financière, récession, inflation, etc.
L’économie mondiale nous promet une période illimitée de vaches maigres et de serrage de ceinture pour les uns, et de plus-value sur le surtravail non payé pour les autres. Plutôt que de se gâcher la vie à combler un puits sans fond, on pourrait passer directement à la suite, non ?

Article publié dans CQFD n°62, décembre 2008






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