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CQFD N°005



FUMEL : QUAND LES CHÔMEURS FONT LE BOULOT DE L’ÉTAT

Mis à jour le :15 octobre 2003. Auteur : Charles Jacquier.


En mars 1999, des chômeurs et des précaires d’AC ! mettaient provisoirement hors service l’incinérateur d’ordures ménagères de Fumel (Tarn-et-Garonne). Depuis son démarrage en 1986, cette installation n’avait jamais respecté les normes en vigueur. L’absence de filtres aux cheminées entraînait des rejets d’acide chlorhydrique d’un taux de 230 (pour un maximum de 100) et des éruptions de poussières cinq cents fois supérieures au niveau autorisé. Les riverains vivaient dans un brouillard de poussières toxiques et d’odeurs nauséabondes. Malgré d’innombrables courriers aux pouvoirs publics, restés sans suite, l’incinérateur continuait à crachoter en toute illégalité. Devant tant d’indolence, des militants de Bordeaux et de Clermont-Ferrand décidaient de se retrousser les manches et de venir occuper l’usine, en soutien à l’un de leurs copains, riverain de l’incinérateur. Au cours de la nuit, ils mettaient l’installation hors d’état de nuire. Cette action de salubrité publique a valu à quatorze chômeurs d’être mis en examen et à cinq d’entre eux d’aller en taule sans jugement. Soumis à un contrôle judiciaire draconien (pointage quotidien à la gendarmerie, interdiction de se rencontrer, de fréquenter le milieu associatif), ils ne cessent pas la lutte pour autant : en décembre 1999, ils portent plainte contre le gérant de l’incinérateur pour, entre autres, « déversement de substances dans les nappes phréatiques ». Aujourd’hui, ce dossier est toujours à l’instruction. Les analyses complémentaires prennent du temps… Il en a fallu beaucoup moins pour déférer les empêcheurs d’empoisonner en rond. Le 17 septembre, ils étaient six à comparaître devant le Tribunal d’Agen. La foudre aux dents, le procureur a fustigé des « comportements antidémocratiques qui peuvent nous mener à la catastrophe » - celle de ne plus respirer un air qui pue. Le ministère public a fait aussi valoir que les actions directes non-violentes étaient « beaucoup plus inquiétantes que la dioxine ». C’est vrai que la dioxine, elle, s’attaque aux pollués plus qu’aux pollueurs. Le proc a donc requis trois à neuf mois de placard, dont huit avec sursis pour ceux qui avait déjà tâté de la préventive. Lors du rassemblement de soutien, José Bové a plutôt bien résumé la nature du crime reproché aux prévenus : « ils se sont substitués à l’Etat, incapable d’imposer la mise aux normes de l’usine et donc incapable d’assurer la protection des populations riveraines ». Où allons-nous si les chômeurs font le boulot que l’Etat n’assume pas ? Jugement le 19 novembre.

Pour tout contact et soutien : ac63@altern.org






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