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CQFD N°064


COUP D’ÉTAT POPULAIRE ?

MADAGASCAR SE GLOBALISE

Mis à jour le :18 février 2009. Auteur : Rémi Carayol.


endredi 6 février, après une semaine de troubles sanglants, l’ambassadeur US à Antananarivo a déclaré qu’« il ne faut pas mélanger intérêt privé et intérêt public ». Ce qui a été reçu comme un lâchage du président Marc Ravalomanana. Jusqu’alors, le « petit Berlusconi » jouissait du soutien des États-Unis, son profil ayant tout pour plaire chez les fans du rêve américain. Arrivé au pouvoir en 2002, cet homme d’affaires spécialisé dans les produits laitiers a depuis diversifié ses activités. Il s’enrichit dans l’import- export, notamment de pierres précieuses et de produits de première nécessité. Il possède aussi une télé, ce qui lui permet, en muselant la chaîne publique, d’éviter toute critique. Ce bon élève de la mondialisation à la cosaque a pourtant provoqué une vague de mécontentement qui traverse toute la société : Les pauvres, mais aussi les classes moyennes et les entrepreneurs touchés par la concurrence déloyale des boîtes du Président. C’est le cas de la Savonnerie Tropicale, fabricant de savon autochtone mis à mal par l’importation de savon étranger par M. le président…

De plus en plus autoritaire, Ravalomanana a voulu fermer la télé municipale d’Antananarivo à la mi-décembre, ce qui a provoqué un tollé, instrumentalisé par le maire, un jeune loup pressé surnommé « Andry TGV ». Le samedi 24 janvier, près de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale en conspuant le Président. Le lundi suivant, autre manif, cette fois-ci accompagnée de pillages et d’incendies de commerces, en particulier ceux de la chaîne Magro, appartenant à Ravalomanana. On déplore une centaine de morts, la majorité dans les incendies. La foule prend la télé officielle d’assaut, la police tire et tue. Le maire déclare vouloir destituer le Président et changer de république. Le Président réplique en destituant le maire. Samedi 7 février, 20000 partisans du maire manifestent. Le cortège essuie des coups de feu tirés depuis le palais présidentiel. On relèvera une trentaine de morts et plus de deux cents blessés. On a visé les têtes, pour tuer. L’ONU envoie un émissaire. Andry « TGV » ne prône aucune rupture avec l’ultralibéralisme actuel. Il est lui aussi un homme d’affaires ambitieux, entré en politique en 2007, surfant sur le discrédit des « dinosaures  » de la politique nationale. La situation actuelle peut dégénérer en « coup d’État populaire » permanent, comme les huit mois de troubles qui provoquèrent la chute du régime « socialiste » en 1992.

Article publié dans CQFD N°64, février 2009.






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