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CQFD N°064


VA Y AVOIR DU SPORT

ILS SONT VERTS MES JO !

Mis à jour le :18 février 2009. Auteur : Basile Pevin.

Bienvenue dans le grand concours de la candidature française pour les jeux Olympiques de 2018 : quatre joueurs (Annecy, Grenoble, Pelvoux et Nice), un panel de techniques traditionnelles (lobbying, mensonges, propagande) et une nouvelle épreuve : le marketing écolo.

ONNAISSEZ-VOUS le « plus-développement-durable-que-moi-tu-meurs  » ? Très en vogue depuis le Grenelle de l’environnement, cet éco-challenge se surpasse dans la course à la candidature pour les jeux Olympiques de 2018. Écoutez ça : Grenoble présenterait une « candidature de l’innovation et du développement durable avec un concept novateur de Jeux sans carbone et sans voiture », tandis qu’Annecy propose un show « zéro carbone » et aimerait « que les Jeux de 2018 fassent entrer Annecy et la Haute-Savoie dans les objectifs du facteur 4 [1] d’ici 2050 ». Pour Pelvoux, ce sera « la candidature nature, assurément écologique » marquant un « retour aux sources », alors que du côté de Nice, on veut « placer l’organisation de cet évènement sous le signe de l’écologie et du développement durable » !

Un des candidats osera-t-il promettre que l’or, l’argent et le bronze des médailles seront issus du commerce équitable ? Ou que les billets d’avion soient imprimés sur papier recyclé ? Pourtant, leur vert tourne vite au gris. Les exemples de tartuferie écologique sont légions. Ainsi, début décembre 2008, Grenoble a organisé des « Jeux de neige » pour promouvoir sa candidature,important des tonnes de neige depuis les stations dans des poids lourds pas franchement labellisés haute qualité environnementale. Annecy compte sur l’accueil des JO pour accélérer des projets largement Grenello-incompatibles (comme on dit à Greenpeace), tels que le doublement du contournement routier de la ville ou le percement d’un tunnel sous le Semnoz. Du côté de Nice, on envisage de créer ex nihilo une piste de descente dans un secteur boisé et l’on fait la promo des déposes en hélicoptère à Castérino. Quant à Pelvoux, petit village des Hautes-Alpes, sa candidature implique un « désenclavement » de la région, c’est-à-dire plus de routes, donc plus d’attractivité, donc plus de béton et une accélération de la colonisation de l’espace montagnard entamée par l’avènement des stations depuis les années 1970. Car, comme le dit Gilles Dumolard, président de la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble et ardent défenseur de la candidature locale : « Les JO, c’est le BTP, c’est les infrastructures routières ! » (France 3, 9/09/08).

Des JO peuvent-ils être écologiques ? Comment faire venir des dizaines de milliers de spectateurs de l’autre bout de la planète sans « alourdir le bilan carbone » ? Comment accueillir tout ce beau monde sans construire des infrastructures inutiles par la suite ? Et si l’expression « JO verts » était un oxymore aussi vain que « roue carrée » ou « France terre d’accueil » ? C’est en tout cas ce que pense le Comité anti-olympique (CAO) [2] de Grenoble, fustigeant tout autant l’hypocrisie écologiste, la corruption du Comité olympique international (CIO), l’obsession sécuritaire qu’imposent les Jeux, la gangrène du sport professionnel par la dope et la triche, ou la complicité de « l’idéal olympique » avec les dictatures, de Berlin 1936 à Pékin 2008. Dans l’épreuve d’occupation de la rue, le CAO a gagné : le 5 décembre, une parade antiolympique de quatre cents personnes est parvenue à faire annuler une parade pro-JO. Même en terrain virtuel, les anti-JO ont remporté la médaille d’or : des petits malins sont parvenus à détourner l’adresse Internet de la mairie et à envoyer un faux communiqué aux médias, annonçant le retrait de la candidature. À tel point que, alors que le choix de la ville française se fera le 18 mars prochain, les promoteurs officiels ont dû, le 13 janvier, se réfugier à Paris pour présenter les sites retenus.

Article publié dans CQFD N°64, février 2009.


[1] Facteur 4 : objectif d’économie d’énergie et de diminution des émissions de gaz à effet de serre.

[2] www.cao38.eu.org.





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