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CQFD N°064


LES VIEUX DOSSIERS D’IFFIK

AU SERVICE SECRET DE SA SAINTETÉ

Mis à jour le :18 février 2009. Auteur : Iffik Le Guen.


Benoît XVI, alias Joseph Ratzinger, aura attendu quatre ans avant de tendre la main aux intégristes de la Fraternité Saint Pie X de Mgr Lefebvre. Hélas, les récents vagissements négationnistes d’un certain évêque Williamson ont remis sous de malséants projecteurs l’idéologie rance de cette congrégation. Alors, Saint Pie X, une secte millénariste persuadée qu’Audrey Tautou, fruit des amours interdites entre le Christ et Marie-Madeleine, va venir juger les hommes ? Point du tout : un ramassis de schismatiques à l’extrême droite du Père, du Fils et du Saint-Esprit errant à travers les ténèbres d’une époque sans dieu. Mais qui était donc ce Pie X ?
Le cardinal Giuseppe Melchiore Sarto est élu souverain pontife en 1903 et, à l’orée d’un nouveau siècle fortement influencé par les idées socialistes et anticléricales, il se fait le champion d’un retour en force de l’Inquisition.Il crée le service de contre-espionnage du Vatican, le Sodalitium Pianum (Association de Pie ou SP) qui va avoir comme première mission de traquer, au sein du clergé, tout ce qui peut ressembler à un début de discours moderniste. Le SP, en fait, vient compléter le service d’espionnage papal ou Sainte-Alliance, monté par un autre Pie (V, celui-là) au siècle où l’Europe du Nord s’entichait des prêches enflammés de la Réforme. En ces temps troublés, tous les coups étaient permis : bien sûr, on organise de vastes réseaux d’espions, on encourage la délation à tout va mais,aussi,on recrute des tueurs patentés parmi de mystérieuses sociétés secrètes (sur le modèle de la secte des Assassins), on entraîne des forces spéciales de jésuites aptes à renverser les régimes ennemis, on utilise la dague et l’explosif dans le cadre de véritables missions suicides. Cet arsenal de coups tordus, mal nécessaire à la gestion des affaires temporelles, a rarement provoqué de crise de conscience chez les papes qui se sont succédé jusqu’à aujourd’hui. D’ailleurs, ni la SA ni la SP n’ont eu de statuts, membres ou budgets officiels.
Pourtant, dès 1865, la SA est un service de renseignement composé de professionnels aguerris à toutes les techniques d’analyse et de traitement de l’information, de cryptage et décryptage d’une incroyable masse de documents sur tout ce qui peut intéresser la politique de l’Église catholique à travers le monde. Son personnel est un aréopage bigarré d’ecclésiastiques et de contractuels, de fanatiques et d’aventuriers.

Délateur pour Mussolini

Le premier patron du SP, un certain Mgr Umberto Benigni, à force de surveillance et de filatures, d’infiltration et d’intoxication, réussit à créer un tel climat de suspicion généralisée que toute la Curie romaine finit par être paralysée. Le successeur de Pie X le condamnera à la disgrâce, et notre prélat de se recycler comme délateur, au Vatican, pour le compte des services secrets de Mussolini. Après la Première Guerre mondiale, les espions de Sa Sainteté se consacrent corps et âme à la contention du bolchevisme. Un département spécial voit le jour au sein de la SA, le Russicum, dont les agents (en soutane ?) sont entraînés par des officiers polonais aux techniques du parachutisme en cas de largage massif sur le territoire de l’URSS !
Les relations des services du Saint-Siège avec le régime nazi se traduisent par un soutien indéfectible aux oustachi croates d’Ante Pavelic contre les Serbes, les juifs et les gitans. C’est d’ailleurs avec la complicité des anciens criminels de guerre croates que la SA organise le réseau Odessa pour exfiltrer les Barbie, Eichmann et Mengele vers l’Amérique du Sud. Aveuglé par sa peur du rouge et son désir de refaire des Balkans une terre catholique – à moins qu’il ne s’agisse de faire main basse sur les biens juifs livrés par les fuyards – Pie XII laisse tout passer, y compris Vaernet, le Mengele danois qui prétendait « soigner » l’homosexualité avec des injections massives de testostérone. Ce même Pie XII dont Ratzinger veut négocier la béatification avec le gouvernement israélien… Après l’intermède progressiste de Vatican II (1962) qui voit la mise en sommeil des opérations de la SA, les affaires reprennent, avec toujours une nette préférence pour l’anticommunisme primaire (Solidarnosc) et le soutien aux dictatures militaires de droite (trafic d’armes avec l’Argentine). Aujourd’hui SA et SP sont réunis au sein du même organisme, « l’Entité », et les caves du Vatican conservent encore de bien funestes secrets.

Article publié dans CQFD N°64, février 2009.






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