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Sommaire du N°065
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CQFD N°065


FAUX AMI

LA JOURNÉE D’ACTION

Mis à jour le :16 mars 2009. .


C’est un mystère aussi épais que la théorie du chaos : la France compte 300 fromages qui puent mais seulement un jour de grève générale. Comme un rayon cosmique réglé par l’espace- temps, la « journée d’action » vient baliser l’itinéraire des manifs tous les deux mois : le 27 novembre, le 29 janvier, le 19 mars… Ici, en France métropolitaine, où le dialogue social est autrement plus enraciné que dans nos bouillantes colonies, on ne mène pas des grèves victorieuses qui durent six semaines, comme en Guadeloupe. Et, à supposer qu’on obtienne une miette, on ne va surtout pas occuper les boîtes et les chefferies pour veiller à son application, ainsi que le font les militants du LKP. Nous, quand on conquiert un droit comme, par exemple, le droit des chômeurs à vivre décemment, on le laisse partir en sucette presque sans mot dire, avec réalisme. Ah, ça, nos intérêts sont bien charriés par Thibault, Chérèque et Bailly, les trois mulets asthmatiques des journées d’action [1].

Il est vrai que les syndicalistes guadeloupéens – racistes envers leurs employeurs békés, qui ont pourtant tenté de les civiliser ! – manient une langue moins soyeuse que la peau de chamois de Force ouvrière, qui déclarait le 20 février, au moment où l’État français chiait dans son froc à l’idée que Pointe-à-Pitre fasse des petits de Lille à Marseille : « Les annonces du Président de la Rrépublique sur l’Outre-mer constituent une étape dont les responsables syndicaux antillais auront à estimer si elles sont de nature à satisfaire les revendications. » Prends ça dans les dents, grand capital, et vive la solidarité !
Et puis le porte-parole du LKP, Élie Domota, ne se tape pas des gueuletons avec Nicolas Sarkozy, une corvée que François Chérèque, lui, exécute avec brio. Dans un livre d’entretiens désopilant (Si on me trouve…, Albin Michel, 2008), le tribun de la CFDT raconte « la première fois » qu’il a déjeuné avec le chef de l’État. C’était le 23 août 2007 au Violon d’Ingres, un restaurant parisien apprécié des syndicalistes de combat pour son foie gras de canard brioché et sa gelée au pinot noir. Durant le repas, se souvient Chérèque, Sarkozy « fait sans arrêt des réflexions sur ce que mange l’autre. […]“Eh, vous mangez bien !”, me dit-il. Alors qu’il a un bon coup de fourchette, lui aussi. […] Je prends un dessert. Et il recommence ses remarques, une fois, deux fois… Du coup, j’ai pensé aux photos de ses vacances, dans sa barque sur le lac de Wolfeboro aux États- Unis, parues deux semaines auparavant dans Paris-Match et je l’ai un peu chambré :“Ecoutez, vous m’embêtez,moi je n’ai pas besoin de me faire retoucher les bourrelets sur les photos !” Il était plié de rire. » Parce que nous, en France métropolitaine, on n’a pas que des journées d’action, on a aussi les boute-en-train qui vont avec. Et même qui marchent devant.

Et nous,en plus, on a Bernard Thibault. Pas celui de « un ti bo, deux ti bo,trois ti bo doudou », mais le vrai, l’inexpugnable. Celui qui fouette le sang des travailleurs en assurant, dix jours avant la journée d’action du 19 mars : « Notre objectif est de parvenir à une mobilisation qui soit au moins équivalente à ce que nous avons fait en janvier. » Ah mais c’est qu’il n’oublie pas sa calculette, le Thibault doudou ! Faut tenir les chiffres et remplir les quotas, ça réchauffe le cœur au moment de la négo ! C’est d’autant plus vital que ce soir-là, les millions de manifestants seront priés de rester chez eux, le loyer en souffrance et le ventre à découvert, à attendre la prochaine journée d’action.

Article publié dans CQFD n°65, mars 2009, actuellement en kiosque.


[1] « Le LKP ne ressemble en rien aux syndicats de métropole, autrement constructifs et responsables  », flatte à l’encolure Laurence Parisot dans Aujourd’hui-Le Parisien, le 9 mars 2009. Et Alain Minc cajole, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le 8 mars : « J’ai la plus grande admiration pour le travail que fait actuellement Bernard Thibault à la tête de la CGT. »





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LA JOURNÉE D’ACTION
Momo | 5 avril 2009 |
Syndicats divisés (8 fédérations pour même pas 8% de salariés syndiqués), massivement subventionnés par l’Etat et le MEDEF, aux directions idéologiquement domestiquées (sauf SUD, quelques archéos de la CGT)… Heureusement que de nombreux syndicalistes, à la base, montrent plus de courage que leurs patrons ralliés à la trahison de classe, la non-représentativité et les discours de contorsion. LA JOURNÉE D’ACTION
lumière noire | 18 mars 2009 |
Pour ma part, les kermesses stériles j’en ai un peu ras le c.. Les moyens de se révolter sont ailleurs.
 

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