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CQFD N°065


LES AVENTURES DE LA GENDARMERIE TOULOUSAINE

MISE EN BOÎTE DE PANDORES

Mis à jour le :16 mars 2009. Auteur : Eric Dourel.


« DES GENDARMES qui joueraient aux cow-boys pour un vol de cartable ? Ça m’étonnerait ». Le capitaine de la gendarmerie du Mirail, à Toulouse, n’y croit pas une minute. N’empêche que lorsqu’il reprend contact quelques heures plus tard, le ton n’est plus le même. « Bon, effectivement, ce que vous me dîtes n’est pas faux. »

Début octobre, à Thil, un bled de la campagne toulousaine, un bus de ramassage scolaire embarque son lot de gamins de 11-14 ans pour les acheminer vers le collège le plus proche. Le soir, un père qui vient récupérer sa progéniture tombe sur une scène d’une horreur insoutenable : le cartable de son fils a été éventré et pillé. Une plainte est illico déposée à la gendarmerie. « À partir du moment où il y a une plainte, on est obligés de réagir », plaide l’officier. Envolés gomme, cahiers, crayons… C’est évident, l’affaire est grave.

Deux jours plus tard, à l’arrivée du bus, deux gendarmes grimpent d’un bond dans le véhicule et demandent au chauffeur de bloquer les portes sous le regard médusé des parents présents. Trente gamins sont ainsi pris en otage. « Ils étaient là, en bons pères de famille. Ils ont fait les gros yeux aux enfants pour les impressionner. C’était juste un coup de bluff », assure le capitaine. Selon un témoin, les militaires auraient lancé : « Tant qu’on ne saura pas qui a piqué le cartable, personne ne descendra. » Après une longue attente (dix minutes selon la gendarmerie, trente selon les « otages »), un jeune finit par marmonner qu’éventuellement son frère aurait pu voir l’auteur des faits. Il est aussitôt embarqué par la maréchaussée, pour aller s’expliquer chez ses parents. « Nous n’allions quand même pas lancer une perquisition pour un vol de stylo. De toute façon, nous n’avons jamais retrouvé le coupable », relativise l’officier, qui reconnaît que « ce n’est pas forcément le rôle de la gendarmerie de régler ce genre de litige, mais bon, dans un village, on est bien souvent obligés de tout faire ». Tout et n’importe quoi. Quant au fait que cette histoire n’ait pas été ébruitée par la presse, l’explication est toute bête. « Ce genre de chose ne se raconte pas », explique un parent. Pour ne pas couvrir les gendarmes de ridicule ?

Article publié dans CQFD n°65, mars 2009.






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