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CQFD N°065


CHRONIQUE DE GUERRE

BESSON SE PAIE EMMAÜS

Mis à jour le :16 mars 2009. Auteur : Nicolas Arraitz.


ardi 17 février, Hamid Belkhir, compagnon d’Emmaüs à La Pointe-Rouge (Marseille), est interpellé alors qu’il circule à vélo. Sans papiers, il est interné en centre de rétention. Le lendemain, Kamel Fassatoui, responsable de l’accueil à la communauté, est convoqué à la police aux frontières. Placé en garde à vue, il est obligé d’accompagner quatre agents pour une perquisition durant laquelle seront photocopiés tous les dossiers de compagnons ayant des patronymes à consonance métèque (« hors Schengen », disent les fonctionnaires bien élevés). Une procédure est engagée contre Kamel pour aide au séjour irrégulier et,une semaine plus tard, faute de mobilisation énergique, Hamid est expulsé vers Oran.

Jeudi 5 mars, conférence de presse au siège régional d’Emmaüs : on y annonce la création d’un « collectif associatif pour le droit à l’accueil inconditionnel ». On fustige la politique des quotas et la traque des « aidants » (4800 interpellations en2008 et la barre est fixée à 5000 pour 2009 –voir la rubrique « performance  » [sic] sur sénat.fr). On y révèle aussi qu’Emmaüs France a été reçu par Éric Besson, nouveau ministre de l’Immigration, et que celui-ci a promis que les lieux d’accueil ne seraient plus harcelés. Mieux : il aurait dit que les arrestations de sans-papiers dans les bureaux des préfectures, c’était du passé. À ces interlocuteurs agréablement surpris, Besson aurait toutefois précisé qu’il « ne [souhaitait] pas communiquer là-dessus »… La nouvelle association bataillera donc pour que l’accueil inconditionnel soit protégé par la loi. Un vœu pieu ? « Une stratégie de lutte ouverte aurait été plus efficace. » Ils doivent bien rire, au gouvernement, eux qui manient le double langage et les symboles avec un cynisme assumé (voir le sommet européen de l’immigration célébré à… Vichy). Mais tout le monde n’est pas dupe. Joint par CQFD, Gérard Durand, président d’Emmaüs Montpellier, rappelle que sa communauté est « totalement solidaire de Pointe- Rouge » dans cette épreuve, mais il souligne aussi qu’ « une stratégie de lutte ouverte aurait été plus efficace », en référence à l’action menée en août dernier pour un autre sans-papiers interpellé chez eux. Plus de soixante compagnons et bénévoles, soutenus par des amis de Bordeaux, avaient bloqué les standards téléphoniques de la préfecture ainsi que deux rues menant au commissariat. « Nous avons mené une mobilisation offensive rapide, sans tractations, avec d’autres associations (la Cimade, la Coordination des sans-papiers, la CNT…), réclamant une libération immédiate et sans conditions. Des habitants du quartier se sont même joints à nous. Sollicitée, la presse écrite et audiovisuelle était présente pour relayer l’info en direct. À midi, ce compagnon était relâché sous les vivats et sa sécurité renforcée. Depuis, un avocat a pris le relais et son dossier est en cours de régularisation. »

Montpellier, et d’autres groupes comme Bordeaux et Pau, ne comprennent plus l’ambivalence qu’entretient EmmaüsFrance envers son ancien président, Martin Hirsch, dont l’entrée au gouvernement avait déjà provoqué un tollé. La mise en place du RSA, le Grenelle de l’insertion et le manque de courage de Hirsch face à une politique clairement antisociale créent des ruptures de plus en plus visibles. Ces communautés demandent la radiation de Hirsch, toujours bénévole à Longjumeaux. Comme l’écrit sur son blog Pascal Lafargue, président d’Emmaüs Gironde : « Martin Hirsch est membre d’un gouvernement qui envoie sa police arrêter des compagnons, ceux-là mêmes qu’il est censé protéger en étant membre d’Emmaüs. » Cherchez l’erreur.

Article publié dans CQFD n°65, mars 2009.






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BESSON SE PAIE EMMAÜS
GEORGES | 25 juin 2010 |
Ce qu’oublie de dire Pascal Laffargue, c’est que de trop nombreuses communautés dont Pau font pire que Besson en expulsant les compagnons qui ont « fauté » ou cessé de plaire comme des malpropres…sans préavis, ni droit de défense, ni recours, tels des parias… Il est normal que les communautés d’Emmaüs combattent Besson mais ne devrait-elle pas, d’abord, respecter les droits les plus élémentaires de leurs « compagnons » ???… Les « sans papiers » expulsés ont un doit de défense et de recours, pas les compagnons d’Emmaüs !?!?… Cherchez l’erreur ou plutôt l’imposture !…
 

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