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CQFD N°066


ÉOLIEN

LE SOUFFLE DU BUSINESS

Mis à jour le :16 avril 2009. Auteur : Christophe Goby.

Mi-mars, l’éolien industriel organisait à Marseille son salon européen avec, entre autres, Siemens, EDF et EADS. Pas de quoi faire rêver l’écolo en bois brut : l’énergie verte cultive surtout la win attitude…

WHY can’t every business partner the ecology ? » [1], questionne le groupe Suzlon dans le hall de la conférence européenne sur l’énergie éolienne, qui s’est déroulée à Marseille du 16 au 19 mars [2]. Suzlon est une entreprise indienne du « wind power », souvent en conflit sur le marché éolien avec Areva, le producteur français d’énergie nucléaire qui s’est diversifié dans le rotor.

Le temps des écologistes et des antinucléaires semble révolu, à moins qu’ils ne portent tous aujourd’hui costumes gris anthracite, attachés-cases et oreillettes de téléphones satellites, comme l’un des représentants du cabinet Garrad Hassan, un bureau d’études qui conseille les développeurs et les banques sur des audits techniques en direction de l’éolien. « On intervient peu en Paca, affirme-t-il, dubitatif. Les politiques ne suivent pas ici. »

La conférence « Stratégies et opportunités mondiales » donnerait le tournis au premier décroissant égaré au milieu de cette faune de businessmen.Aucun intervenant n’a évoqué une quelconque préoccupation écologique.Par contre, Peter Brun, le président de Vestas, le plus grand fabricant d’éoliennes au monde, a rappelé qu’en installant des éoliennes comme des curedents sur le Nord de l’Europe, on pouvait satisfaire la demande énergétique mondiale… Il a axé son discours, à l’image des autres orateurs, sur la qualité à moindre coût,cherchant à capter l’attention des banquiers et des actionnaires sur cette énergie. Laquelle, selon William Young de New Energy Finance, ne devrait pas connaître trop de difficultés à long terme,même si le secteur semble aujourd’hui dans la tourmente, comme l’ensemble de l’économie. Si ce moulin à chiffres admet un manque de disponibilité de capitaux, il souhaite surtout rassurer les investisseurs privés en soulignant que « les institutionnels pensent investir dans l’énergie propre ». Le fabriquant de turbines Per Petersen, de Repower, enfonce le clou de la confiance : « Jamais le soutien politique n’a été meilleur. » La transparence a payé, selon lui.

L’éolien off-shorea aussi le vent en poupe. Gilles Bastide, commercial à Saint-Etienne, est venu car il sait le marché porteur même s’il existe encore quelques soucis techniques : « Ce qui m’intéresse, c’est la rouille ; il y a pas mal d’avaries et pas uniquement en mer », explique-t-il. Mais la corrosion n’empêche nullement Repower, propriété pour partie de Suzlon et Areva, le groupe « qui ne connaît pas la crise », de signer un des contrats les plus importants en matière off-shore avec RWE, le producteur allemand d’électricité. Des machines capables de produire 5 à 6 mégawatts devraient sortir de l’eau !

Dans l’éolien, on attend beaucoup de retombées économiques des plans d’actions nationaux, de la refonte du marché électrique et des nouveaux accords de Copenhague, qui flécheront l’avenir énergétique de la planète, comme le firent ceux de Kyoto. Et la demande énergétique n’est pas prête de fléchir, comme en témoigne le compteur installé par Siemens où s’affichent les kilowattheures mondiaux produits par l’énergie du vent ainsi que ceux consommés. Un compteur affolé…
« Tout le monde veut faire partie d’un secteur qui gagne » conclura Per Petersen, résumant ainsi l’état d’esprit général de ce nouveau marché bien éloigné des rêves des antinucléaires. Un marché qu’il qualifiera de « sexy », comme tout bon manager…

Article publié dans CQFD n°66, avril 2009.


[1] «  Pourquoi chaque entreprise ne pourrait-elle pas être l’alliée de l’écologie ? »

[2] L’EWEC, organisée par l’Association européenne de l’énergie éolienne (European Wind Energy Association – EWEA).





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