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CQFD N°005


JOURNALISTES SOLDÉS

30 % DU SMIC !

Mis à jour le :15 octobre 2003. Auteur : Olivier Cyran.


Le 22 septembre, le site web de Télérama a mis en ligne une offre d’emploi à haute valeur ajoutée. Pour un poste de « rédacteur polyvalent », la société SKL Network « recherche une personne dynamique capable de travailler en collaboration avec nos pigistes et journalistes permanents pour rédiger des articles ou commentaires de reportage sur des sujets culturels et d’actualité ». Intellos sans diplômes ou scribouillards débutants, passez votre chemin. Ici, on veut du postulant de première bourre, du coiffé en brosse et cravate dans le vent. En effet, comme le précise l’annonce, le poste à pourvoir requiert au moins une formation « bac + 2 », une connaissance irréprochable des « logiciels Word et Quark Xpress », de « bonnes capacités rédactionnelles », une « solide culture générale », une « orthographe impeccable » et une maîtrise satisfaisante « de l’allemand et de l’anglais ». Ne pas oublier que cette perle rare se doit en plus d’être « dynamique ». Ici, c’est pas pour les branleurs. Forcément alléché par une perspective de carrière aussi flatteuse, tu glisses ton regard vers le bas de l’annonce, pour t’enquérir du fastueux salaire qui t’attend. Et là, tu tombes des nues. A la ligne « rémunération », tu lis, médusé : « environ un tiers du Smic ». Un tiers du Smic ! Peut-être un peu moins, puisque c’est « environ »… Au pif, trois cents euros. Moins que l’ASS, moins que le RMI. Tu te dis que ta « solide culture générale » et tes « sujets culturels et d’actualité », il y en a qui peuvent se les foutre dans leur string léopard. Depuis, l’annonce a été reprise et commentée par l’Acrimed, un site de critique des médias. « Je recherche du boulot depuis un moment et je désespère d’autant plus d’en trouver que je suis régulièrement confronté à des annonces comme celle-ci », témoigne un journaliste, sans doute en panne de « dynamisme ». Il veut savoir : comment fait-on pour mettre du beurre dans ses nouilles avec un tiers du Smic ? Après plusieurs démarches infructueuses, il finit par obtenir une réponse de la société Geste, qui fait l’intermédiaire entre les recruteurs et « la bourse de l’emploi » de Télérama. La précision qu’il apporte vaut le détour : « L’annonce que vous citez n’est pas une offre d’emploi mais une offre de stage pour une durée de trois mois. » Encore mieux ! Un stage pour professionnels qualifiés, répondant à tous les critères d’un vrai emploi, payé une merde et pour trois mois seulement… Une vraie aubaine.

« Va voir ailleurs, c’est pire »

A CQFD, on a voulu postuler, nous aussi. Mais notre candidature devait être mal léchée : aucune réponse. Mauvaise pioche aussi au téléphone, l’employeur étant sur liste rouge. Tout juste sait-on, sur la foi de sa présentation, que SKL Network réalise, produit et distribue « une gamme complète de documents à forte valeur éditoriale regroupant reportages, enquêtes, magazines, dossiers et city guides », tout ça « clés en main pour les télévisions hertziennes, câble, satellite et Internet ». Cette boîte du troisième millénaire, qui fait la jonction entre technologie de pointe et rachitisme salarial, s’honore d’avoir été « primée aux Golden Report » pour le programme La malédiction de Toutankhamon. Justement, si la momie voulait bien leur rendre visite, on se cotiserait volontiers pour porter son Smic à 40 %… Pas de réponse non plus chez Télérama. Mais là, on en sait un peu plus. Stagiaires non rémunérés, contrats à durée déterminée reconductibles quarante ou cinquante fois, pigistes corvéables et jetables, toute la palette de la précarité journalistique se retrouve dans ce magazine prospère, gentiment catho et correctement de gauche. « Quand on se plaint, on nous dit : “va voir ailleurs, c’est pire”. Et le pire, c’est que c’est sans doute vrai », témoigne un pigiste. Récemment, une « charte des précaires » a été lancée en interne par des téméraires, auto-organisés en collectif. « Cent vingt personnes l’ont signée. L’air un peu gêné et sans la lire, le plus souvent », note l’un des mutinés. En préambule, les auteurs de la charte déplorent « l’accroissement des inégalités », « une fragilisation de nos conditions de travail » et un « climat d’opacité désagréable ». Pour se remonter le moral, ils n’ont qu’à lire les petites annonces.

Publié dans CQFD n°5, octobre 2003






>Réagir<

30 % DU SMIC !
| 13 février 2007 |
michael page qui après avoir pendant des années fait de la discrimination en précisant dans ses fiches « trop bronzé », qui continue avec des remarques sexistes et homophobes et vient de payer cher un ancien employé pour que n’éclate pas justement, cette homophobie… > 30 % DU SMIC !
Delphine | 26 décembre 2005 |

Malheureusement pour les jeunes diplomés, on ne trouve plus que ça : des stages de plus de 6 mois payés 1/3 du SMIC notamment dans la communication : McCann, Publicis, MRM Partners, les RH : Mickael Page, Westford, Distribution : Carrefour, Galeries Lafayette…

Toutes ces entreprises usent et abusent des stagaires : www.generation-precaire.org

> 30 % DU SMIC !
| 14 juillet 2005 |

L’ annonce ici citée (en 2003) était peut-être fictive ou « limite ». Mais aujourd’hui , ces offres d’emploi sont LA Norme.

Les entreprises ont même généralisé les stagiaires « haut de gamme » que l’on exploite ehontément (validation du diplome oblige) et à qui l’on fait miroiter un possible recrutement.

Comment procèdent’ ils pour tromper même les moins naïfs ? Par exemple, par l’insertion simultanée sur le site intranet de l’entreprise et sur un moteur de recherche d’emploi d’un poste à couvrir… qui correspond en tous points aux compétences, diplome(s) et tâches effectuées par ledit stagiaire aspirant CDéiste.

Stagiaire, apprenti, Rmaste, bénévole., contrats aidés qui n’aident que le(s) patron(s) et leurs actionnaires anglo-saxons anonymes à s’en mettre encore plus dans les pôches…

Merci à CQFD de dénoncer ce système. Tous ensemble, combattons-le ! Politiques, ne soyez plus complices ou partie prenante de ce système. Agissez ! Agissez avant que nous ne devenions désespérés et que certains ne se muent en terroristes kamikazes. Parce que les grands groupes , eux, le sont déjà : des terroristes de l’argent et des profits.

Vive CQFD.

> 30 % DU SMIC !
| 30 mai 2005 |

SKL NETWORK n’existe pas. Le site internet a été crée pour le besoin d’un jeu vidéo : « In memoriam ». Tout est donc fictif. J’espère que vous faites partie des sites qui reprennent l’info dans le but de « crédibiliser ce site imaginaire » parce que sinon, en tant que journaliste, vous ne valez même pas 1/3 du SMIC.

M.S. qui en a marre des infos à 2 balles

 

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