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CQFD N°066


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

LA RÉSISTIBLE ASCENSION DE PHILIPPE VAL

Mis à jour le :16 avril 2009. Auteur : Arthur.


UN DRAME ÉPOUVANTABLE vient de frapper France Inter, deuxième radio derrière RTL : Sarkozy aurait nommé Philippe Val directeur de cette auguste station de service public. Évoquons en passant la douleur de son ami Cabu qui croyait que son cher Philippe était de gauche en ignorant la formule de Jerry Rubin : « La politique, c’est pas comment on vote, c’est comment on vit. » Et ce « pauvre » Cabu aurait dû savoir qu’en fréquentant avec assiduité les « grands » de ce monde et en leur passant la main dans le dos (et je suis poli), Valtignac était condamné à un poste de directeur de la communication sarkozyste. Dans les couloirs de France Inter, c’est la désolation : Mermet fait ses valises, Guillon et Porte, les humoristes, se rapprochent de la sortie. Car l’ancien directeur de CharlieHebdo, en virant Siné, a prouvé qu’il était allergique à tout irrespect, surtout quand on offense les personnes de petite taille. En revanche, à l’annonce de cette promotion bénie de Val, les bouchons de champagne sautent sans interruption à RTL et Europe 1. Quand on connaît la gestion de Val qui a fait passer le tirage de son ex-journal en dessous de celui de SinéHebdo, on ne peut que se féliciter de le voir prendre les rênes d’Inter dont on peut déjà augurer que l’audience sera bientôt confidentielle.

La carrière du petit Philippe – que j’ai connu en 1991 à La Grosse Bertha – est en effet une ascension digne de Roux et Combaluzier. Très tôt accolé à son ex-ami Patrick Font, qui écrivait les textes du duo de comiques pour MJC, il s’empresse de le renier quand Patrick est pris la main dans la culotte des petites filles. À Libération, il concède avoir bu deux ou trois cafés en vingt ans avec Font, pas davantage, à la sortie des salles de spectacles. Tout le personnage est là : pas vu, pas pris. Ma carrière d’abord ! À La Grosse Bertha, il se fait nommer rédacteur en chef et commence à épurer la rédaction avant de quitter le canard avec l’aide de son ami Cabu pour relancer CharlieHebdo en volant le titre au professeur Choron. Une fois dans la place, il écœure Gébé, marginalise Cavanna, pousse vers la sortie un nombre considérable de talents (dont Delfeil de Ton, Olivier Cyran, Michel Boujut et Frédéric H.Fajardie) et embauche des jeunes zélotes et bayadères chargés de ne pas lui faire de l’ombre. Jusqu’à l’erreur fatale : virer Siné et l’aider ainsi à lancer un hebdo qui remplira de joie les orphelins du vrai Charlie, celui qui est mort en 1982.

On imagine la migraine du petit Philou quand il bectait chez Lipp avec ses amis BHL et Jean-Luc Hees : « Ma carrière est foutue, je dirige un journal moribond. » Mais non, on va te caser à FranceInter. Et le voilà parti vers de nouvelles aventures avec un beau bureau, une belle paye et une paire d’oreillettes branchée directement sur l’Élysée. La boucle est bouclée. La seule bonne nouvelle, finalement, c’est que, le printemps aidant, une bouffée d’air frais va entrer dans les bureaux de Charlie Hebdo !

Article publié dans CQFD n°66, avril 2009.






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