U AS PERDU TON TRAVAIL, tu piétines dans le chômage,
mais les doux rayons de l’été réchauffent ton cœur…
Quand soudain la Caisse d’allocations familiales
(CAF) t’envoie pour la seconde fois, histoire de te
remettre du baume au coeur, un dépliant rose avec
un bambin comme on en voudrait tous,un petit blondinet tirant
la langue (un peu comme toi en ce moment), accroupi sur la
plage avec entre ses menottes deux camions jaunes – comme
ceux de la boîte de BTP qui t’a lourdé.
Sur le dépliant, on te promet un coup de pouce… pour les
vacances ! Toi,les coups de pouce,tu adores ! Après, tu lis la suite
et ça se complique.Tu peux partir en vacances où tu veux, qu’ils
disent ! « Où vous avez envie », c’est écrit. Mais il faut choisir parmi
les destinations proposées par Vacaf. Pour éclairer ta conscience
embrumée, Vacaf a sélectionné deux ou trois mille destinations,
comme les campings Vacanciel ou les chambres Trigano, des
sociétés de tourisme héroïquement tournées vers ton épanouissement
prolétarien : barbecue, piscine, pétanque… Des trucs pour te révolter. Chez Azureva, tu peux louer à Murol, en Auvergne, un appartement pour une semaine pour pas plus
de 1300 euros. Chouette ! Seulement la CAF du Puy-de-Dôme, ça
concerne un paquet de pauvres, dont certains vont plutôt dans
les Accueils paysans, par exemple, en camping, où tu payes dix
fois moins. Évidemment, il faut se fader les paysans, et ils sont
contre les OGM, pour compliquer le tout. L’éducation populaire
prônée chez eux, elle est un brin épineuse, avouons-le !
Par contre, si tu as la chance d’habiter les Hauts-de-Seine, deux
solutions : soit tu appartiens à l’UMP, soit tu es la femme de
ménage d’un membre de l’UMP et alors tu as vraiment droit à
la CAF, et là, tu seras remboursée jusqu’à 80%. Alors que si tu es
ouvrière Michelin avec quatre gosses, le maximum ce sera 50%
et quand tu rentreras de tes vacances Vacaf, tu trouveras ta lettre
de licenciement parfumée à l’amiante dans la boîte aux lettres.
Avoue que le gouvernement traite bien les pauvres qui ont voté
pour lui.
Vack off !, comme on dit de nos jours.
Article publié dans CQFD N°69, juillet/août 2009.