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CQFD N°069


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

LES PERTES SÈCHES DE L’ESCROC BERNIE

Mis à jour le :16 août 2009. Auteur : Arthur.


EUT-ON FAIRE CONFIANCE à quelqu’un qui s’appelle Bernie ? Évidemment non ! Un enfant de 12 ans aurait compris que ce Bernie, alias Madoff, allait les berner ! Saluons l’exploit de cet aigrefin qui a enfumé 65 milliards de dollars dans l’escroquerie du siècle,entendez le siècle dernier car le nôtre commence à peine et il n’est pas interdit de conjecturer que le record sera battu dans les 90 ans à venir.

Condamné à un siècle et demi de placard, Bernie, 70 ans, aurait déclaré : « Le plus difficile, c’est les 50 premières années. Après, on s’habitue. » Les petits épargnants français désespèrent de récupérer quelque 700millions d’euros placés par les fonds Madoff, lesquels étaient planqués dans des banques respectables avec pignon sur rue, comme l’UBS suisse. Devons-nous plaindre cet élevage de pigeons ? Que nenni ! Ils ont été victimes de leur esprit de lucre. Le secret de Bernie : savoir se faire désirer. Dans les cénacles mondains et les golfs, ce brave homme, à qui on aurait donné le Bon Dieu sans confession, renâclait à faire tourner la roue de la fortune pour qui ne faisait pas partie des happy few. Les placements à 2%, c’était bon pour les pauvres crétins du livret A. Lui, Bernie, faisait miroiter des rendements exceptionnels mais il fallait faire partie du gotha pour en profiter. Les postulants tiraient la langue devant les appâts de Bernie. Bonhomme, Bernie leur promettait le pactole à condition d’être patients. Et le désir s’accroît quand l’effet se recule. Les candidats à l’extinction de leurs éconocroques devaient poireauter dans l’antichambre. Et puis, un beau jour, Bernie se dépoilait et montrait un bout de fesse en disant : « OK, amène l’oseille,mais pas trop car les demandeurs sont légion et je ne peux pas satisfaire tout le monde. » L’épargnant, tout jouasse, allongeait les picaillons de sa future retraite en escomptant un bonus de plus de 10%. Au début, ça marchait. Bernie ne plaçait rien mais remboursait les premiers gogos avec le fric de ses dernières victimes. On appelle ça la pyramide de Ponzi, cavalerie vieille comme Hérode.

Voilà donc nos victimes collatérales de la perversion capitaliste qui demandent un peu de compassion à la justice. Nos sous, nos retraites ! On aimerait les plaindre mais c’est pas fastoche ! Il est plus facile de rire de la naïveté de ceux qui se sont crus plus finauds que le commun des nigauds et se retrouvent en slip devant leur banquier : « Ma cassette, où est ma cassette ? » Dans la fosse des Bermudes, cher Harpagon !

Moralité : méfiez-vous des Bernie ! Gardez vos maigres sous ! Dépensez-les en fêtes somptueuses ! N’oubliez jamais que l’argent sale est un pléonasme et que l’amour fou du profit ne conduit qu’au mont-de-piété. On peut vivre sans pognon ou avec le minimum vital. Mais pas sans amour. Celui des êtres humains, pas celui des inhumains Bernie. Il existe cependant un geste à faire pour ce Madoff : lui envoyer en prison,pour son éducation,le film de Woody Allen Prends l’oseille et tire-toi ! Ça lui donnera des idées d’évasion. Il a le temps : 150 ans ! Si ça se trouve, cher lecteur, on ne le verra pas sortir !

Article publié dans CQFD N°69, juillet/août 2009.






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