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CQFD N°005



DÉCRYPTAGE D’UN TRACT

Mis à jour le :15 octobre 2003. .

Laurent Lévy est le père d’Alma et Lila, renvoyées du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers pour port de foulard islamique. Il commente un communiqué favorable à l’exclusion de ses filles, émanant de deux enseignants et diffusé durant les jours qui ont précédé la réunion du conseil de discipline, alors que les deux fillettes faisaient déjà l’objet d’une mise à l’écart provisoire.

« Communiqué de presse des professeurs du lycée d’Aubervilliers. » Le texte, signé de deux personnes, se présente comme émanant de la communauté enseignante de tout le lycée. Cette petite filouterie permet d’augurer de la suite. « Nous tenons à dire que ces deux adolescentes n’ont été exclues par mesure conservatoire en attendant le conseil de discipline qu’après des semaines de discussions pour les convaincre. » Ce paragraphe dispute le mensonge simple à la mauvaise foi élaborée. La mesure a été prise deux semaines après que le proviseur eut pris l’engagement écrit qu’aucun cours ne serait refusé à ces élèves. Il n’y a jamais eu de discussion entre elles et le proviseur du lycée, à moins d’appeler « discussion » un discours unilatéral se bornant à affirmer que leur tenue était interdite (ce qui est par ailleurs faux). Personne, parmi ceux qui ont pris la décision ou y ont contribué, n’a cherché à savoir ce que pensaient ces élèves. « Le port du voile, même consenti, est une atteinte à la liberté de toutes les femmes. Pourquoi des jeunes filles seraient-elles murées, écartées de la société par ce voile qui, prétend-on, les protégerait de la lubricité des hommes ? » Si les signataires de ce communiqué avaient discuté avec les adolescentes concernées, il ne leur serait pas venu à l’idée de dire qu’elles entendent, par ce voile, se protéger de la lubricité des hommes. Je suppose qu’eux-mêmes, lorsqu’ils cachent leurs parties génitales, ont d’autres soucis que de se protéger de la lubricité de qui que ce soit. « Nous ne sommes pas des “ayatollahs de la laïcité”, comme l’aurait dit le père des jeunes filles, nous ne sommes pas opposés à l’exercice de leur religion, nous sommes opposés à l’emprise d’une religion dans la vie publique. » L’opposition à l’emprise de la religion dans la vie publique n’a rien à voir avec le choix de priver d’école - et donc de renvoyer dans leurs foyers ou de condamner à l’école confessionnelle - les jeunes filles qui se trouvent sous cette emprise. Combattre une maladie n’impose pas que l’on renvoie les malades. Si ces jeunes filles sont victimes (même consentantes) d’une aliénation religieuse, il ne s’en suit aucunement qu’elles doivent subir une double peine qui ajoute l’apartheid scolaire à leur aliénation. « A l’heure actuelle, ces jeunes filles et leur père, sous prétexte qu’il est avocat et qu’il est soutenu par le président du MRAP, monopolisent l’information. » Ce passage est particulièrement scandaleux : toute cette histoire a été médiatisée par des enseignants du lycée, contre la volonté des premières intéressées. Le premier journaliste qui s’est adressé à moi (auteur du premier article dans Libération) connaissait toute l’affaire par des collègues des signataires de ce communiqué (à moins que ce ne soit par eux mêmes). Les enseignants qui ont pris l’initiative de braquer les projecteurs sur les deux adolescentes sont des irresponsables. Au demeurant, il s’en faut de beaucoup que la presse dans son ensemble leur soit favorable, ou fasse valoir de manière privilégiée leur point de vue. En témoignent, par exemple, les articles parus dans Le Figaro ou dans Marianne (qui ne reculent pas devant le mensonge) ou, pire encore, dans le journal de Lutte Ouvrière‚ qui met dans la bouche d’une de ces jeunes filles des propos que non seulement elle n’a jamais tenus, mais qui sont à l’opposé exact de ce qu’elle pense. Ce journal dispose pourtant d’informateurs de première main, puisque les initiateurs de toute cette histoire sont membres de l’organisation qui le publie. « La presse parle au nom des enseignants mais eux aussi ont le droit à la parole. Et si ces jeunes filles obtenaient gain de cause, ce sont des centaines de jeunes filles voilées que l’on retrouverait dans les établissements publics, et si celles-là le font volontairement, bien d’autres s’y verraient contraintes s’il n’y avait pas le barrage de l’école. » Voilà donc justifiée la guerre préventive chère à George Bush. Personne, que je sache, n’a privé les enseignants du droit à la parole. Je regrette seulement qu’ils ne l’aient utilisé - comme dans le cas présent - que pour mentir sur le déroulement de cette affaire. Croire que l’école empêchera les tyrans domestiques d’opprimer leurs enfants serait faire preuve d’angélisme. En toute hypothèse, ce qui appartient à l’école, c’est d’enseigner aux élèves. Et quels que soient les problèmes posés à la société par le voile, on ne les règlera pas en portant atteinte à la liberté fondamentale que constitue l’accès pour tous à l’enseignement public, laïc et obligatoire. « Il faut entendre les garçons défendre le voile en disant : “on critique le voile, mais ici, il y a des filles habillées comme des putes”, c’est tout cela qu’il faut savoir pour comprendre la pression qui est exercée sur ces jeunes filles, pression à laquelle les enseignants ont le devoir de s’opposer. » Laisser entendre que, pour lutter contre les réactions machistes de certains adolescents, il faille priver deux jeunes filles d’enseignement relève soit d’un goût prononcé du paradoxe, soit d’un manque de courage caractérisé. Le conseil de discipline est-il bien dirigé contre les coupables ? Laurent Lévy La version intégrale de ce texte est disponible sur http://lmsi.net

Publié dans CQFD n°5, octobre 2003






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DÉCRYPTAGE D’UN TRACT
mam | 5 juin 2006 |

Bonjour,

Je ne suis pas d’accord avec vous concernant votre article sur le port du voile. Je trouve choquant de porter un voile pour aller dans un lieu de service public et je ne voudrais pas que mes enfants fréquentent un établissement qui accepterait cela. Alors si une religion obligeait à se promener entièrement nu, vous trouveriez normal que des élèves fréquentent les établissements scolaires se présentent nu en cours sous prétexte qu’il faut respecter leur religion…..où si une religion imposait le port d’une arme etc…

Quand je pense que dans les collèges le port de la casquette est interdite, je ne vois pas pourquoi on accepterait le voile !

Quand une règle est établie (la laïcité) et qu’on veut profiter gratuitement d’un enseignement, on se plie à cette règle ou on va ailleurs !

Si je me rends en Iran, je serai obligée de porter le voile et personne n’acceptera que je me promène en mini-jupe et les cheveux au vent. C’est leur loi (débile d’accord) et bien je n’irai jamais en Iran en mini-jupe et cheveux au vent pour ensuite venir me plaindre d’avoir été « mal reçue ». Il y a des gens qui n’acceptent pas par exemple que l’on fume chez eux et bien, si je n’ai pas envie de passer de cigarettes, je ne vais pas chez eux et je ne me plains pas, si j’y vais, de ne pouvoir le faire…

Je plains beaucoup ces 2 pauvres filles qui se croient si désirables et importantes, qui se prennent pour 2 objets sexuels, pour avoir besoin de porter un voile, je plains aussi leur père qui n’a pas sur leur ouvrir l’esprit et leur mère, tiens donc on n’en parle jamais de leur mère, est -elle éxilée dans quelque couvent…. ?

Sincèrement, vous trouvez que l’établissement scolaire a voulu médiatiser cette affaire, c’est possible, mais je crois que ces filles et leur père n’ont pas cherché autre chose et que derrière leur voile ces filles se prennent pour le centre du monde.

D’autres part, cessez de les appeler « les 2 fillettes » au delà de l’âge de 10 ans, c’est plutôt ridicule (sauf pour les pédophiles), et à moins qu’il ne s’agisse d’enfants surdouées, je pense qu’elles ont passé l’âge d’être infantilisé ;

Il n’y a aucun raciste dans mes propos, j’en ai assez de la dictature des religions (sectes) qui en manipulant des gens (parents et enfants) faibles prétend nous imposer un mode de vie. Pourtant dans les collèges et les lycées on apprend la philosophie des « Lumières », il faut croire qu’elles ont du être absentes ce jour-là ou bien que leur esprit obtu les empêche de comprendre les mots « être humain » et « liberté ».

Comment votre site peut-il promouvoir la lutte contre les abus, les dictatures, et se faire l’avocat de l’oppression religieuse…

Cordialement,

Une maman

Manifeste, Opération : 50 000 nounours face à l’inceste
| 16 octobre 2004 | AIVI

Opération : 50 000 nounours face à l’inceste 2004 première édition

Chaque jour, des enfants, garçons et filles, sont violés ou victimes d’attouchements et ce, pendant des années… Et leurs agresseurs ne s’appellent pas Dutroux ou Fourniret.

Non, le plus souvent, ils sont de la famille : père, mère, oncle, grand frère, grand-père, beau-père, grand-mère, cousin…une personne en qui l’enfant a confiance, une personne à qui l’enfant DOIT obéir. L’INCESTE, l’ultime offense faite à l’innocence, poursuit ses ravages, sous le sceau du secret, grâce à la complicité active ou passive de l’entourage.

Il est temps de briser Le TABOU pour que se brise le silence… Car un enfant, dès ses premiers mois peut être pénétré, sodomisé (jusqu’à éviscération pour les bébés), forcé à des fellations, à des masturbations et autres sévices sexuels. L’autorité familiale suffit pour que l’enfant accepte et subisse, sans rien dire, sans se rebeller. Un enfant obéit, il ne sait pas qu’on n’a pas le droit de lui faire subir de telles atrocités.

C’est contre ces crimes qu’AIVI, l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste se bat.

C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser une opération de sensibilisation du grand public et des pouvoirs politiques, afin de mobiliser l’ensemble de la population sur un sujet qui nous concerne tous, la protection de nos enfants.

LES TROIS TEMPS FORTS

1) Collecte des nounours

Du 10 octobre au 19 novembre, nous invitons les français à collecter et envoyer des nounours symbole de l’enfance et de l’innocence. Les victimes d’inceste sont invitées à nouer un ruban blanc (ou bout de laine ou foulard blanc) autour du cou de leur nounours.

2) Signature du Manifeste

A partir du 10 octobre, sans limitation de durée, nous invitons les français à signer le Manifeste contenant nos 20 propositions au Gouvernement. Tous les élus et 250 000 professionnels concernés par ce sujet le recevront par mail. Leurs réponses seront publiées sur notre site Internet.

3) Rassemblement le 20 novembre Place de la Bastille

Dernier temps fort, le 20 novembre, Journée Mondiale des Droits de l’Enfant, nous réunirons les 50 000 nounours collectés pendant un mois sur la Place de la Bastille. Des célébrités les distribueront au public. Plusieurs stands d’information seront présents : prévention, santé, droit… et nos élus sont officiellement invités à venir répondre à nos propositions ce jour là.

Pour tous les détails, rendez-vous sur le site http://aivi.org Merci de votre intérêt pour les victimes d’inceste.

 

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