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CQFD N°072


LES ENTRAILLES DE MADEMOISELLE

APPRENDS À RECONNAÎTRE UNE FÉMINISTE RADICALE

Mis à jour le :16 novembre 2009. Auteur : Mademoiselle.

Oui, je sais, ce n’est pas tous les jours facile d’être un gentil mec de gauche. On voudrait bien être sympa avec les femmes, mais on ne sait pas toujours comment s’y prendre. Première leçon gratuite, par Mademoiselle des Entrailles.

ADEMOISELLE EST PERSUADÉE que si tu ne ponctues pas systématiquement tes phrases par « Mamadou » lorsque tu t’adresses à un sans-papiers, tu peux aussi apprendre à parler à une féministe dite « radicale » sans marcher sur des œufs. Pour cela, il faut d’abord apprendre à la distinguer dans la grande meute féministe. Sache qu’on y trouve de tout : de la laïcarde cheveux au vent, à la paritariste participative, en passant par la grande prêtresse de la nature féminine. Ceci dit, le plus simple et le plus à la mode actuellement reste tout de même de se définir, avant tout, comme une « féministe respectable ».

Le féminisme respectable, c’est un peu comme l’écologie ou le commerce équitable de supermarché, on rechigne un peu au début mais finalement on s’y met assez facilement. Le tout est de le faire à peu de frais, ou au moins d’une manière efficace. Mademoiselle va te donner un exemple à partir d’un article pêché dans Sud-Ouest (qu’on devrait d’ailleurs lire plus souvent).Il y est question d’un débat autour du voile intégral, organisé par une association de féministes très respectables, l’idée consistant généralement, chez elles, à relayer les problématiques imposées par les médias dominants. De cette réunion, ce que retient Sud-Ouest, c’est qu’elle s’est déroulée sans « membre de la communauté musulmane, peu présente localement,mais [avec]nombre d’hommes ». Tu vois, réunir une majorité de mâles blancs pour les faire causer de cette terrifiante menace que serait le foulard, c’est ça le féminisme respectable. Et les médias aiment, parce que reconnais que c’est assez pratique pour taper sur les Arabes à coup de beurette opprimée,et de faire croire que chez nous, les femmes, on les aiiime. L’astuce est déclinable indéfiniment, bien entendu.

Maintenant que tu sais reconnaître la féministe respectable, Mademoiselle voudrait te rassurer quant à la féministe radicale qui, tu l’auras compris, n’aime pas vraiment la féministe respectable. Tout d’abord, une radicale ne se reconnaît pas à son porte-clefs « on aura tes couilles » qu’elle balancerait négligemment sous le nez d’hommes innocents et apeurés. Ensuite, on n’en a encore jamais vu en pleine nuit, un sécateur à la main, l’œil fou, errant dans les rues à la recherche de quelque chose de viril à couper, ni à la maison, remplissant son congélateur de petits enfants tout aussi innocents que leurs papas. Bien souvent, la féministe radicale a tendance à se reconnaître dans les idées développées par certaines féministes du Mouvement de Libération des Femmes. Tu sais, ces nanas qui, dans les années 70, se rassemblaient sans les flashs ni les caméras réservés aux révolutionnaires mâles patentés, devenus depuis les clients les plus établis des plateaux télé. Mais si ! Tu sais, ces femmes méprisées par des « camarades » de gauche ayant, sans elles, établi une liste des combats prioritaires et légitimes, ces militantes inventives et pertinentes snobées par de vénérables éditeurs de gauche. Ça y est ? Tu vois de qui je parle ? Eh bien, maintenant que tu sais reconnaître la féministe radicale, Mademoiselle se fera un plaisir de te la faire découvrir, si CQFD continue d’ouvrir ses colonnes à une féministe – horreur et damnation.

Peut-être qu’ainsi, tu comprendras la difficulté d’être née à une époque où féminisme rime avec Chiennes de Garde, une époque où le répertoire d’action féministe consiste, pour l’essentiel, à comptabiliser le nombre de « filles de » qui réussissent à s’asseoir sur les bancs de l’Assemblée. Peut-être même que tu saisiras à quel point il est nécessaire d’avoir de l’humour pour supporter la terrible solitude qui te tombe sur les épaules face à la nigaude –jamais contrariante– qui brame qu’elle « aime trop les hommes pour être féministe »

www.entrailles.fr

Article publié dans CQFD n°72, novembre 2009.






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