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CQFD N°071


RENTRÉE UNIVERSITAIRE

GRÉVISTE NON GRATA

Mis à jour le :17 novembre 2009. Auteur : François Maliet.

À la fac du Mirail, à Toulouse, les exams avaient été repoussés en septembre. Un peu comme la répression, d’ailleurs : l’un des meneurs de la fronde anti-LRU du printemps dernier s’est vu, tout récemment, refuser un boulot de vacataire pour… faits de grève.

A FAC A ÉTÉ BLOQUÉE du 5 mars au 12 juin dernier ! », se félicite Côme, membre du syndicat Sud-Étudiants de l’université du Mirail, à Toulouse. Début 2009, les enseignants-chercheurs se sont enfin mobilisés après avoir découvert que les décrets d’application de la loi LRU de réforme de l’université modifiaient leur statut. Et que, par ailleurs, le riquiqui Sarkozy les considérait « mauvais, non performants [et] archaïques… » ! Dans la foulée, les étudiants qui, lors du mouvement de l’automne 2007, n’avaient pas réussi à faire rendre gorge à cette loi ouvrant plus encore leurs formations aux intérêts privés, ont emboîté le pas à leurs profs. Résultat : quatre mois et demi de cours annulés ! Cette longue parenthèse avait quelque peu excédé la direction du Mirail, si l’on en croit la réouverture du campus par des hordes de CRS et les plaintes déposées cet été, à la suite desquelles une douzaine d’étudiants ont été convoqués par la maison poulaga.

« Notre point commun : avoir été en contact, de façon plus ou moins virulente, avec la présidence  », explique François, un gréviste entendu à deux reprises par la police. « Les policiers m’ont parlé de “tentative de vol, à l’aide d’un chariot, de matériel électroménager [sic]”. En fait, il s’agissait de l’occupation, sur la fac, de la maison de la recherche : pour faire valoir nos revendications locales, nous avions fait mine de déménager le bâtiment ! » Quant à Côme, il est accusé d’avoir tabassé un antibloqueur. « Sauf qu’à ce moment-là, j’étais en assemblée générale devant 200 personnes », précise-t-il. François se retrouve donc avec la bleusaille sur le dos, et cela permet à la fac de lui servir une session supplémentaire lorsqu’il postule à un poste de vacataire dans le service administratif qui enregistre les inscriptions de doctorants. « Il s’agissait d’un contrat de 148 heures, raconte l’intéressé. J’ai eu un entretien, qui s’est bien passé, et j’ai été pris. J’ai signé mon contrat de travail et suivi une formation de trois heures sur un logiciel particulier. Mais mon contrat n’a jamais été paraphé par le secrétariat général du Mirail. » La raison ? « Cet étudiant […] fait l’objet d’une plainte au pénal déposée par l’université », selon le communiqué du président Daniel Filatre daté du 21 septembre. Contacté par CQFD, ce dernier tient à souligner que « ce ne sont pas des plaintes contre des étudiants grévistes, ou contre des mouvements de grève », mais bien contre les responsables – présumés – de « destruction de biens publics ». Distingo ô combien subtil quand il s’avère qu’elles concernent principalement les grévistes les plus en vue. De toute façon, « notre objectif est de passer à autre chose », conclut le président. C’est forcément aussi celui de François qui, entre deux rencards chez les flics, est passé à la recherche d’un autre taf…

Article publié dans CQFD N°71, octobre 2009.






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