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CQFD N°071


SABORDAGE DE GARDERIES SCOLAIRES

GAUDIN PRIVATISE LES MINOTS

Mis à jour le :17 novembre 2009. Auteur : Nicolas Arraitz.


PARENTS CHERCHENT MAIRE pour garder leurs enfants », ironise une banderole qui ondoie face à la mairie centrale ce mardi 6 octobre. La fronde a éclaté quinze jours après la rentrée des classes, avec la suppression, du jour au lendemain, de onze garderies scolaires, sur ordre de mesdames Casanova et Ponsin-Costa, respectivement adjointe au maire déléguée à l’éducation et inspectrice de l’éducation nationale pour le 1er secteur de Marseille.

Cette brave Danièle Casanova s’est aussi fait remarquée en expliquant les problèmes d’effectifs par la polygamie. « Il y a une population étrangère où un individu a plusieurs femmes et ses enfants scolarisés dans des écoles différentes » (La Marseillaise, 01/09/09). Interpellée par l’opposition lors du conseil municipal du 5 octobre, la fausse blonde n’en démord pas : « Il n’y a pas de racisme. Ils sont musulmans, personne ne leur interdit d’être polygames. […] C’est plus facile d’inscrire ses enfants à l’école quand on en a deux comme nous que quand on a une fratrie-cousinade, comme je les appelle, avec onze enfants », persiste- t-elle sur le site de La Provence.

Les garderies périscolaires, ou études surveillées, sont mises en place par les mairies pour les familles qui ne peuvent faire coïncider leurs horaires de travail avec la sortie des classes. À Marseille, où le maire, ancien prof d’histoire dans l’enseignement catholique, est un applicateur zélé des coupes budgétaires prônées par Paris, il existe au moins deux types de garderie : l’étude gratuite, assurée par des enseignants volontaires payés par le ministère ; et l’étude payante,assurée par des animateurs associatifs. Depuis des années, l’étude gratuite est systématiquement rognée. Pour pallier les manques criants, le nouveau maire socialiste du 1er secteur, Patrick Menucci, a créé quatre garderies-pilote en juin dernier – gratuites –, la mairie de secteur payant les animateurs. L’expérience ayant reçu l’aval de dame Casanova, elle fut reconduite à la rentrée dans onze établissements. Mais le 21 septembre, la mairie centrale et l’inspection ont brusquement changé d’avis. On annule tout, en décrétant que la mairie de secteur est incompétente en la matière et qu’elle met les enfants en danger. Levée de boucliers chez les parents désemparés et retour à la pratique préférée des caciques marseillais : la gestion au cas par cas, le marchandage en douce et le clientélisme.

Trois pistes pour y voir clair dans ce sac de noeuds : la guéguerre politicienne entre le maire et un de ses concurrents directs ; la décadence programmée de l’Éducation nationale comme service public ; et la volonté municipale de rendre invivable le centre-ville, pour en chasser ses habitants indésirables. En cela, Menucci et Gaudin ne sont pas fondamentalement en désaccord : si dix des onze garderies gratuites ont été implantées dans le 7e arrondissement,c’est bien que le socialiste ne donne pas non plus la priorité au 1er, ce coeur de ville à l’abandon si convoité par les « rénovateurs » urbains… Pourtant, contrairement aux affirmations de l’équipe Gaudin, le centre est la partie de la ville qui connaît la plus forte croissance démographique : 1,2% de variation annuelle depuis 1999, contre seulement 0,7% pour l’ensemble de l’agglomération, selon l’INSEE. « I hate the children of Marseille », a gravé un anonyme sur le parvis de l’église des Réformés…

Article publié dans CQFD N°71, octobre 2009.






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