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Sommaire du N°071
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CQFD N°071



LES BRÈVES DU N°71

Mis à jour le :17 novembre 2009. .


• ERREUR N°1
Albert, berger dans les Alpes, descend en ville le 27 août dernier pour faire deux-trois emplettes. Au Carrefour, il achète quelques produits de base et des fruits. Après avoir fait chauffer sa carte de crédit, il retourne auprès de son troupeau, moins déprimant que les files d’attente de l’hyper. Mais là-haut, il se rend compte qu’il a payé 101,59 euros pour cinq poires ! Blême, il redescend fissa vers la civilisation, où on lui explique que… c’est de sa faute. Il s’est trompé de touche sur la balance et celle-ci est réglée par défaut sur 99,99 euros/kg quand on appuie sur un produit non disponible. À force de vives protestations, Albert obtient d’être remboursé. Question : combien de mal-voyants, de personnes âgées ou de simples étourdis se font délester ainsi par Carrefour ?

• ERREUR N°2
Le vol Marseille-Malaga du 5 octobre a été retardé. Les passagers, certains avec à la main la barquette de plastique contenant portable, clés et ceinturon, se sont vus refoulés de la zone d’embarquement jusque sur le parking. Ce n’est qu’après une demi-heure d’attente sans explication, et un déploiement de bidasses, pompiers et vigiles impressionnant, que l’avion a pu enfin décoller. Une lectrice de CQFD a eu le privilège de voyager à côté de la responsable de ce ramdam. «  J’avais égaré une petite valise rose, pleine de biberons, de langes et de peluches. Ils l’ont fait exploser et m’ont mis une amende ! » Les services de sécurité n’ont pas eu la présence d’esprit de demander à qui appartenait l’objet avant de le faire voler en éclats. Tremble, Ben Laden !

• JANN-MARC ROUILLAN
Cassation de sa réincarcération ? Dépôt d’une nouvelle demande de semi-liberté ? Hypothétique intervention d’experts pour juger de son état de santé ? Transferts intermittents à l’hôpital de la Salpêtrière ? Application de la loi Kouchner sur la suspension de peine pour raisons médicales ? Transfert au centre national d’orientation de Fresnes ? Confusion et incertitude sont les armes de la vendetta d’État contre Rouillan, ré-enchristé depuis un an pour avoir dit qu’il ne pouvait pas dire ce qu’il avait à dire. Ce qui est d’une clarté aveuglante, c’est que Jann-Marc est aux Baumettes, malade, suspendu aux caprices de la Justice qui aimerait tant le voir genou à terre. Mais il y a un hic : la maladie de Chester-Erdheim attaque les articulations.

• FLAGRANTS DÉLIRES
Le brave (parmi les braves) député UMP du Ch’nord, Christian Vanneste, qui s’était déjà couvert de gloire en chantant les bienfaits de la colonisation et les méfaits de l’homosexualité, remet la sienne au sujet de la burqa avec une proposition de loi « visant à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne ». Sauf pour les carnavaleux, les histrions et les barbouzes en planque, précise-til sans rire. On imagine le résultat dans les geôles de garde à vue, après un contrôle de police particulièrement zélé : la bande des Joyeux Turlurons au complet, l’équipe de tournage de « Taxi 25, le rodéo ne répond plus » avec leur Peugeot 406 customisée, Amadou et Maryam en tournée mondiale, l’inspecteur Clouzeau, le général Rondot…

• MÉTASTASE
Le comité d’hygiène et de sécurité de la centrale nucléaire de Flamanville a fait valoir son droit d’alerte. En vertu de l’article L4131-1 du code du travail, « tout salarié ou groupe de salariés peut se retirer d’une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d’eux… » Selon Philippe Page, délégué CGT, « des salariés pleurent au boulot. Certains en viennent aux mains parce qu’ils manquent d’outillage. […] Depuis l’ouverture du capital d’EDF en 2004, le climat se dégrade. […] C’est la course permanente contre le temps. Il faut tout faire vite, et par conséquent mal. » (Ouest-France, 06/09/09). Le directeur en appelle à la « sérénité » et met en place une cellule d’écoute. Mais on connaît les effets d’un accident nucléaire sur les cellules…

• VA COMPRENDRE
Le brigadier Ounoussou Guissé sert au 1er régiment de hussards parachutistes de Tarbes. Engagé depuis 2002, il a servi – sûrement brillamment – au Tchad et en Afghanistan. Mais ce n’était a priori pas suffisant, puisque le tribunal de Rouen lui a contesté sa nationalité française le 6 octobre dernier ! Elle est bizarre, la justice : elle ne juge pas les militaires pour assassinats prémédités et en série, mais parce qu’ils ne sont pas aussi blancs que leurs toiles de parachute.

• MARTINE CHEZ LES POLITICHIENS
Le docteur Véronique Vasseur semble avoir décidé de déniaiser la société française… et aussi elle-même. Après nous avoir dessillé les yeux sur la condition carcérale et, avec un moindre succès en librairie, sur les dysfonctionnements de l’hôpital public, la bourgeoise de droite avec étiquette de gauche a pensé pouvoir se rendre utile en ralliant l’UMP parisienne aux législatives de 2007 puis aux municipales de 2008. Humiliée par la vulgarité des électeurs à l’occasion des campagnes de démarchage à domicile, écœurée par les mille et une trahisons de ses amis politiques, elle nous pète un futur best-seller pour régler leur compte aux médiocres. On frémit d’impatience en attendant Martine, médecin du travail chez France Télécom et Martine, médecin de garde à vue.

• LE MONDE À L’ENDROIT
Ils étaient 56 salariés, près d’Angers, à bosser chez Rapidex, usine spécialisée dans les machines d’emballage. Fin août, la direction en a dégraissé trente et un dans le cadre d’un plan social. Mais l’activité ne décolle pas pour autant. Les ouvriers survivants commencent à sérieusement s’inquiéter de leur licenciement qui, cette fois, ne bénéficiera pas des avantages d’un plan social. Le 6 octobre, ils ont bloqué les grilles de leur boîte, après avoir jeté la paperasse et les affaires des cadres dans des poubelles. « Nous en avons marre du flicage », affirment-ils. Revendication de ces ouvriers en colère : ils veulent être licenciés sans plus tarder, tant qu’il y a encore du fric dans les caisses. Le début du commencement de la fin ?

Brèves parues dans CQFD n°71, octobre 2009.






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