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CQFD N°071


RAGE DEDANS

CURE DE JOUVENCE

Mis à jour le :17 novembre 2009. Auteur : Sébastien Fontenelle.


L’ANTIRACISME EST UN RACISME. Déjà : c’est flippant. Mais l’antiracisme est aussi un totalitarisme, qui fera, dans les 91 prochaines années, plusieurs dizaines de millions de morts – délai qui nous laisse, a priori, le temps de nous préparer. C’est pas moi qui le dis, hein ? (Non que je ne sorte jamais d’épaisses conn… sottises, mais bon, y a quand même des limites.) C’est Alain Finkielkraut, alias Finkie. Le philosophe.

De son point de vue, en effet : tous ces gens qui, par exemple, ont manifesté contre le Front national en mai 2002 ont ceci de spécial qu’ils « font aujourd’hui la vie dure aux Juifs » [1]. Plus généralement : l’antiracisme sera, juge-t-il, « le communisme du XXIe siècle ». Joseph Aounit, Mouloud Staline : c’est du pareil au même.

Finkie est ainsi : tout en (philosophiques) légèretés. Quand il donne, en 2005, son avis sur le soulèvement des banlieues françaises à des journalistes israéliens, ça donne : « Je n’ai pas parlé d’Intifada des banlieues. J’ai pourtant découvert qu’eux aussi envoient en première ligne les plus jeunes. Vous, en Israël, connaissez cela : on envoie les jeunes devant parce qu’on ne peut pas les mettre en prison ». L’Arabomusulman, qu’il soit de Gaza ou du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis, France), aime se faire un bouclier de ses populations civiles : c’est l’un des (nombreux) signes qu’il ne s’est pas extrait de ses barbaries d’origine. Pour autant, on ne saurait, sans déchoir, prétendre que Finkie est un (éminent) spécialiste du raccourci grossier : lui-même, très conscient que l’exercice de la philosophie réclame de la nuance, estime d’ailleurs que : « L’amalgame est le péché intellectuel capital » [2]. Et de fait : sitôt qu’il ne s’agit plus de stigmatiser la sauvagerie des populations mahométanes (et de leurs supplétifs de l’antiracisme goulagophile), il ne dédaigne pas d’introduire dans sa réflexion de fines lamelles de subtilité. Ainsi : quand l’écrivain Renaud Camus, dans un livre publié en 2000 [3], compte les Juifs dans une émission de France Culture et conclut qu’ils sont vraiment trop nombreux [4], Finkie trouve que, non, mâme Dupont, c’est pas du tout antisémite, qu’allez-vous imaginer là ? De même, quand Roman Polanski encule à double tour (si tu me passes l’expression) une gamine de 13 ans, Finkie tranche, péremptoire  : le gars « n’est pas » (du tout) « un pédophile ». (Et d’ailleurs, à 13 ans, explique-t-il, la vict… la fille n’était plus (du tout) une enfant.)

C’est ce qui est bien avec Alain Finkielkraut : on peut avoir l’impression qu’il nous vieillit – puisque d’après lui on passe d’un seul coup de l’âge de 12 ans à l’âge de bonne amie de Polanski. Mais en fait : il nous rajeunit. Avec lui : le temps se fige. Avec lui : c’est tous les jours 1984.

Article publié dans CQFD N°71, octobre 2009.


[1] Au nom de l’Autre, par Alain Finkie, Gallimard, 2003.

[2] France Inter, 9 octobre 2009.

[3] La Campagne de France, Fayard, 2000.

[4] En vertu, probablement, du théorème bricehortefiste qui dit comme ça que, quand il y en a un, ça va, mâme Dupont – c’est quand ils sont beaucoup qu’il y a des problèmes.





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