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CQFD N°071


RETOUR À LA TERRE

VANDALES ANDALOUS ?

Mis à jour le :17 novembre 2009. Auteur : Nicolas Arraitz.

Embauchés sur les chantiers de la spéculation immobilière, de nombreux ouvriers agricoles andalous avaient déserté les champs. Jetés à la rue par la crise, les voilà de retour au village, où ils se retrouvent en concurrence avec leurs compagnes et les immigrés… Réactions.

E 6 SEPTEMBRE, de violents affrontements ont eu lieu sur le pont du 5e Centenaire, à Séville, entre les forces de l’ordre et un fort contingent d’ouvriers agricoles en colère. Venus de plusieurs localités rurales pour protester de la situation qui leur est faite en bloquant gare et aéroport, puis en occupant la télévision régionale,ils se sont frottés à une police bien décidée à mettre un coup d’arrêt à des actions de plus en plus radicales (l’aéroport de Malaga avait été bloqué quinze jours auparavant, puis la gare TGV de Cordoue).

« Les flics nous ont provoqués, ils insultaient les femmes, bousculaient les vieux  », témoigne Mari García Bueno, militante historique du syndicat. « On n’avait jamais vu ça : ils ont matraqué le ventre des femmes, ils voulaient faire peur. » « Les journaliers à la retraite ont été les plus virulents dans leur réponse aux policiers. Une petite dizaine de ces derniers ont été hospitalisés », raconte Miguel, témoin des affrontements. « Il y a eu six détenus sur le pont, un autre dans les locaux de la télé et trois sur les voies du TGV. Après trente heures de garde à vue, ils ont été inculpés pour “désobéissance, violence sur représentant de la loi et trouble de l’ordre public”… »


C’est l’aboutissement de près d’un an d’actions du SOC, syndicat d’ouvriers agricoles andalous connu pour sa combativité, qui contraste avec l’attitude de gestionnaires adoptée par les centrales majoritaires (CCOO et UGT). « Un an de mobilisation contre les effets de la crise, contre un gouvernement qui préfère financer les banques plutôt qu’envisager une réforme agraire et un soutien aux coopératives ouvrières », explique Mari.

Le gouvernement Zapatero a mis en place un « Fondo E » (Fonds pour l’Emploi). L’État débloque des budgets aux municipalités qui, elles, lancent un appel d’offres aux entreprises privées pour effectuer des chantiers d’utilité publique. Ce plan est censé donner du boulot aux chômeurs de la commune tout en améliorant l’éclairage public ou la voirie. Seulement voilà : « Les boîtes privées amènent leur propre maind’oeuvre et les maires utilisent cette manne dans un but purement électoraliste », constate Mari. « Ils ravalent leur façade à peu de frais et rien ne vient soulager les gens du coin, en particulier ceux qui se sont fait licencier par le BTP en crise. »

Cette augmentation du chômage en flèche (bientôt 20% de la population active) aiguise les divisions. Mari : « Les copains qui avaient abandonné les champs pour la construction reviennent chercher un job dans les récoltes et ils trouvent la place prise par leurs femmes ou des immigrés. Ce qui occasionne des réactions assez rétrogrades. Certains prônent le retour des femmes au foyer et des immigrés dans leur pays… Nos mobilisations visent à empêcher ce genre de dérive et à dénoncer l’absurdité du Fondo E, qui contribue à faire redémarrer artificiellement le bétonnage du pays, qui n’en a vraiment pas besoin ! » En effet, d’après les statistiques, résultat d’une décennie de bulle immobilière, il y aurait deux appartements disponibles pour chaque Espagnol !…

Pour l’heure, la brutale répression du 6 septembre a eu un effet positif : toute la gauche et les syndicats andalous ont appelé à une grande manif unitaire le 4 octobre, à Séville.

Article publié dans CQFD N°71, octobre 2009.






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