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CQFD N°073


MÉDIAS

LOBBY LABO

Mis à jour le :15 décembre 2009. Auteur : Iffik Le Guen.
MÉDIAS
Entamée à petits pas et dans le doute, la campagne médiatique sur la vaccination contre la grippe H1N1 a très rapidement viré à la confusion et au bourrage de crâne flirtant avec l’hystérie de masse… Pour le plus grand profit de l’industrie pharmaceutique.

UR LES SITES DAILYMOTION ou YouTube, nul ne peut désormais ignorer que la pandémie de grippe A est un complot mondial ourdi, selon les cas, par le Mossad, la CIA ou l’infâme Rumsfeld [1], avec la complicité active des multinationaux laboratoires du médicament. Sur France Inter, le débat, dans un premier temps, semblait mieux engagé, car plus au fait des enjeux d’une véritable manipulation de l’opinion. Ainsi, le 7 septembre dernier, le professeur Gentilini, invité de la tranche matinale d’informations, pouvait librement asséner quelques salutaires piqûres de rappel. Et l’ancien président de la Croix-Rouge française de regretter que les ressources utilisées pour la vaccination le soient au détriment d’autres actions plus primordiales, notamment contre le sida, le paludisme ou la pauvreté, « première maladie au monde ». Concédant que la campagne de vaccination contre la grippe A puisse être une bonne affaire, il précise que son succès dépendra du « terrorisme sanitaire ». Fichtre, l’éminent spécialiste ne fait pas dans la critique chirurgicale ! Las, les échéances gouvernementales approchant à grands pas et la perplexité de l’opinion demeurant intacte, les parangons de l’information différente ont muté en promoteurs zélés du seringage tous azimuts.

Le 29 octobre, alors que la vaccination a déjà commencé – dans le scepticisme – pour les professionnels de santé et qu’elle débutera une semaine après les vacances de la Toussaint pour le grand public, une singulière effervescence agite la rédaction de France Inter, suite à la mise en cause du conseiller grippe A de Bachelot et principal interlocuteur de la radio de service public. Une enquête du Parisien dévoile les liens du professeur Lina avec les cinq grands laboratoires pharmaceutiques produisant le vaccin, ce qui constitue bien sûr un risque de conflit d’intérêts. Hélène Cardin, spécialiste santé de France Inter, se sent alors obligée de monter au créneau pour défendre la probité de son expert attitré en expliquant que les liaisons dangereuses de celui-ci sont chose publique. Sauf que c’est la première fois qu’elle en fait état, comme d’ailleurs la plupart de ses confrères. Pourtant le Code de la santé publique, depuis 2007, contraint tous les professionnels du secteur s’exprimant publiquement de réveler leurs éventuels conflits d’intérêts. On sait bien que la chose est compliquée et elle le serait plus encore si l’on étendait cette obligation aux décideurs politiques… Imaginons qu’avant toute prise de parole publique de Bachelot, la journaliste doive égrener pendant de longues secondes les vingt années de bons et loyaux services de la ministre auprès de deux laboratoires pharmaceutiques… Ou, avant toute saillie de Kouchner sur la pandémie, une notice indicative sur les activités de son frangin, leader de la communication médicale en France. Ou, avant chaque coup de menton et haussement d’épaules de Sarkozy, un préambule sur son frère François, patron d’une chaîne TV entièrement consacrée à la maladie d’Alzheimer – celle-ci ayant été promue grande cause nationale par son aîné le petit Nicolas. Intenable, et puis cela accréditerait la thèse, démocratiquement malsaine, d’une confiscation du pouvoir par une minuscule élite cul et chemise avec le grand patronat mondialisé.

Non, si dévoiement de l’intérêt général par un lobby il doit y avoir, il faut chercher ailleurs. Toujours sur France Inter, Hélène Cardin a la réponse : l’immense pouvoir des ligues antivaccinales associées aux sectes. Comme elle ne cite aucun nom, c’est pratique : l’ensemble des opposants ou éventuels critiques de la vaccination peuvent se sentir visés. La circonspection des propos de la revue indépendante Prescrire assimilés aux anathèmes des Témoins de Jéhovah ? Les attaques virulentes du blog Pharmacritique renvoyées aux fumisteries de la Scientologie ? Tous ceux-là n’auront guère la possibilité d’exposer un autre son de stéthoscope puisque la station de Radio France, à partir du 12 novembre, n’invitera plus que des experts détenant la vérité ultime : «  Les vaccins, ça protège.  » Du même coup, ils balaient d’un doctoral revers de manche les irrationnelles questions du conflit d’intérêts, de la toxicité des adjuvants présents dans certains vaccins, de l’absurdité d’une vaccination en pleine épidémie, ou encore de l’immunité pénale – à l’américaine – accordée aux fabricants en cas de défectuosité de produits livrés dans l’urgence [2]… Rappelons simplement que l’un des devoirs déontologiques du corps médical est de favoriser chez les patients un consentement libre et informé, pas de faire fonctionner la planche à bi…, oups, à ordonnances.

Article publié dans CQFD N°73, décembre 2009, actuellement en kiosques.


[1] Opération Pandémie, docu argentin, façon clip vidéo, de Julian Alterini, septembre 2009.

[2] « Selon l’article 9 du contrat passé entre le ministère de la Santé et les laboratoires pharmaceutiques, c’est l’État qui va assumer la responsabilité juridique d’éventuelles complications et effets secondaires provoqués par ces vaccins », relève Michèle Rivasi, députée européenne pour les Verts. « C’est très grave et cela constitue un regrettable précédent. Jamais jusqu’ici les compagnies pharmaceutiques n’ont été dispensées de leur responsabilité de fournir un produit sain. Cette décision du gouvernement n’est pas une bonne chose pour la santé des citoyens. »





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LOBBY LABO
Vittore | 21 décembre 2009 | Lobby Labo & money
Les actions des industries pharmaceutiques sont connues depuis longtemps comme étant purement d’intérêts financiers. Mais cela ne marche que parce qu’elles ont le soutien de politiciens véreux à leur solde. Cett vidéo satirique est pourtant bien de mise dans le contexte actuel : http://www.dailymotion.com/swf/xaxcrh
 

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