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Sommaire du N°073
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CQFD N°073



LES BRÈVES DU N°73

Mis à jour le :15 décembre 2009. .

BANLIEUE-VERSAIRE
En 2005, les quartiers français « s’embrasaient », comme dirent les journaux. Quatre ans et un plan-plan banlieue plus tard, le rapport annuel de l’Observatoire des zones urbaines sensibles, remis au gouvernement le 30 novembre dernier, est catégorique : la pauvreté et le chômage se portent bien – merci – dans les 751 quartiers objets de l’étude publique. Dans ces « zones », un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (908 euros par mois), contre 12% en moyenne sur l’ensemble du territoire, et « un jeune des quartiers sensibles sur quatre est au chômage ou en inactivité, contre un jeune sur huit dans les autres quartiers des mêmes agglomérations ». Voilà qui mériterait d’allumer quelques bagnoles sur le gâteau pour fêter ça.

BRAS CASSÉS
À Rennes, la BAC aura tout tenté pour faire baisser les chiffres du chômage… à grands coups de matraque et de lacrymo. La préfecture avait interdit la manif de chômeurs du 5 décembre sous prétexte de non-déclaration. Les 500 manifestants voulurent rallier la Maison des associations, mais le comité d’accueil policier l’entendait autrement. Résultat : traumatismes crâniens et gardes à vue pour quatre dangereux oisifs (procès le 18 janvier). Ça commence à faire beaucoup dans le coin,dénoncent les Chômeurs et précaires en lutte, après « le blocus policier de Brest » lors du passage de Fillon, la fermeture de tous les Pôles emploi de Quimper à l’annonce d’un rassemblement ou la répression du mouvement lycéen à Nantes. Ça commence à bien faire…

COUVRE-VIEUX
« La police n’a interpellé aucun enfant durant la nuit de vendredi à samedi, première nuit d’application du couvrefeu pour les mineurs de moins de 13 ans non-accompagnés, a-t-on appris auprès de la mairie [de Nice] samedi matin » (d’après une dépêche du 5 décembre). « Circulant après minuit, deux journalistes de l’AFP n’ont pu voir aucun enfant et pas beaucoup d’adultes dans les rues froides et quasi désertées du centre-ville. » Pauvre Estrosi, si même l’AFP fait du mauvais esprit…

S’IL FAUT RÂLER
On s’en doutait un peu : SFR ne kiffe pas l’autogestion, même hors forfait. La boîte de télécom poursuit le syndicat SUD de son service clients pour non-respect des valeurs républicaines. En effet, dans ses statuts, le syndicat rêve tout haut de socialisme autogestionnaire, ce qui « remet en cause le droit de propriété et la liberté d’entreprendre ». Le tribunal d’instance de Longjumeau (Essonne) statuera le 22 janvier sur la requête de SFR, qui prétend ainsi faire annuler l’élection d’un délégué syndical. Tremblons : une loi de 2008 recadre les règles de représentativité, ne limitant pas les valeurs républicaines au seul bloc constitutionnel. Le rapporteur UMP estimait que le respect de la propriété privée en fait partie. Choisis ton camp, monsieur le juge.

R.A.S.
En 2006, après une visite en France, Gil Álvaro Robles, commissaire européen aux droits de l’homme, déclarait ne jamais avoir vu de conditions de garde à vue aussi « affreuses, sauf peut-être en Moldavie ». Mi-novembre, après avoir été retenue huit heures au poste de Meaux, une avocate confirme : « Quand on entre dans un commissariat, il n’y a plus de respect basique de la personne. » Mais « je n’ai pas été informé de traitements inhumains et dégradants », s’offusque le procureur général près la cour d’appel, Laurent Le Mesle, ex-conseiller de Chirac et ex-directeur de cabinet de moult gardes des Sceaux. La preuve, aurait-il pu ajouter, même la Commission nationale de déontologie de la sécurité va disparaître. On entend déjà les crises de fou rire dans les salles de garde.


ÉCHEC AUX FOUS
Dans Le Monde du 3 décembre,les « dix de Tarnac » annoncent qu’ils ne se présenteront plus au contrôle judiciaire auquel ils sont soumis depuis près d’un an pour avoir possédé une lampe frontale, un horaire SNCF et quelques tiges de fer à béton. Selon l’article 141-2 du Code de procédure pénale, un tel geste doit entraîner un retour vite fait bien fait à la case placard : ce qui enfoncerait encore un peu plus dans le ridicule la SDAT, madame le Ministre, monsieur le juge d’instruction et, par voie de conséquence, tout l’appareil d’État. À moins qu’au contraire les autorités ne choisissent de lever, par effet de jurisprudence et souci d’apaisement,tous les contrôles judiciaires que subissent à ce jour près de 30 000 personnes dans ce pays…

À J.-P. DARROUSSIN
Cher Monsieur, vous nous voyez contrits de vous rappeler par la présente que LCL, outre le fait d’être une banque, a des comportements étranges. Au mois d’août dernier, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint- Denis), des guichetiers de cette enseigne ont prévenu la maison Poulaga qu’un sombre individu de leurs clients ne semblait point posséder de papiers en règle. Le suspect se retrouva en centre de rétention. Puisque vous nous conseillez, dans la pub télé que vous avez tournée pour LCL et qui est diffusée actuellement, de demander « plus, plus, à [notre] argent », nous vous invitons, à notre tour, et en souvenir de votre brillante interprétation dans le film L’Argent fait le bonheur, à faire « plus, plus » gaffe à qui sont vos employeurs. Bien cordialement.

LES ÉTRANGLEURS SONT PARMI NOUS
Les fourgons de police ne sont pas des lieux très sûrs. Après les morts douteuses de Sydney Mamoka (Tourcoing,1998), Lamine Dieng (Paris XXe,2007), Hakim Ajimi (Grasse, 2008), Ali Ziri (Aubervilliers, juin 2009 – voir CQFD n°71), Mohamed Boukrourou, le jeudi 12 novembre à Valentigney, et Hakim Djelassi le 26 novembre à Lille, les « affaires délicates » –dixit la juge d’instruction dans le cas Boukrourou– prolifèrent. Dans chaque cas, une méthode identique d’interpellation, la clef d’étranglement : un condé étrangle la personne plaquée au sol, pendant que son collègue lui comprime la cage thoracique en appuyant son genou entre les omoplates. Une pratique condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Mais ça, apparemment, les flics s’en cognent.

FLICS ET VOYOUS
Jusqu’en 1995, les pandores faisaient du « chiffre » en ramassant les clodos torchés dans la rue. Un vieux règlement du Code de la santé publique les autorisait à prélever sur la bête une participation aux frais de convoyage jusqu’à la cellule de dégrisement. Une somme, modeste, qui permettait d’alimenter la caisse « vin rouge-saucisson » du commico. Le vendredi 4 décembre, deux argousins se sont crus revenus à cette belle époque en dévalisant des commerçants tamouls du Xe arrondissement. Ironiquement piégés par la vidéosurveillance, ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Quand on sait que la politique de la maison est de traiter ce genre d’affaires en interne, on peut s’étonner du zèle des autorités dans ce cas-là. À moins que cela ne résonne comme un avertissement en ces temps de revendications policières…

Brèves publiées dans CQFD N°73, décembre 2009, actuellement en kiosques.






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